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Anaëlle Kischenama, étudiante à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris


Elle est la première Réunionnaise à intégrer la formation DSA Patrimoine de la prestigieuse Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville. Au sortir d’un cursus sans faute qui l’a menée de Lyon à Montréal en passant par l’Arménie, cette Sainte-Marienne de 24 ans a un objectif clair : rentrer sur l’île et devenir architecte du patrimoine réunionnais. Déjà architecte diplômée d’état, Anaëlle Kischenama a reçu un prix Talents de l’Outre-Mer en 2015.


CV Express :

2009 – 2012 : Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier, antenne de La Réunion
2012 : Stage à l’université canadienne McGill
2012 – 2014 : Master à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon, deuxième école d’architecture française – Major de promotion
2014 : Voyage d’étude en Arménie
2015 – 2016 : Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville

Pouvez-vous vous présenter ?

Etudiante en architecture depuis 2009, j’ai d’abord été orientée pendant trois ans vers les spécificités de l’architecture durable et écologique, particulièrement en milieu tropical. La Réunion, mon île natale, a été le terrain de jeu idéal pour m’exercer dans ce domaine. En parallèle, je me suis intéressée à la question de l’héritage colonial en milieu tropical insulaire. Aujourd’hui installée à Paris, j’élargis mes connaissances sur la notion de patrimoine et sur les modes d’évolution des villes.

Racontez-nous votre parcours.

J’ai commencé ma formation à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Montpellier (ENSAM), antenne de La Réunion. J’ai pu intégrer la formation sur dossier immédiatement après mon baccalauréat scientifique. Et j’ai suivi un cursus de Licence de trois ans qui m’a permis d’aboutir sur un Diplôme d’Etude en Architecture.

Pendant cette période, mon investissement en tant qu’étudiante mais aussi à la vie de l’école, a été remarqué. J’ai participé au lancement de la première association étudiante de l’ENSAM - Antenne Réunion, développée afin d’accompagner les étudiants. L’association « Eskiss » a permis de créer des parrainages, des soutiens d’étude mais aussi de proposer des mallettes de matériels propres au travail de l’architecte, à des coûts plus accessibles aux étudiants.

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Amphithéâtre gallo-romain à Lyon

Le directeur de l’ENSAM-Antenne de La Réunion, l’architecte Pierre Rosier, a ainsi proposé en 2011 que l’association accompagne la première édition des Entretiens du Patrimoine de l’Océan Indien, portés principalement par l’ENSAM, la Direction des Affaires Culturelles de l’Océan Indien, la Région Réunion et le Département de La Réunion. Nous avons dans ce cadre préparé une exposition au Théâtre du Grand Marché et accompagné une quarantaine de professionnels provenant de tout le pourtour de l’Océan Indien. J’ai été désignée à l’issue de l’événement pour prononcer un discours de clôture de ce colloque et pour me rendre à Montpellier en faire une restitution lors d’une conférence organisée à l’ENSAM. 

Et ensuite ?

Cette même année, alors que je préparais mon diplôme, j’ai quitté la Réunion pendant trois mois pour un stage à Montréal, au service conception de la prestigieuse université canadienne McGill. Cette université est l’une des plus anciennes du Canada et parmi les meilleures au classement mondial.

Enfin, 2012 est aussi l’année de l’obtention de mon diplôme et donc de mon arrivée en France métropolitaine. Pour poursuivre ma formation d’architecte, j’ai décidé de suivre le cursus de Master à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Lyon (ENSAL), deuxième école d’architecture française.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Au moment de mon départ, je n’ai emporté que peu d’objets de La Réunion : un kayamb, fabriqué en classe de 5e au collège Adrien Cerneau, une vanne traditionnelle et des photographies de famille.

Racontez-nous votre arrivée en métropole.

J’arrivais seule dans une grande ville métropolitaine où je n’avais aucun contact. Il a fallu que je m’adapte très rapidement à un nouveau rythme de vie, bien loin de ce que j’avais pu connaître à la Réunion. Les six premiers mois ont certainement été les plus compliqués...

Dès les premiers jours, deux groupes d’affinité se sont formés dans la promotion : les étrangers, souvent venus dans le cadre du programme Erasmus, très solidaires entre eux, et les étudiants français, qui la plupart se connaissaient déjà depuis trois ans. Le jour de la rentrée, un de ces étudiants s’est approché de moi et m’a dit : « Je suis étonné que tu parles aussi bien le Français que nous alors que tu es étrangère ». À ce moment-là, j’ai compris qu’il fallait que je parle de moi et de mon île. Entre ceux qui ne se doutent pas que La Réunion est une île française, ceux qui ne situent pas l’île sur le globe, et ceux qui pensent que les Réunionnais sont des Antillais, il y avait tout un travail à entreprendre !

Comment avez-vous fait ?

Les traits métissés de mon visage attisaient une certaine curiosité, mais finalement une curiosité plutôt positive. On s’intéressait et venait naturellement à moi, ce qui rendait agréables les discussions où je parlais de la Réunion. J’ai finalement su me faire rapidement une place et m’intégrer dans une nouvelle promotion d’étudiants. J’étais à la fois l’étudiante française, un peu différente et curieuse, mais aussi celle qui pouvait comprendre les difficultés de l’éloignement des étrangers Erasmus. Malgré ces débuts quelque peu confus, je ne perdais pas en tête l’objectif de mes études. Je me suis faite de nouvelles relations, j’ai intégré des groupes de travail.

Pendant ces deux nouvelles années d’étude, j’ai encore une fois cherché à me démarquer. J’ai postulé pour un voyage d’étude en Arménie. Après une sélection sur dossier et deux entretiens, j’ai été choisie pour intégrer une équipe et partir trois semaines. L’Arménie est donc devenu le sujet de mon projet de fin d’étude (PFE), auquel j’ai consacré une année de travail. En 2014, j’ai terminé mon cursus de Master avec la mention « Recherche » en étant lauréate de promotion.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Architecte diplômée d’Etat depuis 2014, je poursuis actuellement ma formation en architecture dans une spécialisation en patrimoine afin d‘obtenir un Diplôme de Spécialisation et d’Approfondissement (DSA Architecture et Patrimoine). Cette formation est dispensée par l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville (ENSA-PB).

Installée à Paris depuis le mois de septembre 2015, je suis la première Réunionnaise à avoir intégré cette formation à l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville, depuis sa création. La formation en architecture est particulièrement soutenue. Les « charrettes », comme on les appelle dans notre jargon, s’enchaînent d’année en année et demandent beaucoup de persévérance. Qui plus est, l’éloignement du cadre familial et amical est difficile à supporter.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

Ma famille me manque plus que tout. Il n’est pas toujours évident de se construire loin de nos attaches affectives et familiales. Bien sûr, mon île, ses paysages, ses traditions et sa nourriture manquent aussi à mon quotidien. Mais je garde en tête que cela est temporaire et que je finirai par rentrer pour en profiter pleinement.

Quels sont vos projets ?

Mon cursus de Master m’a orienté vers la question du patrimoine en architecture. Mon travail de recherches a d’ailleurs porté sur le patrimoine colonial réunionnais. Trop peu d’architectes s’intéressent au patrimoine réunionnais, un patrimoine récent, peu connu et soumis à des mutations rapides. Une fois formée, je souhaite que les connaissances acquises durant ma formation profitent à la préservation du patrimoine réunionnais. J’espère aussi pouvoir inciter les futurs diplômés réunionnais à se spécialiser et enrichir leur formation.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

La Réunion connaît aujourd’hui encore un fort taux de chômage. Nos jeunes quittent parfois leur île pour tenter leur chance en Métropole, sans trop savoir ce qui les attend. Certains rebroussent chemin, ne supportant pas l’éloignement, d’autres finissent par s’installer définitivement. Il me semble aujourd’hui primordial que les jeunes puissent se former et revenir avec un bagage solide. Leurs compétences doivent profiter au bon développement de La Réunion.

Est-ce que vous vous êtes adaptée à Paris ?

Paris est une ville qui bouge sans cesse, du matin au soir. Le train de vie est bien différent de celui que j’ai connu à Sainte-Marie, la ville où j’ai grandi. L’adage « métro-boulot-dodo » lui sied à merveille. On peut dire que le quotidien y est souvent stressant mais c’est une ville très riche de culture et d’art. En terme de patrimoine architectural, je n’aurais pu choisir meilleur endroit pour me former. Il y a tant à découvrir et à apprendre : on ne s’ennuie jamais ! Très réticente à m’y installer au départ, j’ai fini par m’y attacher. On tisse aussi des liens forts avec les gens que l’on côtoie au quotidien. Je suis persuadée qu’une fois rentrée sur l’île, Paris me manquera...

Voir le profil d’Anaëlle Kischenama / www.reunionnaisdumonde.com/r/17/Paris-IledeFrance

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A la Fondation Louis Vuitton

La question du retour

Ce qui pourrait vous convaincre de revenir habiter à la Réunion.

Je suis déjà convaincue de rentrer ! Je ne me sentirai jamais autant chez moi qu’à La Réunion et c’est sur mon île que je veux bâtir mon avenir. La question est de savoir quel est le meilleur moment pour le faire : Faut-il rentrer tout de suite après mon diplôme ou commencer à travailler en Métropole ?

Ce que que vous changeriez sur l’île.

En premier lieu les transports en commun, et de ce fait le nombre excessif de voitures pour une si petite île ! La voiture à la Réunion est trop indispensable, il faut repenser les transports afin que les Réunionnais abandonnent progressivement la voiture pour privilégier les transports en commun.

Mobilité mode d’emploi

Le bilan de votre mobilité.

C’est une chance de pouvoir quitter l’île pour découvrir l’ailleurs, c’est une expérience enrichissante. C’est aussi l’occasion de parler de la Réunion et de la faire découvrir dans l’Hexagone où encore trop souvent nous sommes associés aux Antilles. La Réunion est un joyau du métissage culturel qu’il faut savoir valoriser avec fierté. J’estime que c’est une chance d’être Réunionnais.

Les conseils que vous donneriez aux jeunes Réunionnais.

D’abord, ne pas avoir peur du changement. Il faut avoir des objectifs et s’y tenir, l’adaptation prendra le temps qu’il faudra. Donc la persévérance et la patience font partie des qualités nécessaires. Il est possible d’être rattrapé par la solitude. Dans ce cas il ne faut pas hésiter à se rapprocher des réseaux comme Réunionnais du Monde ou l’association Casodom, qui permettent de créer des groupes d’échanges et de garder un contact avec d’autres Réunionnais. Pour ma part, j’ai eu la chance d’être soutenue en permanence par mes parents et ma famille sans qui je n’aurais pu m’épanouir pleinement !

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Au Conseil Economique et Social pour la remise du prix Talents de l’Outre-Mer en 2015

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