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Frédérique Nourry, en direct de Barcelone


Dans une ville paralysée suite au référendum sur l’indépendance, Frédérique Nourry partage son inquiétude pour la suite des événements. Cadre dans la grande distribution, elle vit à Barcelone depuis 1995, où elle s’est mariée et a fondé une famille de trois enfants.


Le 3 octobre 2017 : Pouvez-vous nous décrire l’ambiance autour de vous, alors que le résultat du référendum vient de tomber ?

Il y a beaucoup de tristesse, de colère à cause de la répression policière et plus d’engagement pour la sécession de personnes qui étaient déjà indépendantistes ou qui le sont devenues au fur et à mesure des erreurs du gouvernement espagnol. Ceux qui étaient contre le référendum tel qu’il s’est fait ou contre l’indépendance (comme moi) sont pris entre deux étaux. Certains font totalement confiance à l’état espagnol pour résoudre la crise et d’autres attendent le dialogue tant demandé et jamais obtenu. La plupart nous condamnons les violences policières injustifiées.

Comment personnellement avez-vous vécu ce dimanche de référendum ?

L’attente du résultat n’était pas le plus important car tout le monde savait que ce serait un « oui » très haut en pourcentage, car les indépendantistes allaient tout faire pour voter en masse. Et nous savons tous qu’ils feront tout pour déclarer unilatéralement l’indépendance le plus rapidement possible. Le doute était sur la participation qui n’a pas été très forte pour plusieurs raisons : la difficulté de voter et le refus de beaucoup de participer à ce référendum considéré comme illégal. L’opposition avait d’ailleurs appelé ses électeurs à ne pas voter.

Le plus dur ce jour-là néanmoins fut de voir la repression policière, mal organisée, violente dans ses charges contre des citoyens de tous âges qui allaient simplement voter, que l’on considère ce vote légal ou pas. La très grande majorité des personnes ici n’a pas trouvé cela admissible. Ma crainte était aussi que les charges policières s’amplifient à la fermeture des bureaux à 20h. En prévision de cela, les citoyens sont allés en masse devant les bureaux. Fort heureusement l’ordre a été donné en fin de journée de ne pas intervenir pour saisir les urnes suite aux images choquantes des répressions diffusées dans la presse internationale.

Photo : page Facebook indépendantistes catalans

Selon vous le référendum va-t-il laisser des traces ?

Oui : des fractures entre la Catalogne et le reste de l’Espagne et dans la Catalogne elle-même. Surtout si les politiques sont incapables de gérer la suite de manière responsable et pacifique, de dialoguer tout simplement pour arriver à un accord.

Qu’est-ce qui motive le désir d’indépendance de certains Catalans ?

Il y a d’abord les nationalistes de toujours qui veulent leur indépendance, car la Catalogne a sa propre langue, sa culture et son organisation politique. C’est leur rêve de toujours et de leurs ancêtres. Ce sont des républicains qui ne veulent plus de la monarchie aussi.

Il y a ceux qui la veulent pour des raisons économiques car ils pensent que les Catalans, qui vivent dans une région « riche », sauraient mieux gérer leurs finances et leur pays. La crise économique ayant touché durement l’Espagne, et donc la Catalogne, beaucoup de personnes se sont ralliées à cette cause à ce moment-là.
La cause principale néanmoins, celle qui pourrait constituer une majorité d’indépendantistes à mon sens, c’est l’opposition à Mariano Rajoy et à son parti (le « Parti Populaire » de droite) qui depuis des années utilise la tension avec la Catalogne pour fédérer son électorat. Il y a eu une campagne médiatique et politique insidieuse en Espagne depuis des années contre les Catalans ; ces derniers se sentent maltraités et malmenés par l’Espagne. De leur côté, les Espagnols sont aussi souvent convaincus que les Catalans les méprisent et les prennent de haut.

Finalement ce gouvernement central a toujours refusé de discuter d’améliorations demandées par le gouvernement catalan et ce non dialogue nous a conduit à la situation d’aujourd’hui et au défi lancé par le gouvernement catalan au gouvernement espagnol.

Quelles raisons vous font basculer du côté du maintien de la Catalogne en Espagne ?

Je pense que la Catalogne serait plus forte dans l’Espagne qu’en dehors et je suis pour l’union des peuples. Je reconnais toutes les erreurs et errements des deux côtés et j’espère de tout cœur que la polarisation ne va pas s’amplifier et s’installer définitivement.

Quels seraient les conséquences pour vous d’une indépendance de la Catalogne ?

Si cette indépendance n’est pas acceptée par le gouvernement espagnol d’abord puis l’Europe après, il y aura des mois et des années de problèmes économiques et politiques, voire beaucoup de violence.

Le territoire catalan dispose-t-il déjà d’une forme d’autonomie ?

Bien sûr, les régions autonomes en Espagne (17) ont beaucoup de compétences et d’autonomie. La Catalogne voulait au départ plus de financement propre. On n’est pas loin d’un état fédéraliste que le parti socialiste en Espagne souhaite instaurer. Je trouve le gouvernement espagnol dépassé par les événements avec un discours peu adapté à la réalité de ce qui se passe à Barcelone. Il faut une intervention de l’Europe ou de médiateurs pour les pousser à dialoguer.

Quel est le parcours qui vous a amené à poser vos valises en Espagne ?

Née à Saint André en 1972, j’ai grandi à la Plaine des Cafres. J’ai une maîtrise en LEA (Langues Etrangères Appliquées, option Commerce International) obtenue à Chambéry en 1994, un DESS Techniques d’Exportation (IAE Poitiers 1995) et un MBA obtenu en 2010 à l’école de Commerce ESADE à Barcelone. Je travaille en tant qu’Office Manager d’’un bureau administratif à Barcelone pour la grande distribution. J’habite à Barcelone depuis 1995. J’y habite avec mon mari et nos trois filles de 15, 13 et 5 ans.

En tant que Réunionnaise, qu’est ce qui vous fait aimer ce pays ?

J’aime leur optimisme, leur joie de vivre, la diversité du pays. Ils ont un sens élevé des traditions et des cultures populaires. Les fêtes de "La Mercè" de la ville de Barcelone sont un exemple de ce qu’est ce peuple. Je pense les comprendre, surtout les Catalans, même si je ne ressens pas leur fort désir d’indépendance. Je retrouve ici la joie de vivre des Réunionnais, le sens de la famille, de la solidarité familiale et particulièrement en Catalogne, l’attachement à une spécificité, une langue et une culture.



- Voir le profil de Frédérique Nourry
- Lire aussi : Regard sur l’actualité : une Réunionnaise en Espagne (2012)
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