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La vie américaine d’Inès Bawedin


Recrutée par une université US à qui elle avait envoyé une vidéo de ses talents en volley-ball, la Saint-Pauloise bénéficie d’une bourse qui couvre ses frais académiques et de logement. Elle décrit sa vie à Miami où elle habite après deux ans à Houston.


Pouvez-vous vous présenter ?

Inès Bawedin, 24 ans. Je suis étudiante/athlète aux Etats-Unis. Je joue au volley-ball dans le championnat universitaire depuis trois ans. J’ai passé deux ans à Houston au Texas et maintenant je suis à Miami en Floride. J’ai étudié la communication pendant deux ans et j’ai obtenu un « Associates ». A présent j’essaye d’obtenir mon Bachelor en Business administrations !

Racontez-nous votre parcours.

Je suis née au Port mais j’ai vécu la majorité de ma vie à Saint-Paul. Mes parents sont militants associatifs, dans le sport et le social. Ils vivent toujours sur l’île ainsi que toute ma famille. Après une licence en lettre, littérature et civilisations étrangères en anglais, je me suis dit que c’était le moment de partir dans un pays anglophone, pour devenir complètement bilingue !

Comment avez-vous fait ?

J’ai fait une demande pour être assistante en Angleterre et j’ai envoyé une courte vidéo de volley-ball à une université, en espérant qu’elle soit intéressée. J’ai eu la surprise d’être acceptée au deux, mais l’université américaine me proposait une bourse complète qui prenait en charge le billet d’avion, les frais scolaires, le logement, etc. N’ayant pas les moyens de payer ses prestations à l’origine, je me suis dit que c’était une très belle opportunité, je me suis lancée !

Je n’aurais jamais deviné que ça allait être aussi compliqué d’obtenir le visa. J’ai passé des mois et des mois dans la paperasse, puis j’ai dû me rendre à Maurice pour passer un entretien qui allait décider si oui ou non j’obtenais le visa. Après des mois de stress, ma demande de visa a été acceptée. Puis tout s’est fait très vite, je n’ai pas eu le temps de réaliser. Ma coach des Etats-Unis a acheté mon billet, je devais partir une semaine plus tard. Le lendemain de mon arrivée, je me suis rendue à l’entraînement avec un décalage horaire de 9 heures et un voyage de 30 heures dans les jambes. Je ne parlais pas très bien l’anglais et je ne connaissais pas du tout les termes techniques de volley-ball. Autant vous dire que les premiers entraînements ont été… intéressants !

Parlez-nous de votre vie à Miami aujourd’hui.

Académiquement, je m’éclate. Je me suis très vite adaptée au système américain. Il me convient mieux que le système éducatif français, ce qui explique mes excellent résultats. J’ai aussi toujours été très bien entourée. À Houston, les gens étaient très sympathiques avec moi et très curieux. À Miami, je vis dans un quartier international. Je vis avec quatre brésiliennes et tout le monde parle espagnol dans les rues. Je m’y sens bien, avoir la nationalité française aide énormément. Je me rends compte que je suis maintenant capable de m’adapter à des situations beaucoup plus rapidement qu’avant. Je n’ai pas peur de sortir de ma zone de confort et j’ai appris à être très indépendante.

Quels ont été les avantages/ inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Je pense que le fait de venir de la Réunion ne m’a donné que des avantages. Grâce à mon métissage, j’ai été capable de me faire des amis plus facilement. Aux États-Unis, les différentes « races » restent assez séparées les unes des autres contrairement à la Réunion. Beaucoup on été surpris de voir que je m’identifiais à tous les groupes. La Réunion m’a également apporté beaucoup académiquement. J’évoque régulièrement le système multiculturel de la Réunion dans mes études. Cela rend mes travaux originaux et différents, choses que les professeurs apprécient beaucoup. 

Quels sont vos projets ?

Je veux terminer mon Bachelor en business à Miami tout en jouant au volley-ball pour m’aider à payer les frais académiques. Ensuite, si j’en ai l’opportunité, j’aimerais faire mon master aux Etats-Unis et trouver un stage à la NASA à Houston. Rentrer à la Réunion fait aussi partie de mes projets, après avoir terminé ce que je veux finaliser aux Etats-Unis. La seule complication est que je suis tombée amoureuse d’un Canadien à Houston ! Donc ça dépendra aussi de ce qu’il veut faire. J’essaye de le convaincre de venir visiter la Réunion en espérant qu’il en tombe amoureux, comme moi.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Elle est inexistante. Personne aux Etats-Unis ne connaît l’existence de mon île. Les Américains ne sont généralement pas très bons en géographie et l’île ne se trouve pas sur la majorité de leurs cartes. Mais je parle beaucoup de la Réunion en classe, j’ai fait beaucoup de présentations et je partage des photos et des vidéos sur les réseaux sociaux pour la faire connaître un peu plus. Beaucoup de mes amis veulent me rendre visite, mais le prix des billets d’avions rend la tâche compliquée.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

Ce qui me manque le plus c’est la cuisine réunionnaise. La cuisine aux Etats-Unis est très différente, et elle n’est pas connue pour être la meilleure ! Parfois quand j’appelle mes parents et ils me parlent des caris qui sont sur la table, ça me fait mal au cœur. L’unité et l’ouverture d’esprit des Réunionnais me manque aussi parfois. Les Américains peuvent être très fermés sur certaines idées et c’est compliqué à comprendre pour moi, en sachant que j’ai grandi dans une société multiculturelle.

Y-a-t-il un « côté obscur » de la société américaine ?

Quelque chose qui me choque parfois, c’est le racisme. Mon équipe à Miami est très diverse et cela dérange énormément. J’étais présente pendant les élections américaines et j’ai entendu des discours qui m’ont beaucoup choquée. La présence d’armes à feu me dérange aussi, je ne me sens pas en sécurité quand je vois plusieurs personnes autour de moi qui portent des armes. La loi vient de changer et d’autoriser les armes dans les universités ! Mais je pense avoir eu de la chance d’avoir vécu dans des grandes villes, au Texas et en Floride. Les gens sont plus ouverts d’esprits.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Des tee-shirts, une veste des jeux des îles, des porte-clés, des posters, des magnets, des épices, des bijoux, une boîte à bijoux... J’ai offert beaucoup de ces objets pendant mes années aux Etats-Unis mais je ne me sépare jamais de mon drapeau, de mon porte-clé, de ma veste Réunion et de mon massalé !

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

J’ai été baignée très tôt par les réalités humaines et sociales de la Réunion et je suis très concernée par les défis et les problématiques auxquelles elle est confrontée. Je pourrais vous présenter un catalogue chiffré des principaux indicateurs socio-économiques, mais je préfère aborder les problématiques u travers des nombreuses discussions que j’ai depuis des années avec mes parents, très mobilisés associativement. Un haut niveau de chômage, notamment chez les jeunes, près de 40% de la population vivant sous le seuil de pauvreté, des problémes de logements complexes, des disparités salariales importantes , une insularité qui freine le développement économique, des contraintes foncières fortes, des incertitudes sur l’avenir de la filière canne... autant d éléments qui rendent la situation locale complexe. Mes parents disent souvent que la Reunion doit trouver son propre modèle de développement si elle veut relever les défis auxquels elle est confrontée.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Mes amis et ma famille sont toujours à la Réunion, j’échange beaucoup avec eux dans la vie de tous les jours. Malheureusement, je n’ai jamais croisé de Réunionnais à Houston. Un volleyeur réunionnais, Pierre Tang-Taye était aussi aux Etats-Unis les deux premières années mais nous n’étions pas dans le même état. J’avais également une amie du lycée qui étudiait aux Etats-Unis mais elle se trouvait en Caroline du Nord. Maintenant, les deux ont quitté le pays. 


Plus d’infos sur les sportifs réunionnais dans le monde / www.reunionnaisdumonde.com/r/1/Amerique-du-Nord (582 inscrits)

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