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Guy Pignolet, 64 ans, scientifique, chercheur et citoyen du monde


Ancien élève de l’Ecole Polytechnique, ancien président du Comité Education de la Fédération Internationale d’Astronautique, Guy Pignolet est titulaire d’un PhD-AbD en sciences du Comportement et de l’Organisation de l’Université de Cornell. Il assure, entre autres activités, des stages de formation à la conduite de projets.


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Guy Pignolet
Guy Pignolet et le professeur Hideki Minoura, de l’Université de Gifu, en train de "jouer" avec un modèle réduit de voiture à hydrogène.

Pouvez-vous vous présenter svp ?
"Je vis actuellement sur la planète Terre, entre Piton Sainte Rose (au pied du volcan), Gifu (à 200 km au Sud-Ouest du Fuji-Yama), Paris-sur-Seine et quelques autres endroits choisis. J’ai un grand fils américain, un autre fils parisien et aussi une fille japonaise. Après avoir quitté le Cnes (Centre national d’études spatiales) en 2003 pour continuer mes activités dans et autour d’un cadre régional, j’occupe actuellement plusieurs fonctions, dont celle de chercheur associé au Laboratoire de génie industriel de l’Université de La Réunion (les leaders européens du transport d’énergie sans fil par faisceaux micro-ondes)".

Quelle est votre trajectoire professionnelle ?

"C’est un parcours en zigzag, puisqu’après une initiation à l’aventure avec Zellidja et une formation d’ingénieur à Polytechnique, j’ai fait la moitié du tour du monde avec les pétroliers, avant de reprendre des études en organisation et de rentrer pour la première fois dans notre île à l’age de 30 ans, pour y exercer le beau métier de maître auxiliaire. J’ai ensuite passé une sélection pour devenir cosmonaute, que j’ai ratée, mais à titre de compensation, j’ai travaillé pendant 22 ans au Cnes à tirer des plans sur notre avenir dans un contexte interplanétaire, tout en développant des activités nouvelles en matière d’éducation aux choses de l’espace. Aujourd’hui, je vis dans une fausse retraite sous le couvert de l’association Science Sainte Rose, je fais des formations à la conduite de projet, je suis associé à l’Université de La Réunion pour les recherches sur le transport de l’énergie sans fil par faisceaux micro-ondes, et je travaille au développement des relations directes entre notre région et la région japonaise de Gifu..."

Reprenons au début de votre carrière...

"Après avoir fait pendant cinq ans le tour du Moyen Orient, du Nigeria, et de l’Indonésie, j’ai décidé de suivre les conseils de mon ancien professeur, Louis Leprince Ringuet, qui nous avait dit à la fin de nos études "faites un premier métier avec toute votre énergie, tout votre coeur, comme si vous deviez le faire pendant toute votre vie, mais au bout de cinq ans, changez...". Le jour où chez Schlumberger on m’a donné ma médaille des cinq ans d’ancienneté et proposé le poste de directeur-adjoint pour l’Asie du Sud-Est, j’ai remis ma démission, et j’ai décidé de me réinvestir dans une seconde éducation".

Qu’avez-vous fait ?

"Je suis allé faire à Cornell un doctorat en organisation, où j’ai découvert l’écologie généralisée, et où j’ai fait Stockholm, Kyoto et Johannesburg en 1970, en même temps que tous les groupes de réflexion auxquels je participais prédisaient l’effondrement des états-nations et l’émergence globale des régions... A la fin de mon cycle doctorat, j’ai eu une proposition du gouvernement Allende pour aller au Chili mettre sur pied un système pour l’éducation des agriculteurs, j’ai failli aussi aller travailler à San Diego avec John Lilly pour étudier le langage des dauphins, mais c’est là où j’ai décidé de rentrer au péi, dont on ne disait pas encore que c’était une région, parce il m’a suffi d’un regard sur un globe terrestre et de quelques heures de recherches statistiques pour comprendre que la Réunion était... (encore top secret)".

...

"Quand j’ai pris la décision de rentrer au péi, j’ai d’abord fait un saut depuis New-York, pendant deux semaines, pour voir si je n’étais pas en train de "me faire des idées". Immédiatement, pour parler comme ET, j’ai su que j’étais "à la maison", et que la Réunion était le centre d’où je devais regarder un monde dont j’avais déjà une fois fait le tour... J’ai immédiatement été engagé comme directeur-général adjoint dans l’une des plus grandes entreprises réunionnaises, avant d’être rapidement éjecté par le reste des cadres parce que je voulais aller trop vite dans le changement (quelque mois plus tard les banques ont opéré brutalement dans cette entreprise les changements que je préconisais dans l’harmonie, mais ça c’est une autre histoire..)".

Et ensuite ?

"Ensuite, j’ai mangé des cailloux pendant quelques temps, parce que je n’avais pas du tout envie de faire n’importe quoi -je vois trop de gens qui perdent leur vie sous prétexte soi-disant de vouloir la gagner. Puis les hasards de la vie, une sortie de dépression après la faillite d’une entreprise que j’avais crée (l’une des premières sinon la première entreprise de services audiovisuels de la Réunion, le CERCAV..), un poste de prof de math offert par le Rectorat, ont fait que j’ai planté mes racines à Piton Sainte Rose, à trois pas du centre du monde (qui se trouve sous le Pont de la Rivière de l’Est, depuis que Salvador Dali l’a déménagé de la gare de Perpignan à la fin des années 70)".

Aujourd’hui, quels sont vos projets ?

"Depuis que je suis rentré, je ne suis plus parti de la Réunion. Ma démarche n’est pas de rupture, mais de débordement. C’est celle d’étendre la Réunion à la dimension planétaire (et même interplanétaire avec le satellite "Spoutnik-40-Ans" réalisé par des élèves du Collège Reydellet...). Je ne me sens donc en aucun cas "expatrié", parce que je suis encore et toujours à la Réunion quand je suis à Gifu, à Vancouver, à Moscou, à Harbin, à Bengalore ou à Londrina... Et je me sens pleinement "du monde" quand je suis sur la coulée de 1977, quand je débarque à Grand-Bassin, ou quand je découvre la Grande Ferme (pour y préparer la version japonaise de "Mon Ile" avec Jacqueline Farreyrol). Mes projets ? Contempler amoureusement un monde en émergence, et user des modestes moyens dont je peux disposer pour faciliter le changement, dans la mesure où c’est possible..."

Selon vous, qu’apporte l’expérience de la mobilité ?

"Je pense que la mobilité apporte la multiplicité des points de vue, et donc le relief, une dimension supplémentaire dans la perception et la compréhension. Cela aide beaucoup à voir les différences essentielles entre les fantasmes et les idées effectivement créatives. La mobilité nourrit la méditation et facilite le contournement des pièges du langage, en rajoutant aux textes la dose salutaire de contexte".

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

"La Réunion est un "point singulier" sur la Planète Terre. Je le sais depuis Cornell, mais quand je suis "rentré" en 1970, je ne pouvais pas le dire, cela n’aurait pas été compris. Aujourd’hui, il ne faut pas encore le dire trop fort, mais c’est passionnant. La Réunion est une planète modèle réduit à la surface de la troisième planète du système solaire et la situation socio-économique y a toutes les vertus d’un "modèle" au sens mathématique et physique du terme".

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

"Heureux qui comme Ulysse..."

Le site de Sciences Sainte-Rose

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