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Rudy Hoareau, ingénieur à la centrale nucléaire de Flamanville


A 25 ans, il a décroché un poste d’ingénieur en maintenance électromécanique chez EDF au sein de la centrale nucléaire de Flamanville dans la Manche (Normandie). Diplômé de l’Ecole polytechnique universitaire de Lille, il vit avec sa femme rencontrée en classe prépa au lycée Lislet Geoffroy.


D’où êtes-vous à la Réunion ?

Originaire de Bagatelle, petit quartier de Sainte-Suzanne où mon père est né et a grandi, je viens d’une famille où les moyens étaient très modestes. Mon père travaillait dur quand j’étais petit, pour un salaire de misère. Il ne m’a pas vu grandir jusqu’à la fin de l’école primaire mais il y avait une chose en abondance à la maison : l’Amour. Mes parents ont fait énormément de sacrifices par amour pour ma soeur et moi. Aujourd’hui, je me bats pour ces valeurs et je sais qu’ils en sont fiers.

Racontez-nous votre parcours.

A la base, je n’étais pas censé faire de longues études... Après un Bac S en 2009, je me suis orienté vers un DUT Génie Civil à Saint Pierre. Avec le recul je l’avoue, c’était pour suivre mon ex copine. Et ce qui devait arriver arriva : "moin la gagne un coup d’patte" comme dirait le bon créole. Du coup, j’ai mené une rude bataille pour me ré-orienter en classe préparatoire aux Grandes Écoles. Après une dizaine de rendez-vous et d’entretiens (oui, j’ai pas mal insisté pour rencontrer le proviseur du lycée Geoffroy…), j’ai eu la chance d’obtenir une place... De justesse !

Comment cela s’est-il passé ?

Dès la première année, je me suis distingué par mon profil atypique et mes résultats plutôt satisfaisants. Les enseignants n’avaient encore jamais vu un étudiant passer de DUT à classe prépa. Mais ils avaient idée de la masse de travail à accomplir pour rattraper le niveau. Au sein de cette promo, j’ai rencontré ma femme, un fameux 19 août 2010. Nous avons fini nos deux années de prépa, et passé nos concours en 2012. Nous avons fait en sorte d’obtenir des écoles pas très éloignées l’une de l’autre, afin de pouvoir emménager ensemble. Deux jours avant de quitter l’île et la famille, nous nous sommes fiancés, un fameux 19 août 2012… Grâce aux aides de Ladom, nous avons pu obtenir nos billets, ainsi qu’un billet chacun par an pour les vacances. A nous l’aventure ! Avec chacun deux grosses valises, deux bagages à main et une guitare, autant vous dire que certains bagages ont failli rester sur les quais des gares…

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

J’ai toujours voulu une vie stable, une jolie femme, des enfants, un bon travail, une belle maison, un 4x4 et plein d’autres choses ! La jolie femme je l’ai depuis le 19 août 2016 ; le bon travail depuis décembre 2016. Le reste n’est qu’une question de temps et de passion. Je remercie chaque jour ma femme pour son soutien, quelques fois au détriment de sa propre carrière d’ingénieur… Mon métier est passionnant. Le nucléaire est un domaine qui demande beaucoup de rigueur et d’application. Je vis des journées inédites avec des gens formidables. J’ai eu la chance par exemple, d’entrer dans la cuve du réacteur de l’EPR, centrale en construction à Flamanville. C’est une véritable vitrine, l’avenir d’EDF nucléaire.

Parlez-nous de la région où vous vivez.

Je vis à proximité de la mer. La centrale est carrément sur la côte car on utilise l’eau de mer pour condenser la vapeur. C’est un peu un mélange entre les Roches Noires à Saint Gilles et la Plaine des Cafres... Les paysages sont magnifiques et les gens sont très accueillants. J’habite dans un village de 1500 habitants, dont 1000 travaillent à la Centrale... Les collègues viennent de régions différentes, mobilité EDF oblige. Il m’arrive de temps en temps de sortir avec eux mais très rarement. J’aime bien rester chez moi, m’occuper de mon jardin, de la maison, gratter un petit morceau à la guitare, me poser quoi… Je n’ai qu’un seul but dans la vie : être heureux. A partir du moment où tout ce que je fais me plait et me rend heureux, je n’ai besoin de rien d’autre. Je construis mes projets autour de cela.

Quels sont vos projets ?

Partir de la Réunion pour mieux revenir... C’est ce que je me suis dis lorsque les roues de l’avion ont quitté la piste. C’est mon objectif à long terme, et pour l’atteindre, je me fixe des objectifs à moyen terme, des jalons. Il faut beaucoup de patience et de persévérance. Je rentrerai quand j’aurai touché mes ambitions du bout des doigts. J’ai la chance (provoquée bien évidemment) d’être dans une grande entreprise qui est également présente à la Réunion. EDF Nucléaire fait partie des industries électriques et gazières au même titre que EDF SEI, EDF PEI et ALBIOMA (centrales thermiques du Gol et de Bois Rouge). Les mutations existent et au vu du développement de l’île, de plus en plus de moyens de production d’électricité verront le jour d’ici quelques années. Cela signifie plus de personnel pour la gestion de ces moyens de production. J’ai donc toutes mes chances de revenir. Pour l’instant je ne me pose pas de question, je profite au maximum de mes expériences ici. Le jour où je voudrai rentrer, je saurai comment faire.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Je pense que la Réunion est dans une phase de changement radical. La croissance démographique est importante et de nombreux jeunes se retrouvent dans une impasse car le marché de l’emploi est saturé. C’est pourquoi j’encourage les jeunes à aller se construire ailleurs et revenir plus tard. De nos jours les aides et les nouvelles technologies nous permettent de le faire beaucoup plus facilement qu’avant.

Vous n’avez pas peur du retour ?

Aider les jeunes à partir pour s’en sortir c’est bien, mais les aider à revenir avec les connaissances qu’ils ont acquises c’est encore mieux... J’ai vu trop de fois des préférences pour des compétences du continent alors que localement ces mêmes compétences existaient ! Je prônerai toujour le favoritisme local concernant l’emploi. Combien de professeurs, de policiers, etc. rêveraient de revenir travailler à la Réunion ? Il faut que cela bouge ! La Réunion regorge de talents dans de nombreux domaines. Je pense notamment aux sportifs tels que Lucie Ignace en karaté, Emmanuel Payet en boxe pieds poings ou encore Samuel Andoche. Ces gens là sont l’exemple même de la réussite. Il ne suffit pas de dire "un jour je serai astronaute" pour y arriver. Il faut s’en donner les moyens. Chacun à notre niveau, avec nos qualités et nos défauts, nous pouvons arriver à quelque chose de beau. J’ai en moi cette intime conviction que chaque Réunionnais a en lui cette rage de vaincre qui nous a été transmise par nos ancêtres.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Rien. Tout est dans la tête ! Ah si, deux combavas, essentiels pour les bonnes saveurs ! De nos jours avec Skype, Messenger, etc., je ne pense pas avoir besoin de quoi que ce soit d’autre. On se voit avec mes parents et ceux de ma femme au moins une fois par semaine sur Internet. Toutes les ressources dont j’ai besoin, je les puise chez ma moitié, et vice-versa. Elle est ma femme, ma confidente, ma meilleure amie depuis sept ans. C’est rassurant.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La famille, les odeurs, le climat, les bons petits plats de mamie et pépé... Mais je sais déjà qu’il y a plein de choses qui me manqueront également quand je quitterai ma région d’adoption. C’est comme ça... Dans la vie, ça va, ça vient et on est toujours nostalgique. Il faut juste en prendre conscience pour profiter de chaque moment. C’est très difficile à faire car la société nous pousse à nous focaliser sur les problèmes plutôt que les solutions mais il faut apprendre tant bien que mal à le faire. C’est dur de quitter la Réunion, la famille, les paysages, la culture, les plats... Mais je me suis toujours dit que j’y retournerais. Rentrer à la Réunion sera la récompense.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

La plupart de mes collègues ont déjà passé des vacances à la Réunion. Ils en gardent un très bon souvenir, tant au niveau du vivre ensemble, des cultures que des paysages. La Réunion porte bien son nom. Cette image positive est malheureusement quelques fois entachée par la crise requin mais cela n’enlève en rien les valeurs profondes de notre joli rocher.

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