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Michel Cazal : récit de voyage d’un Réunionnais en Inde


« Voilà. J’étais arrivé en Inde. J’avais enfin foulé le sol de ce pays après l’avoir imaginé, désiré... » Consultant international à La Réunion, à Maurice et en Inde, Michel Cazal livre les impressions de son premier contact avec l’Inde en 2005.


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Michel Cazal

« Voilà. J’étais arrivé en Inde. J’avais enfin foulé le sol de ce pays, après l’avoir imaginé, désiré. J’avais lu des livres sur l’Inde, étudié son économie, son histoire, sa culture, sa philosophie, écouté sa musique. J’avais eu l’occasion aussi de rencontrer des indiens, loin de leur pays, à Paris où ils étaient étudiants, comme moi. L’Inde ne m’était pas inconnue. Elle a toujours été proche de moi, faisant partie de mes centres d’intérêt.

Mais aujourd’hui, elle était là, sous mes pieds. Dès la sortie de l’avion, j’avais été saisi par l’odeur qui me signifiait clairement que j’étais ailleurs. Et puis la foule. J’allais très rapidement apprendre que c’est une constante en Inde. La foule, partout, en permanence. La queue aux formalités de police dans cet aéroport international de Mumbai, anciennement Bombay, rebaptisée pour satisfaire les nationalistes et laver l’affront de la colonisation anglaise. Les noms des grandes villes ont tous ainsi été modifiés. Madras est devenue Chennai, Bombay Mumbai. Je finis par passer au contrôle de police. Plusieurs avions étaient arrivés en même temps. L’Inde s’arrange pour que ses vols long courrier se fassent de nuit. Les aéroports sont donc de véritables lieux de vie la nuit. En plus du flot de passagers qui y transitent, s’ajoutent également la foule des visiteurs, obligés de rester à l’extérieur. Mais ils sont là, à une heure, deux heures, trois heures du matin.

"La Réunion n’est-elle pas une terre de rencontre des cultures ? Je voulais à mon tour aller à la rencontre de l’Inde et de ses habitants…"

De toute façon, la vie ne s’arrête jamais en Inde. Accompagnateurs de familles en partance. Personnes venues accueillir des visiteurs étrangers qui doivent débarquer dans ce pays en pleine nuit, sans aucun repère. Heureusement qu’ils peuvent arriver à se faire comprendre, grâce à l’anglais largement utilisé. Mais l’accent indien déconcerte et déstabilise très rapidement les étrangers. Je parviens enfin à récupérer mes bagages, non sans avoir durant l’attente, pris le temps de dévisager certains des passagers qui viennent de voyager avec moi. Des sikhs enturbannés, des couples, jeunes et moins jeunes, quelques familles avec de nombreux paquets. Je suis seul, au milieu d’eux. Ce n’est pas la saison touristique. Je ne suis pas sûr de me retrouver, en pleine nuit, de ne pas me perdre, de savoir où me diriger. Après quelques hésitations et incompréhensions, je parviens enfin à prendre la navette qui me conduit à l’aéroport domestique, où je dois prendre un vol intérieur pour aller dans le Sud, dans l’état du Kerala. L’attente est longue. J’ai trois heures devant moi. A deux heures du matin, je ne dors pas. J’en profite pour observer autour de moi.

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centre commercial Inde

L’avion est devenu, avec le développement économique, le mode de déplacement préféré de la classe moyenne et des hommes d’affaires en Inde. Les compagnies aériennes se sont multipliées. Le gain de temps est énorme par rapport au train. Des étudiants, des cadres, quelques femmes aussi attendent comme moi leur vol pour se rendre dans les capitales et les grandes villes régionales. Les uns lisent, d’autres ont allumé leur ordinateur portable et travaillent, ou regardent un film, jouent. D’autres encore sont allongés sur le sol et dorment, enroulés dans leur dhoti. J’en profite pour boire un thé, le fameux chai, qui se boit toute la journée. Très rapidement, je suis abordé. Un étudiant me demande si je vais à Calcutta. Il me dit qu’il retourne chez lui, en vacances, voir sa famille.

C’est vrai que les indiens voyagent maintenant. La culture indienne s’exporte également en ce début de troisième millénaire. Elle a toujours été diffusée, mais dans les cercles confinés des intellectuels et des chercheurs de l’indianité. Elle est maintenant à la disposition du plus grand nombre, se frayant une place dans la culture globale. Elle a toujours été présente et à portée des occidentaux via les livres, les écrits, la musique, les films. Sauf que les films intimistes et sociaux de Satyajit Ray ou de Guru Dutt ont été remplacés par les blockbusters étincelants de Bollywood. Les livres de ses penseurs et de ses philosophes, par les ouvrages toujours visionnaires mais de management de ses businessmen et de ses enseignants. La musique de Ravi Shankar ou de Chaurasia par des productions modernes ou populaires marquant son ouverture au monde. L’Inde s’ouvre au monde. Elle bouge. Elle est en mouvement. Et c’est dans ce pays que j’atterris enfin.

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Michel Cazal

Je ne voulais pas visiter ce pays sans raison, en simple touriste. Je voulais y venir dans le but de m’y installer, de le rencontrer, de le vivre de l’intérieur. Je devais attendre, attendre l’occasion pour le faire. Et le déroulement des évènements et des circonstances me la procurait enfin. Une rencontre avec des musiciens indiens autour d’un projet de création et d’échange de nos cultures, qui rassemblent en fait les cultures de ce monde. Car La Réunion n’est-elle pas une terre de rencontre des cultures ? La Réunion n’est-elle pas la fusion des différentes cultures existantes à travers le monde ? Je voulais donc à mon tour aller à la rencontre de ce pays et de ses habitants, de sa réalité. Et j’avais trouvé le meilleur moyen pour y entrer.

Vingt années me séparaient de mon mémoire d’économie internationale consacrée à la révolution verte de Nehru, au lendemain de l’indépendance de l’Inde. Il fallait à ce leader nourrir les quelques centaines de millions d’habitants de ce vaste pays qui venait d’accéder à l’indépendance. Une lourde responsabilité. Il allait y arriver par la mise en place d’un système de développement agricole qui tenait compte d’un équilibre géopolitique intérieur très fragile, en raison des fortes tensions encore vivaces entre le nord céréalier et les autres régions du pays suite à la partition. Augmentation des rendements par l’utilisation de nouvelles semences et d’engrais, subventions agricoles, politique de stockage. Comme Joseph l’administrateur de l’Egypte qui très sagement, remplit les greniers du pays au temps de sa fertilité en prévision des longues années de famine qui allaient lui succéder, Nehru fit de même. Les greniers de l’Inde se remplirent peu à peu, et les famines massives évitées. J’avais étudié méthodiquement cette problématique. J’étais maintenant en contact avec cette réalité. Ou plutôt, mon premier contact fut avec l’Inde urbaine, de nuit, dans cet aéroport international de la capitale économique et financière de l’Inde, Mumbai ».

A suivre...

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rue en Inde

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