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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Romain Smith, étudiant en alternance à Montpellier

Romain Smith, étudiant en alternance à Montpellier


Alors qu’il a quitté la Réunion à 20 ans par manque de perspectives d’emploi et de formation, Romain a trouvé sa voie dans le secteur du transport et enchaîne depuis les voyages en Europe et en Asie.


Racontez-nous votre parcours.

Je suis de Saint-Benoît. Mes parents venant d’un milieu très pauvre ont su s’en sortir et m’élever dans les meilleures conditions. J’ai été chanceux, je suis fier de ma famille et de ses valeurs. Après mon bac, à 18 ans je ne savais pas vers quelle branche me tourner. J’ai débuté un BTS Management des Unités Commerciales dans mon ancien lycée de Bras-Fusil (Saint-Benoît), mais j’ai abandonné ; cela ne m’intéressait pas. Jeune et fêtard, je faisais des petits boulots la semaine et passais mes week end en boîte à Saint-Gilles. Mais je commençais à m’ennuyer et à me rendre compte que je stagnais.

A 19 ans, j’ai voulu effectuer un BTS Transport logistique en alternance. J’ai cherché un contrat de professionnalisation de Saint-Benoit jusqu’à l’Etang Salé, j’ai tapé à toutes les portes des sociétés au Port, mais ce fût un échec… Aucune société de transport ne s’intéressait à un jeune inexpérimenté dans ce secteur. J’ai été démotivé au bout de quelques mois, je me suis rendu compte que sans « piston » à la Réunion c’était compliqué.

Qu’avez-vous fait ?

Je me suis tourné vers la mobilité afin de m’ouvrir sur l’Europe et le monde. Ladom m’a proposé la meilleure offre : un BTS Transport/Logistique en alternance à Montpellier. Ça a été très rapide, en deux semaines le dossier était monté, billet d’avion pris. Ils m’ont rémunéré, suivi et aidé durant deux ans, ils ont également pris en charge mon billet retour. J’ai une opinion positive de Ladom Réunion et Marseille dont j’étais proche, acteur majeur de ma mobilité. Accueilli par une famille en chambre étudiante, j’ai pris rapidement mon propre appartement au bout de deux mois.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Je suis en Licence pro (Bac +3) Responsable Production Transport et Logistique en alternance, à Montpellier. Le transport de marchandises / fret est le pilier de ma formation, ainsi que toutes les règlementations liées, en routier, maritime, aérien et douanes. J’aborde également la gestion et le commerce international. J’effectue mon alternance chez Vortex mobilité, leader du transport de personnes à mobilité réduite en France, scolaire et transport à la demande.

Quel est votre regard sur la région où vous vivez ?

Montpellier est une des plus belles villes de France. Il fait bon y vivre, pour un Réunionnais il n’y pas meilleur climat pour s’adapter. C’est une ville qui bouge énormément, très cosmopolite, très jeune. Pour un jeune étudiant c’est l’environnement parfait pour réussir… en ayant une certaine maturité bien sûr ! Car cette ville possède d’innombrables charmes et vices qui peuvent désorienter certains étudiants.

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

Une ouverture d’esprit et un nouvel environnement qui permet de devenir réellement indépendant. Une fois sur place, on se responsabilise. On doit gérer seul toutes les formalités administratives, la vie quotidienne, les factures, l’orientation… on devient réellement « débrouillard ». Mais il faut malgré tout un minimum de maturité afin de s’adapter en France (selon l’âge). Grâce à la mobilité, j’ai pu visiter certains pays. J’ai enfin assisté à différents matches du FC Barcelone, mon équipe de cœur depuis mon enfance ! J’ai ainsi découvert la beauté de Barcelone, voyagé à Hong Kong et en Chine. Ce fût une expérience inoubliable qui m’a ouvert les yeux. J’ai compris qu’il ne faut pas se limiter à un pays et élargir sans cesse ses horizons.

Quels sont les avantages et les inconvénients de venir de la Réunion ?

Une personne qui fait 10 000 km et quitte son île natale, cela démontre une certaine force. Les recruteurs en sont conscients. Lors de mes entretiens j’ai pu mettre cet atout en avant à plusieurs reprises, cela a porté ses fruits. Le côté « exotique » attire la curiosité de certaines personnes qui désirent en savoir plus sur notre culture. Mais d’autres peuvent vous juger ou vous cataloguer sans aucune raison, parce que vous venez « des îles ».

Quels sont vos projets ?

Après ma licence Responsable Production Transport Logistique, je souhaite poursuivre sur un Master Grande Ecole. J’ai été accepté par la prestigieuse KEDGE BUSINESS SCHOOL (7e au classement national des grandes écoles) dans le cadre du Master of Science, Management Maritime, Transport International et Logistique. Je souhaite donc encore apprendre, agrandir mon réseau professionnel et prendre de l’expérience à l’étranger, peut-être en Asie. Travailler pour le Port de la Réunion m’intéresse aussi à terme si une opportunité se présente. A vrai dire, deux choses pourraient me convaincre de revenir habiter à la Réunion : un poste fixe avec une perspective de carrière, engendrant une situation de vie aisée et stable ou l’opportunité d’ouvrir ma société...

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La famille, les amis d’enfance, un entourage solide sur lequel on peut compter… Egalement la terre mère, mon quartier et ma ville de Saint-Benoît, ce besoin primordial au bout d’un certain temps de respirer l’air du pays, pouvoir accéder à la montagne ou la mer en quelques minutes, le climat, les saveurs et la cuisine réunionnaise ! Même si on peut se débrouiller ici, l’accessibilité à certains produits est plus compliquée. D’ailleurs dans mes valises j’ai apporté une marmite de riz (cuiseur), un pilon et son kalou en pierre, de la vanille, du safran et autres épices qui me suivent partout !

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Oui énormément. Des camarades de la Réunion se retrouvent à travers toute la France. D’autres que j’ai rencontré lors de sorties ou dans le milieu professionnel sur Lyon ou Toulouse. Et comme chacun sait, il y a beaucoup de Réunionnais à Montpellier ! Les avis sont partagés parmi eux : certains ne veulent plus du tout rentrer à la Réunion tandis que d’autres n’ont qu’une hâte, c’est de finir leurs études pour rentrer au pays.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

On assimile souvent la Réunion aux Antilles. Les gens n’arrivent pas forcément à situer l’île géographiquement et n’ont aucune idée de notre développement urbain. Je me souviens d’une fois où on m’a demandé si nous avions des routes chez nous ! J’ai rigolé sur le coup. Ça peut arriver également qu’on nous prenne de haut, avec des préjugés. Mais ça reste une minorité. Les attaques de requins ont marqués les métropolitains également, on nous parle souvent des requins ici. Mais globalement, la Réunion est vue comme une île paradisiaque. Beaucoup de gens aimeraient la visiter, certains me demandent « mais pourquoi t’es venu ici ? T’aurais dû resté là-bas c’est beaucoup mieux ». Je n’ai que des bons retours de ceux qui ont visité l’île. On adore sa cuisine, ses paysages, on y ressent un bien être et on espère y retourner.

www.reunionnaisdumonde.com/r/13/Montpellier-Languedoc (773 inscrits)

Un regard sans concessions sur la situation socio-économique de la Réunion

Je pense malheureusement que nous sommes limités. A la Réunion, les salaires dans le secteur privé sont très bas tandis que dans le secteur public, ils sont plus élevés qu’en métropole. Dans le secteur privé, les postes sont limités et peu accessibles. J’ai des amis qui ont des bac + 5 en comptabilité, gestion ou management et qui se retrouvent à travailler au Smic. Je trouve cela inacceptable.

Nous sommes limités également en termes de formation, il suffit de regarder le secteur du transport. Le Port de la Réunion est un pilier du commerce local, pourtant aucune formation (ou peu) et études supérieures ne sont proposées sur l’ensemble de l’île.

Le taux de chômage reste élevé. Beaucoup de 15-25 ans se retrouvent dans mon ancienne situation, à stagner sans savoir ou vouloir réellement se tourner vers une branche.

On peut également parler des embouteillages. Il y a trop de véhicules sur l’île, les gens qui habitent dans l’Est et qui travaillent dans le Nord ou l’Ouest vivent un enfer quotidien.

J’ai un avis plutôt sceptique sur le chantier de la route du Littoral. J’ai eu l’occasion de m’entretenir avec certains acteurs en Métropole qui participent à la construction de cette route, en collaboration avec Bouygues Travaux publics. Je ne peux révéler certains éléments, mais la Réunion n’est pas grandement bénéficiaire de cette route.

Mais à la Réunion on reste moins touchés par le système de consommation. On peut se contenter de peu et vivre de façon plus « simple ». Le train de vie quotidien est beaucoup plus agréable, il y a moins de stress qu’en métropole. Je comprend un partie des Réunionnais qui ne veulent pas quitter leur île afin de rester dans un cadre de vie particulier et unique.

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