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Bastien Renouil, journaliste à Nairobi


Correspondant pour France 24, Arte et Libération, il couvre les évènements qui surviennent en Afrique de l’Est. Ayant grandi à Bras-Panon, il nous livre son regard sur le Kenya où il vit et a monté une société de production audiovisuelle avec sa compagne.


Pouvez-vous vous présenter ?

Bastien Renouil, 25 ans. J’ai grandi à Bras-Panon où vivent toujours mes parents (à Rivière des Roches). J’ai quitté la Réunion à l’âge de 15 ans, en 2006. Je jouais au roller-hockey et voulais progresser dans ma discipline. Je suis donc tout naturellement parti vers Bordeaux, ville d’origine de ma famille. Cela m’a beaucoup surpris, mais la ville a une grande communauté réunionnaise ! Je ne m’attendais pas à y retrouver autant de personnes que je connaissais. J’y ai passé six années géniales, en mixant sport et études d’histoire à la faculté de Bordeaux III. Je suis ensuite parti vivre à Paris pour apprendre le métier que j’avais toujours voulu exercer : journaliste !

Quel a été votre parcours ?

Après un master de journalisme au CELSA à Neuilly, j’ai décidé de vivre mon rêve d’enfant en devenant correspondant à l’étranger pour les télévisions françaises. Je suis d’abord parti en Inde, à New-Delhi avant de tenter l’aventure au Kenya. J’y vis maintenant depuis deux ans avec ma compagne. Ensemble nous avons créé notre société de production audiovisuelle : Nouvelles d’Afrique Production. Nous sommes correspondants pour France 24 et Arte et couvrons tous les évènements qui surviennent en Afrique de l’Est : développement économique, politique, guerres, environnement... Un métier passionnant qui me permet de beaucoup voyager et de rencontrer des personnes extrêmement diverses mais toujours aussi passionnantes ! Si vous voulez jeter un œil à nos reportages, vous pouvez vous rendre sur notre site : www.nouvellesdafriqueprod.com

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Reportage au Nord du Kenya, dans une zone quasi désertique (mais absolument magnifique)

Quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Difficile de tout résumer en un regard, il en faudrait des milliers ! C’est une région si complexe... Rien qu’au Kenya il y a 43 tribus différentes, qui sont souvent très différentes les unes des autres... et c’est comme cela dans tous les pays environnants ! C’est un univers fascinant même s’il est parfois dramatique. Au cours des derniers mois j’ai beaucoup travaillé sur la famine qui touche la région et sur la guerre civile au Soudan du Sud. Quand vous voyez de telles horreurs il est parfois difficile d’avoir une opinion positive de l’Afrique de l’Est. Et puis vous rentrez à Nairobi et vous rencontrez des gens qui se battent pour développer leur pays, protéger l’environnement, améliorer la santé. Au final ce sont ces personnes qui vous font aimer la région et qui vous donnent envie d’y vivre.

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

La mobilité c’est un grand plus : connaître différents modes de vie, savoir évoluer dans différents environnements... Et ça l’est encore plus dans mon cas : je suis constamment en voyage, je dois sans cesse découvrir de nouveaux endroits, de nouvelles façons d’aborder les gens, de nouvelles langues. Je pense que la Réunion m’a apporté une grande ouverture intellectuelle : c’est un peu cliché, mais le multiculturalisme de l’île est un bien très précieux. Dans certaines régions du monde – y compris en France – les gens vivent avec des oeillères et ne connaissent que leurs traditions. C’est quasiment impossible à la Réunion... et c’est tant mieux !

Quels sont vos projets ?

Je compte rester encore quelques années au Kenya : la région est extrêmement complexe à comprendre et il y a des milliers d’histoires qui doivent absolument être racontées. Ensuite ? Rien n’est décidé. Je rêve de revenir en Inde dont je suis tombé amoureux, mais peut être qu’un jour l’appel de la France sera le plus fort. L’avenir me le dira. Et pourquoi pas faire des documentaires sur la Réunion ? Ce serait un grand plaisir ! Passer du temps à Mafate, Salazie, sur la côte sauvage...

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Voyage à la Réunion. Après quinze jours sur l’île on se sent complètement ressourcé !

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Sans hésiter, le multiculturalisme dont je parlais plus tôt. Je ne m’en rendais absolument pas compte lorsque j’habitais à Bras-Panon mais qu’est ce que c’est agréable. En métropole je suis en permanence choqué par ce que je peux entendre. Les horreurs qui sont proférées sur les autres communautés, les autres religions... En Afrique aussi j’y suis confronté tous les jours : parmi les guerres que je couvre pour la télévision bon nombre sont créées par une incompréhension des autres cultures, la volonté d’écraser l’autre. Le monde gagnerait à prendre exemple sur la Réunion à ce niveau la !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

La Réu-quoi ? Généralement les Kenyans connaissent Madagascar, mais ils sont très peu nombreux à avoir entendu parler de la Réunion. En tout cas presque personne ne me croit lorsque je dis que j’ai grandi sur une île si proche de l’Afrique. On me demande souvent combien de langues on y parle, si il y a telle ou telle ethnie est-africaine, si c’est une sorte de colonie française, s’il y a des voitures... C’est assez complexe d’expliquer qu’il s’agit tout simplement de la France même si l’île n’est par définition pas rattachée à l’Hexagone et que les traditions y sont un peu différentes.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Je n’ai pas emporté grand chose avec moi si ce n’est de très nombreux souvenirs et quelques expressions en créole qui ressortent de temps à autre. Je ne suis pas très attaché aux objets et puisque je voyage sans arrêt, ce ne serait pas très pratique. Par contre j’ai emmené quelques habitudes culinaires, je ne serai jamais contre des samoussas ou un rougail saucisses ! Et je suis très fier d’avoir fait découvrir Daniel Waro et Granmoun Lélé à mes amis bordelais !

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Avec le temps on s’éloigne un peu, mais cela reste un plaisir de discuter avec mes amis d’enfance du hockey ou du collège de Bras-Panon. Et parfois la situation s’inverse, un de mes meilleurs amis bordelais est un néo-réunionnais et s’est installé à Saint-Pierre. Cela me fait une raison en plus de revenir bientôt !

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Je continue à suivre l’actualité de la région via le Journal de l’Île (où j’ai effectué mon premier stage de journalisme) et il me semble que le chômage a un peu baissé au cours de l’année passée. Je trouve cela toujours aussi dommage d’avoir une si belle île, pleine de ressources et de voir autant de jeunes qui n’ont pas grand chose à faire. Vivre dans cette région de l’Océan Indien où il y a tellement de potentiel d’ouverture, cela me semble être une véritable chance. C’est dommage que plus de personnes n’arrivent pas à l’exploiter.

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