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Eric Lebon, 41, ans, responsable logistique à Nantes


Eric débarque à Roissy avec ses frères à l’âge de 16 ans, après avoir vécu dans l’ouest de l’île. Direction la proche banlieue parisienne (Châtillon) où il vivra quelques années, passera des diplômes et accomplira une partie de sa vie professionnelle. Porteur au quotidien des valeurs et de son « héritage réunionnais », Eric est aussi engagé dans des mouvements de solidarité internationale.


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Eric Lebon et Rajagopal
Eric en compagnie du défenseur indien des droits de l’homme, Rajagopal.

Pouvez-vous vous présenter svp ?

Je suis marié et père d’un petit bonhomme d’un an. Nous vivons à Nantes depuis quelques années. Mon domaine de compétence professionnelle est celui de la logistique. En effet, après le bac obtenu à Clamart en région parisienne, j’ai fait un IUT de Transport-Logistique à Quimper. Et avant le bac, c’est pour partie le lycée de Saint-Paul qui m’a accueilli, et encore avant le collège Edmond Albius du Port. Plus tard durant mon parcours professionnel, j’ai eu la chance de pouvoir compléter mes connaissances grâce à d’autres formations, en commerce international et en logistique industrielle. Il y a encore quelques mois, j’étais responsable approvisionnement chez Airbus à St Nazaire.

D’où êtes vous à la Réunion ?

Je suis originaire du secteur de La Possession/Le Port/St Paul, où j’ai vécu les 16 premières années de ma vie. Cette période réunionnaise de ma vie est profondément gravée dans ma mémoire et elle a encore des influences importantes aujourd’hui dans ma manière de voir et penser le monde, ses joies et ses peines. Bien sûr tout ne fut pas rose à la maison, mais le sentiment général que je dégage en lien avec cette période c’est : un ancrage.

Qu’entendez-vous par là ?

Ancrage tout d’abord dans une tradition familiale où la modestie de vie n’excluait pas le principe de partage. Où le désir d’améliorer matériellement son quotidien ne se faisait pas dans un esprit de « fin qui justifie les moyens ». Je parle donc ici de valeurs, qui plus tard se sont révélées à moi avec force. Elles me portent de plus en plus dans mes choix de vie et c’est très clairement cet héritage que je compte transmettre à mon fils. Autre point important dans ces valeurs, celle d’une conscience environnementale empreinte d’humilité et d’émerveillement. Au-delà de l’apport familial, je pense que c’est la culture réunionnaise dans son ensemble qui doit aussi être remerciée pour nous permettre de disposer de ce « bagage pour la vie ».

Dans quelles conditions avez-vous été amené à quitter l’île ?

Nous avons quitté l’île pour des raisons familiales, suite au décès de mon père. Mes jeunes frères et moi avons ainsi débarqué un petit matin de février à Roissy Charles de Gaulle par – 5° ! Et pourtant nous étions plutôt enthousiastes de découvrir la France métropolitaine et la neige. Auparavant nous n’avions jamais quitté l’île. Une nouvelle vie commença pour nous, sans que l’on ait eu vraiment à en souffrir. Le réseau familial et amical réunionnais nous a permis de « tropicaliser » quelque peu, et encore maintenant, la vie en métropole.

Avez-vous une anecdote liée à cette arrivée en métropole ?

Je vais vous livrer une anecdote cocasse lors de notre arrivée à Paris qui marque bien le saut culturel pour un gamin réunionnais arrivant en métropole. Cela s’est passé le lendemain de notre arrivée, et nous prenions le métro pour la première fois. Mon jeune frère qui avait 7 ans, allait de surprises en étonnements sans dire un mot. Quand tout à coup le choc était trop fort à la vue d’un panneau publicitaire sur un quai où on voyait une vache dans un fauteuil en cuir. Alors là, il fallait que ça sorte : « Totoche, ici béf i dort dan foteil ! ».

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

En bon Réunionnais, ce ne sont pas des objets qui sont ramenés de la Réunion, mais bel et bien de quoi se sustenter, en solide et en liquide. Du coup à l’arrivée, c’est la fête autour des zandouilles, boucanés et autres ti-jacques, agrémentée d’un rhum arrangé « recette de matante » ! Pour ce qui est des objets plus durables amenés dans mes valises, ce sont essentiellement des photos qui viennent évoquer un passé qui ne reviendra pas, mais qui permettent de donner sens au présent et portent à la réflexion pour l’avenir. Durant mes divers déménagements, je garde jalousement ces photos et j’essaye de les préserver car elles s’abîment. J’espère un de ces jours les numériser pour les rendre encore plus durables, et aussi les intégrer dans l’arbre généalogique que je me promets de réaliser sans trop tarder.

Quel a été votre parcours professionnel ?

Au tout début de mon activité professionnelle, j’ai pu rester en prise avec la Réunion. Notamment en travaillant pour le Conseil Général dans le bureau d’études « Transport de voyageurs », et ensuite à la Compagnie Générale Maritime à Paris où j’étais en charge de la logistique des conteneurs sillonnant l’Océan Indien. Par la suite j’ai été un peu « déconnecté » de notre île, mais d’autres horizons géographiques et culturels se sont ouverts à moi. Actuellement je suis disponible pour une nouvelle mission professionnelle, dans les domaines de la logistique, de son enseignement, ou dans d’autres secteurs où mon expérience professionnelle et humaine serait utile. Si vous avez des pistes, ne pas hésiter à me les transmettre !

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Il n’y a pas eu d’avantage particulier dans mon parcours professionnel d’être originaire de la Réunion. Peut être même parfois cela a pu jouer en ma défaveur, car un bronzé de naissance n’est pas toujours accepté avec aisance. Mais ce point est peu important pour mon cas personnel, et je constate qu’il évolue dans le bon sens.

Quels sont vos projets ?

J’ai plein de projets. Tout d’abord celui de repartir sur un boulot où je serais plus dans « l’être » que dans « l’avoir ». Je trouve que l’on est trop conditionné par : avoir plus de diplômes à aligner, de responsabilités, de voyages professionnels, même de salaire. En parlant « d’être », c’est l’expression d’une posture (qui s’oppose à imposture) que je souhaite apporter dans mes activités contribuant à la marche du monde. J’ajouterais aussi que l’activité pour laquelle on reçoit un salaire, même si elle est essentielle, ne doit pas occulter celles que l’on réalise bénévolement. Par plaisir, par nécessité ou respect pour l’autre, pour la vie sur terre, en tout cas celles vers lesquelles on se sent porté en ayant une sorte de « chaleur au cœur ». [Voir ci-dessous : « Je marche avec toi » : 100 000 personnes marcheront en Inde pour leurs droits]

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

La mobilité est pour moi une grande richesse car elle m’a permis de mieux comprendre les autres, leur culture, leur façon de voir le monde. Me permettant à mon tour de mieux comprendre la marche du monde et les oasis d’espoir ici ou là ne demandant qu’à s’étendre. En tant que Réunionnais je trouve que l’on est privilégié sur ce point étant donné le contexte multiculturel dans lequel on a grandi et qui fait partie intégrante de notre âme.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

C’est avec plaisir que je retrouve des réunionnais. Dernièrement à Nantes ce sont des séminaristes du diocèse de la Réunion que j’ai rencontré. Nous restons d’ailleurs en contact et engageons des discussions très riches lors de nos repas « la case ». De temps à autre il m’arrive d’assister à des fêtes réunionnaises, quand on en est informé ce qui n’est pas toujours le cas. Peut être que « Réunionnais du monde » peut remédier à ce manque de communication en adressant par mail des info sur l’actualité réunionnaise dans nos régions respectives.

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Rien ne me manque de la Réunion car elle est en moi à jamais. Sa force et sa beauté sont en moi. C’est plutôt moi qui ne dois pas manquer à la Réunion. Manquer à la poursuite de son histoire qui s’étire au-delà des mers, et qui se réalise à travers ses enfants, sur tous les continents.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Je ne veux pas trop m’avancer sur ce sujet par manque de données suffisantes remises dans leur contexte. Cela dit, même si je constate qu’un certain « développement » a eu lieu, je m’interroge sérieusement sur la qualité de ce développement. Et surtout pour l’avenir, quel développement pour un « bien être » est-il nécessaire de proposer au Réunionnais (et pas forcément « un mieux être » comme l’ont souligné les Indiens d’Amazonie à l’issue du Forum Social Mondial de Belém au Brésil en février 2009 ; plus de détails sur le FSM via www.ccfd.asso.fr/fsm/). Si avoir plus d’argent nous renferme sur nous même, quel sens donner à tout ça, quelle finalité trouver à la vie ? Gardons aussi à l’esprit que 80% des richesses de la planète sont détenus par à peine 20% de sa population, dont les Français. Cela doit nécessairement nous interroger.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Très bonne, tant pour l’île que pour les gens qui y vivent. Je n’ai quasiment jamais entendu de remarques désagréables sur ce sujet. Bravo la Rénion !

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Je suis très heureux de vivre à Nantes, c’est un peu ma terre d’adoption. Une sorte d’ironie de l’histoire qui me fait revenir dans la région bretonne de l’un de mes ancêtres, qui a dû quitter sa terre natale en 1708, et certainement sa misère, pour venir faire souche à la Réunion. Un de ses descendants à son tour a conscience de cette misère à fuir et à abolir, en participant activement au « Cercle de silence » de Nantes (voir www.cercledesilencenantes.unblog.fr) en soutien au migrants dits « sans papier » et pour un réveil des consciences sur la situation dramatique que vivent un grand nombre d’entre eux.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Les conseilleurs n’étant pas les payeurs je n’ose être trop prolixe sur ce sujet. Toutefois, j’aimerais dire aux jeunes que la vie est longue et que l’on peut si on le décide bannir le mot « découragement » de son vocabulaire. Quelque soient les situations auxquelles on doit faire face dans notre existence, sachons rester debout, marcher vers l’avant, et être attentif à ceux qui sont autour de nous. Cette posture, appelle aussi à rester éveillée aux réalités du monde, afin de savoir dans quel sens avancer.

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

Très bonne initiative permettant de faire du lien entre ceux qui se sentent concernés par la Réunion et ce que cette île symbolise. La voie dans laquelle je souhaite vous encourager est celle de la qualité du « contenu » du site. Car nous sommes noyés d’informations et je crois qu’il est important de recevoir une information porteuse de sens. Ainsi nous pourrons chacun, à sa manière et à son niveau, poursuivre notre maturité en humanité. L’avenir nous portera très certainement des challenges de plus en plus durs (croissance démographique, réchauffement climatique, nouveaux modèles économiques, …). En tant que média vous êtes sur le front pionnier de notre quête de sens. Un exemple intéressant dans le secteur est celui de Reporters d’Espoirs (www.reportersdespoirs.eu). Soyez de fins éclaireurs !

Voir le profil de Eric Lebon

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« Je marche avec toi » : 100 000 personnes marcheront en Inde pour leurs droits

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La marche pacifiste, une voie empruntée par Gandhi pour défendre les droits des plus faibles.

Je souhaite ici vous parler d’un projet que l’on est en train de mettre en place à Nantes et dans la région avec quelques amis, pour la plupart engagés dans des réseaux de militants de la Solidarité Internationale (CCFD, Frère des Hommes, Peuples Solidaires, …). Ce projet fait suite à la rencontre en octobre 2008 avec un indien, RAJAGOPAL, qui est cité très souvent comme le « nouveau Gandhi ».

Pour mieux connaître qui est Rajagopal vous pouvez consulter sur internet : http://www.france-fdh.org/actu/pdf/Interview-Rajagopal-Ahimsa-012006.pdf. Une telle rencontre ne laisse pas indemne tant on est abasourdi par sa détermination à redonner leur dignité aux pauvres, « sans-terre » et autres « sans-voix » de l’Inde moderne. Imaginez une marche non-violente de 25 000 paysans sans-terre durant 30 jours sur 350 km, qui arrivent devant le parlement indien et demandent au premier ministre de restituer leurs terres à ceux qui en ont été spoliés. Eh bien ça, Rajagopal et son mouvement Ekta Parishad l’on fait en octobre 2007, c’était la marche JANADESH (voir sur internet http://fr.wikipedia.org/wiki/Janadesh_2007) et le film « La marche des gueux » relatant l’évènement).

A partir de notre rencontre et discussions avec Rajagopal, nous avons donc décidé de mettre en place une campagne de soutien dans la région Pays de la Loire pour la prochaine action d’envergure d’Ekta Parishad : la JAN SATYAGRAHA 2012. Ce seront 100 000 paysans pauvres qui arpenteront de la même manière qu’en 2007 les routes de l’Inde en octobre 2012 pour obtenir gain de cause sur leur droit d’accès aux ressources essentielles : l’eau, la terre et la forêt.

Notre objectif est de toucher d’ici 2012 au moins 100 000 personnes qui voudront bien soutenir moralement et financièrement cette marche gandhienne pour la dignité humaine. Le soutien moral s’effectuera par adhésion à la démarche en indiquant son prénom, sa ville, son age et sa pointure. Ce dernier élément signifiant « Je marche avec toi ». Lors de la réalisation du site internet pour la campagne, des commentaires de soutien plus détaillés pourront aussi être postés. Quant au soutien financier, il prendra la forme simple d’une collecte de fonds afin de soutenir 1 journée de marche, soit 100 000 Euro. En gros, si 100 000 personnes donnent 1 Euro chacune, alors le pari est gagné. L’idée étant de solliciter individuellement peu d’argent mais auprès d’un grand nombre de personnes et sur une durée longue.

Pour terminer, je dirais aussi que cette campagne de soutien nous parait essentielle pour « éduquer » au développement et à la Solidarité Internationale. En effet, on ne vient pas faire ici la charité de quelques vivres ou quelques outils, mais davantage descendre en profondeur dans la notion de solidarité, en coopérant avec ceux qui se prennent en main eux même, qui s’organisent dans leur contexte en demandant, grâce au cadre démocratique et par la non-violence active (l’ahimsa de Gandhi), que droit et justice leurs soient rendus.

Participer à cela (« Je marche avec toi »), c’est aussi une manière de nous interroger sur nos engagements et notre pratique démocratique, tout en faisant acte de solidarité. J’espère que les échos de notre campagne arriveront sur mon île natale d’où peut être un élan de générosité pourra également s’élever vers l’Inde. Dernière chose, réécoutez la chanson Adekalom de Danyel Waro, et vous comprendrez mieux ce qui personnellement me pousse dans le combat des « sans terre » en Inde ou ailleurs.

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