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Yannis Trebel, « Brand Content Manager » - Spécial retour à la Réunion


« Mon île que j’aimais tant allait-elle répondre à mes attentes ? Étais-je fou d’avoir quitté un emploi pour revenir vivre sur une île avec un si fort taux de chômage ? A l’atterrissage je me posais beaucoup de questions, mais l’angoisse a vite laissé place à l’euphorie des retrouvailles... »

Témoignages de Réunionnais qui ont choisi de partir se former pour mieux revenir travailler au pays : Article publié en p.9 dans Objectif Emploi, supplément du Quotidien de la Réunion – 26 octobre 2017 (cliquer pour lire)


Qui je suis

Je m’appelle Yannis Trebel, j’ai 29 ans et je suis originaire de Jean-Petit dans les hauts de Saint-Joseph… Un vrai « yab » en somme, mais je l’assume et j’en suis fier ! Après un bac scientifique obtenu au lycée Pierre Poivre, j’ai validé un BTS Communication. Puis je me suis ensuite inscrit à la fac où j’ai validé une licence LEA anglais-chinois, puis un master. Je suis actuellement Brand Content Manager pour l’agence Du Simple Au Double à Saint-Pierre. Je m’occupe des stratégies digitales de nos clients, je crée des contenus et les diffuse sur les différentes plateformes : blogs, réseaux sociaux… J’ai également une casquette de Community Manager : j’anime et modère les communautés de marques parfois radicalement différentes. On m’a parfois dit que je n’étais pas seul dans ma tête, je pense que ça aide !

Le départ

À 18 ans j’ai quitté Jean-Petit et je me suis envolé vers Montpellier. L’adaptation s’est faite très vite. La ville est très agréable, le petit yab que j’étais avait soif de grands espaces, j’étais ravi ! Ce changement a été un tournant dans ma vie. Il y avait tant de choses à faire ou à voir, tant de gens à rencontrer... J’ai véritablement eu un coup de cœur pour cette ville et je m’y voyais même y faire ma vie.

Le tournant

J’étais parti pour faire ma vie à Montpellier, mais après mes études, lorsque j’ai trouvé un emploi et que la décision de m’installer vraiment (acheter un appartement) s’est présentée, le doute a commencé à naître en moi. Après dix années loin de mes racines, chaque voyage me faisait douter un peu plus. Le hasard a fait que j’ai signé un compromis d’achat pour un appartement la veille de mon départ pour des vacances à la Réunion. Durant ces vacances, je me suis rendu compte que si j’achetais, je m’engageais et je ne pourrais pas revenir vivre à la Réunion avant longtemps. Je me suis rendu compte que ma famille me manquait, que les paysages me manquaient et que je devrais au moins essayer d’y vivre avant de renoncer… Je suis donc rentré de mes vacances à la Réunion, j’ai cassé le compromis de vente et je me suis mis à la recherche d’un emploi sur l’île. Ma décision de rentrer à la Réunion a l’air d’avoir été prise sur un coup de tête, mais il s’agissait surtout de quelque chose qui me travaillait depuis un moment !

Chercher à distance

J’avais eu la chance de décrocher un CDI à Montpellier à la sortie de mes études ; je ne me voyais pas revenir à la Réunion sans emploi. L’objectif était donc de trouver à distance. Je me suis abonné à toutes les alertes possibles, j’ai répondu à toutes les annonces que je trouvais. Parallèlement j’avais préparé une liste des plus grandes entreprises réunionnaises et j’envoyais régulièrement des candidatures spontanées. Malgré tous mes efforts, je n’ai eu que très peu de résultats. Au bout de neuf mois, lors d’un entretien sur Skype, on m’a dit : « Vous savez M. Trebel, si vous voulez vraiment revenir à la Réunion, venez à la Réunion ». Ce fut un déclic ! Je me suis rendu compte que mon CDI n’était qu’un bout de papier et qu’il fallait oser sortir de sa zone de confort pour réaliser son rêve. J’ai donc quitté mon emploi et j’ai atterri à Gillot en étant au chômage, avec l’intention de trouver un emploi directement sur place...

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Dégustation de serpent en Chine

L’atterrissage à Gillot

Ce fut un sentiment étrange. J’étais plein d’espoirs et de joie bien sûr, mais en même temps angoissé. Je n’écrivais pas un nouveau chapitre de ma vie, j’en reprenais un précèdent que j’avais laissé. Mais l’histoire avait continué sans moi... J’ai grandi à la Réunion, mais je suis devenu adulte en métropole. Mon île que j’aimais tant allait-elle répondre à toutes mes attentes ? Étais-je fou d’avoir quitté un emploi pour venir vivre sur une île avec un si fort taux de chômage ? A l’atterrissage je me posais beaucoup de questions, mais l’angoisse a vite laissé place à l’euphorie des retrouvailles. J’ai rangé toutes mes questions dans un coin de ma tête, le temps de redécouvrir la Réunion et de bien m’installer.

Le retour

Financièrement, je ne réalisais pas ce que me réinstaller allait me coûter ! J’avais vendu toutes mes affaires en métropole et je me suis retrouvé à devoir tout racheter ici. Heureusement, j’ai pu compter sur le soutien de ma famille qui m’a beaucoup aidé. D’un point de vue professionnel, je ne sais pas si j’ai eu de la chance, mais au moment où je me suis mis à chercher, il y a eu pas mal d’annonces correspondant à ce que je cherchais et à mes capacités. J’ai enchainé les entretiens et en l’espace de trois mois j’ai trouvé un poste.

Le marché du travail

J’ai été plutôt surpris dans le bon sens du terme ! Je ne savais pas à quoi m’attendre ; on m’avait parlé de piston nécessaire, mais je n’avais pas vraiment de réseau sur lequel m’appuyer. Malgré tout, mon profil semblait intéresser les entreprises. J’ai décroché des entretiens et j’ai fini par avoir un poste ! Le marché du travail à la Réunion se porte peut-être moins mal qu’on ne le croit, en tout cas dans certains secteurs. J’ai l’impression qu’il ne se porte pas plus mal que dans certaines régions de métropole, où beaucoup sont obligés de partir à Paris pour trouver un emploi.

Le bilan

Comment ne pas tirer un bilan positif de ma mobilité ? J’ai tellement appris, tellement vécu de choses ! J’ai pu voyager à moindres frais, assister à des concerts de stars internationales et surtout apprendre à me débrouiller. Partir m’a permis d’acquérir de l’autonomie et une grande ouverture d’esprit. Je suis fier de mes racines réunionnaises, mais je suis également français, européen et citoyen du monde. Si je n’avais pas bougé, je pense que je n’en aurais jamais eu conscience.

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Dans le désert marocain

Ce qui a changé à la Réunion

Au bout de dix ans, bien que je sois revenu régulièrement en vacances, beaucoup de choses avaient changé. Je trouve que l’offre culturelle s’est étoffée. Il y a plus d’expositions et de festivals qu’avant. Malheureusement une chose ne change pas : nous n’avons toujours pas de multiplexe dans le Sud ! La Réunion s’est également digitalisée et c’est une bonne chose. Avant mon départ, les Hauts avaient uniquement accès au bas débit. Aujourd’hui nous avons la fibre optique. Grâce à Internet la population a accès à plus d’informations et peut plus facilement s’ouvrir sur le monde.

Le choc

Le prix d’un caddie de courses ! La première fois que je suis allé faire des courses, j’ai eu le vertige en voyant le prix des yaourts et du fromage ! Je remarque aussi que les Réunionnais sont encore très attachés à leur voiture et encore trop peu aux transports en commun. En métropole il est facile de voyager à moindres frais. On peut avoir un vol aller/retour à moins de 100€ pour Londres. Quand on voit le prix d’un billet à la Réunion pour l’île Maurice, il y a de quoi réfléchir...

Les satisfactions / déceptions

Je suis consterné par l’état de saleté de certains lieux touristiques ; il m’arrive encore de voir des gens jeter leurs déchets par la fenêtre de leur voiture. Notre île est magnifique respectons-la ! je pense vraiment qu’il y a encore des efforts à faire dans ce domaine. Mais d’un autre côté paradoxalement je suis content de voir que la Réunion est en bonne voie pour devenir un exemple en matière de développement durable. Ce n’est pas encore le cas, soyons clairs, mais certains projets permettent quand même de nourrir beaucoup d’espoirs.

Les conseils

Il ne faut pas hésiter à foncer et à enfoncer certaines portes qui ne s’ouvrent pas. La chance se provoque ! Le fait de m’être expatrié a été un plus. Cela a prouvé mon autonomie, ma curiosité et mon ouverture sur le monde. Ce n’est pas tant la métropole qui m’a apporté un plus, mais plutôt le fait d’avoir été capable de partir à la découverte d’autres horizons. Donc mes conseils : Sortez de votre zone de confort ! Il est très compliqué de trouver un emploi à distance car il y a déjà beaucoup de candidats qualifiés sur place. Un entretien Skype ne remplace pas vraiment une rencontre en face à face et les entreprises préfèrent encore embaucher quelqu’un qu’ils ont réellement rencontré. Il est plus facile de démarcher directement sur place, de se mettre en avant et de se différencier. S’il n’est pas possible de tout quitter pour venir chercher du travail, il faudra peut-être prévoir des vacances pour le faire. Si on a eu le courage de partir, il faut avoir le courage ensuite de revenir. Pour sortir de sa routine et réaliser ses rêves, il faut savoir prendre des risques.

Les projets

Il y a peu, mon projet était de trouver un emploi, j’ai pu le réaliser puisque j’ai récemment intégré l’agence du Simple Au Double. À terme je souhaite acheter une maison et beaucoup voyager : l’Australie, la Thaïlande et les États-Unis sont des destinations qui me font fantasmer, en attendant de réaliser mon rêve : un tour du monde ! J’ai eu la chance de voyager deux fois lorsque j’étais au lycée. J’ai d’abord fait un voyage en Italie, dont je garde un très bon souvenir. Mais le voyage qui m’a le plus marqué est celui que j’ai fait en terminale. J’ai eu l’opportunité avec plusieurs camarades d’aller deux semaines au Japon. J’y ai découvert pour la première fois un pays diamétralement différent, que ce soit en termes de coutumes, d’architecture ou de culture. Je n’ai pas eu l’occasion d’y retourner, mais je sais que je le ferai. Dans le cadre de mes études, j’ai également effectué un stage linguistique d’un mois à Pékin. C’est sûrement le choc culturel le plus fort que j’ai vécu. Ce voyage m’a permis d’apprendre la langue, mais aussi la culture chinoise. En ce qui concerne mes voyages personnels, je suis allé à l’île Maurice, en Espagne, en Suisse, en Angleterre et au Maroc…

Voir le profil de Yannis Trebel / http://dusimpleaudouble.fr


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