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Hommage à Marius-Ary Leblond, par Dominique Jeantet


« Je suis allée hier au cimetière de Vaugirard à Paris voir la tombe de Marius Leblond et j’ai eu la stupéfaction de trouver une sépulture à l’abandon... L’oubli total de cet homme par la communauté réunionnaise, pour ne pas dire un affront à sa mémoire. Je vous joins un article à la mémoire de l’oeuvre laissée par les Marius-Ary Leblond qui, j’espère pourra sensibiliser des personnes habilitées à mettre la tombe en valeur ».


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Marius Ary Leblond

Un texte de Dominique Jeantet

Derrière le nom de plume de Marius-Ary Leblond se trouvent deux cousins : Georges Athénas, né le 26 février 1877 à Saint-Denis et Aimé Merlo, né le 30 juillet 1880 à Saint-Pierre. Tous deux lycéens à Saint-Denis, ils partent ensemble faire leurs études supérieures à Paris où leur cousin, le poète réunionnais Léon Dierx, les introduit dans des salons littéraires de renom. Ils feront la connaissance de José Maria de Heredia, Sully Prud’homme, François Coppée. . . et choisissent d’écrire, en prose, sous le pseudonyme de Marius-Ary Leblond (Leblond dit-on car Georges aimait une blonde et Ary car Aimé fréquentait une femme prénommée Henriette !).

Leur œuvre considérable, qui s’étale sur près de cinquante ans, touche à la fois au roman, au récit de voyage, à la critique littéraire et est couronnée de récompenses prestigieuses : Grand Prix de l’Académie Française, Prix Goncourt, Prix de la Critique Littéraire, Grand Prix Lasserre, Grand Prix de l’Empire. De nombreuses décorations ont également attribuées à ces deux auteurs : Marius Leblond/Georges Athénas a reçu les insignes de Chevalier puis Commandeur de la Légion d’honneur ; Ary Leblond/Aimé Merlo ceux de Chevalier de la Légion d’honneur, de Commandeur de l’ordre des Mille éléphants (Laos) et la Médaille de la Résistance. Et tous deux ont reçu la Grand-Croix de l’Ordre national du Portugal et celles de Commandeur de l’Ordre national de Pologne, d’Éthiopie et du Cambodge.

Leur célébrité leur a permis de rendre hommage à beaucoup d’hommes de lettres dont Eugène Dayot, Léon Dierx, Leconte de Lisle, Jean Ricquebourg. . .qu’ils ont mis en valeur.

Paralèllement à l’écriture Marius Leblond a été secrétaire du général Gallieni ; il est décédé le 08 mai1953, emporté par une congestion pulmonaire. Ary Leblond quant à lui a occupé le poste de conservateur du Musée de la France d’Outre-mer ; il meurt le 07 avril 1958, victime d’une crise cardiaque.

Marius Leblond est inhumé au cimetière de Vaugirard à Paris, où je me suis rendue, dans la deuxième division, cadastre 122 et figure dans le registre sous les deux noms de Marius Leblond et Georges Athénas. Dans la même sépulture se trouve non pas le corps d’Aimé Merlo mais celui d’Alexandre Merlot (décédé la même année qu’Aimé Merlo). Cette tombe ne comporte aucune plaque à la mémoire de Marius Leblond, son nom n’y est pas même mentionné : c’est l’oubli complet d’un homme auquel aucun hommage n’est rendu. On ne peut même pas déposer une fleur sur sa tombe faute de savoir qu’il se trouve là ! J’éprouve une complète incompréhension face à cette ingratitude et ne peux m’empêcher de penser au corps du poète Auguste Lacaussade, initialement inhumé en 1897 au cimetière du Montparnasse à Paris et dont les restes ont été rapatriés avec force publicité en 2006 à La Réunion. Il est vrai qu’Auguste Lacaussade avait émis de son vivant le voeu d’être enterré à La Réunion ; je ne connais pas le voeu de Marius Leblond ni celui de sa famille mais je suis très étonnée qu’il n’y ait aucune plaque commémorative sur sa tombe. Je suis allée au cimetière le 04 novembre, soit deux jours après la fête des défunts. Rien ne décorait la tombe et j’ai déposé une fleur, rapidement balayée par le vent qui soufflait ce jour-là... tout comme la communauté réunionnaise a balayé de sa mémoire la tombe de Marius Leblond.

On doit également à Marius et Ary Leblond la création, le 25 août 1911 du Musée colonial Léon Dierx de Saint-Denis dans une ancienne résidence d’évèque, autrefois propriété d’un maire.

Marius et Ary Leblond ont théorisé le roman colonial, qu’ils opposent à l’exotisme de Pierre Loti dans leur manifeste écrit en 1926, Après l’exotisme de Loti, le roman colonial. Par le roman colonial ils veulent intéresser le public français à l’intimité des races présentes dans les colonies, à travers l’épanouissement de leur singularité culturelle. S’il sert l’entreprise de domination coloniale, en donnant à la France l’occasion d’affirmer sa puissance et la supériorité de sa civilisation, le roman colonial permet aussi l’expression des peuples autres, de leur identité. Du souci de réalisme de ces auteurs dans la description des réalités coloniales se dégage un idéal des hommes et des choses d’Outre-mer. Le roman colonial, par son aspect documentaire, a permis à Marius et Ary Leblond de décrire La Réunion et ses habitants dans la réalité du quotidien. C’est un témoignage du vécu.

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