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Accueil > Journal > Reportages > Héléna Doulouma : Alon Alé !

Héléna Doulouma : Alon Alé !


Originaire de Cilaos, elle a quitté l’île à 18 ans sans idée précise sur son avenir puis est rentrée à la Réunion où elle a monté Alon Alé, un projet touristique primé dans le cadre du concours Julie Mas 2017. Voici le récit de son parcours.

Témoignages de Réunionnais qui ont choisi de partir se former pour mieux revenir travailler au pays : Article publié dans Objectif Emploi, supplément du Quotidien le 16 novembre 2017 (cliquer pour lire)


Pouvez-vous vous présenter ?

Héléna Doulouma, 32 ans, je suis née et j’ai grandi à Cilaos. A l’âge de 16 ans, étant donné qu’il n’y a pas de lycée à Cilaos, j’ai poursuivi mes études au lycée de Plateau-Caillou, hébergée chez un membre de ma famille. Ce fut le début d’une « bougeotte » incontrôlée ! Mon baccalauréat en poche, je me suis retrouvée perdue parmi toutes les filières que propose notre système. Je ne savais pas ce que je voulais faire précisément de ma vie. Sur les conseils d’un professeur, je me suis lancée dans une licence de commerce et de gestion en Bretagne.

Quel a été votre parcours de mobilité ?

La Bretagne a été une des régions que j’ai préférées en Métropole. En tant que yab chouchou, je pense que j’ai des origines du côté de ce petit pays. Le dépaysement était quand même total et il a fallu s’adapter à un climat difficile. Alors dès que j’ai eu l’occasion de partir en stage, je suis partie sur l’île de Malte, pour me rappeler un peu ce que cela faisait d’être sur une île. Et enfin, à Montpellier pour être près de la mer. Une fois cette licence obtenue, je suis allée à Paris pour trouver du travail. Même si je suis convaincue qu’il faut travailler dur et se donner les moyens d’atteindre ses objectifs, je pense aussi qu’il faut savoir prendre le temps de vivre. C’est une ville dans laquelle j’ai eu du mal à m’adapter, car tout allait trop vite.

Qu’avez-vous fait ?

Direction Lyon, où j’ai travaillé en tant que commerciale pour un groupe pétrolier. Ici je devais répondre à sept lignes téléphoniques en même temps ! Lyon étant une ville aussi très animée, ma fibre sociale s’est développé là-bas. J’avais 25 ans, j’ai voulu changer d’orientation professionnelle et j’ai passé un concours pour travailler en tant qu’administratrice de la solidarité internationale. C’est un concours avec des épreuves écrites mais aussi physiques, alors je me suis entrainée, et j’ai obtenu l’entrée dans cette école qui est très sollicitée en Europe.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à la Réunion ?

Avant d’intégrer cette formation, je me suis dit que je m’engageais là dans un projet hors norme et difficile. Alors j’ai décidé de rentrer à La Réunion pour reprendre des forces avec ma famille. Durant les huit années que j’avais passées en Métropole, je n’étais rentrée que trois fois , par mes propres moyens, car la continuité territoriale n’existait pas encore. Auprès de ma famille, j’ai eu un déclic. Est-ce que je n’avais pas atteint mes limites dans cette aventure en dehors de mon île ? J’étais là juste pour reprendre des forces avant de repartir, mais cette fois je n’avais plus envie de repartir ! Je ne pouvais plus envisager la vie ailleurs qu’à La Réunion.

Alors je suis rentrée en Métropole pour rompre mon contrat de travail, rendre mon appartement, et malheureusement dire au revoir à des personnes qui m’étaient aussi très chères de ce côté de la mer. J’ai toujours été « entre deux ». Ce qui me frappait en Europe, c’est l’immensité des territoires. Ces terres à perte de vue provoquent deux types de réactions : soit on se dit « La liberté me tend les bras, tout est possible sur un si grand territoire », ou alors « Je préfère le petit cocon confortable que m’offrait mon île avec ses limites naturelles : la mer d’un côté, les montagnes de l’autre. »

Décrivez nous votre état d’esprit à l’atterrissage à Gillot.

J’étais un peu sonnée à l’atterrissage. Cela me paraissait bizarre de me dire que je devais me réadapter à mon propre pays. Et après toutes ces années, j’avais changé... mûri ou grandi. Avant de quitter l’île, j’étais très timide et mes différents voyages m’ont permis de comprendre l’importance de communiquer (nous avons tous des choses à partager !). Est-ce que ma famille allait accepter la nouvelle personne que j’étais devenue ?

Avez-vous eu des difficultés à vous réinstaller ?

Ma difficulté principale a été de me déplacer. Je n’avais pas encore de véhicule et les horaires des bus sont quand même approximatifs. Après avoir sollicité plusieurs agences d’intérim, j’ai obtenu, au bout de six mois un poste en tant que chargée des approvisionnements pour un groupe américain. Etant donné que j’avais travaillé pour un groupe pétrolier où les commandes s’élevaient à plusieurs milliers d’euros, le recruteur a estimé que j’avais la capacité à gérer ce même type de commande dans le secteur agro-alimentaire. Parallèlement à cela, il cherchait une personne d’origine créole pour assurer une certaine mixité au sein de l’équipe. Mais mon attrait pour le secteur social était toujours présent. Alors à nouveau, virage à 180 ! Ma mission d’intérim terminée, je me suis orientée vers une formation d’assistante de service social, où j’ai appris énormément de choses sur La Réunion, notre histoire et nos spécificités.

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

Le développement d’Internet a apporté une ouverture sur le monde qui n’existait pas encore au moment où je suis partie. J’ai trouvé une île plus ouverte et des personnes plus à l’aise dans leurs baskets (ou savates !). Mais une certaine « immobilité » plane également. J’ai envie de dire qu’il faut oser des choses, construire son emploi pour ne pas rester dans une position d’attente par rapport aux employeurs ou à la mairie. Notre première ambition en tant qu’être humain est de pouvoir créer.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Je développe la société nommée Alon Alé que j’ai créée. En organisant les sorties, week-end et vacances de la population qui vit sur l’île, et la population francophone, je redécouvre encore toute notre richesse. Toutes ces recherches me permettent de rester en éveil sur ce qui se passe à La Réunion.

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Je suis heureuse d’avoir eu la chance de faire des études, d’avoir construit des compétences professionnelles. Cette expérience m’a beaucoup apporté. Toutes mes expériences dans des milieux variés et des pays différents prennent sens aujourd’hui dans le cadre de l’entreprise que je viens de créer. Mon activité professionnelle je l’ai conçue sur mesure pour faire un métier qui à la fois valorise mon île et qui puisse satisfaire ma très grande curiosité qui m’avait déjà porté en Métropole à l’âge de 18 ans.

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

C’est une transition qui se fera plus facilement si vous pouvez compter sur le soutien de votre famille à l’arrivée. Ensuite, il faut savoir qu’en rentrant nous ne sommes plus tout à fait les mêmes qu’en partant (cela dépend aussi du nombre d’années passées ailleurs). On a l’impression de ne pas vraiment savoir comment mixer les valeurs issues de la Métropole et celles que nous avons acquises à La Réunion. Par exemple, le fait d’avoir une journée de travail de 8h à 19h paraît exceptionnel dans l’île, alors qu’en Métropole, les employeurs attendent cette disponibilité de la part de leurs employés, et parfois au détriment d’une réelle qualité de vie. Il s’agit de se remettre à jour : Qu’est ce que je garde de mon fonctionnement de Métropole et qu’est ce que je laisse ? Qu’est ce que je veux réapprendre ou apprendre sur la manière de vivre à La Réunion ?

Voir le profil d’Héléna Doulouma / www.alonale.com / www.facebook.com/AlonAleTourismeReunion


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En tant que Cilaosienne…

J’aime beaucoup l’idée d’être née d’un métissage, même si parfois j’ai l’impression d’être inclassable, avec un nom d’origine africaine et des yeux bleus… c’est difficile de dire « cé kwé ma qualité ? ». Pour ma part, je me sens créole. Avant de quitter l’île, je n’avais pas conscience de la valeur et de l’importance de notre culture. La connaissance de notre culture est essentielle pour définir quelles sont les valeurs que l’on souhaite vivre, transmettre à nos enfants ou pas. La culture est un sujet complexe parce qu’elle doit pouvoir mélanger tradition et modernité pour durer dans le temps. C’est le combat de chacun, entre nos habitudes et nos rêves, il faut trouver un équilibre pour avancer.

Communiqué de presse de lancement : Alon Alé !

Profiter de son temps libre ça s’organise, mais nous n’avons pas toujours le temps ou les moyens d’organiser un projet de loisir : « Kwé i fé ce week-end ? », « Oté, mi koné pa ! » 

Voici, enfin, une solution pour organiser vos sorties, weekends et vacances, en famille ou entre amis, partout dans l’île ! « Alon Alé ! » propose à la population locale des formules personnalisées et des packs organisés adaptés à tout type de budget.

Les formules personnalisées sont adaptées lorsque vous savez dans quelle ville vous souhaitez aller, mais vous ne savez pas dans quel hébergement, ni quelles activités sont encore disponibles et adaptées pour vous.

Les packs organisés sont pratiques lorsque vous ne savez pas où aller, ni quoi faire. Ces packs permettent de vous donner des idées de sorties avec un ordre de prix.

Ces services sont gratuits ! Il suffit de compléter une demande sur internet ou par téléphone.

Une opératrice recherche et contacte les prestataires d’hébergement, de loisirs, de restauration et de transport pour vérifier leurs disponibilités. Vous gagnez un temps considérable puisque seules les prestations qui correspondent à votre demande et qui sont disponibles à la date demandée vous sont présentées. Vous réglez les prestations directement chez les professionnels.

+ d’infos : www.alonale.com / www.facebook.com/AlonAleTourismeReunion


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