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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Karim Asika, créateur du site Whereez à Paris

Karim Asika, créateur du site Whereez à Paris


Quinze après avoir quitté l’île, armé d’un double cursus - école d’ingénieur en Nouvelles Technologies et Master de Finances à l’université Paris Dauphine -, ce Parisien d’adoption a créé Whereez, start up qui fait le pont entre Paris et la Réunion et fait découvrir des activités originales proposées par des acteurs locaux.


Racontez-nous votre parcours.

Karim Asika, 35 ans. Comme beaucoup d’étudiants réunionnais, j’ai quitté Saint-Denis après mon Bac pour aller étudier à Paris. Mes professeurs m’ont poussé à postuler aux classes préparatoires aux grandes écoles de commerce car j’avais un bon dossier scolaire. J’ai suivi leur conseil, mais la réalité de mon arrivée à Paris fut beaucoup moins sympathique… J’ai eu du mal à m’adapter à une ambiance qui m’a paru glaciale aux premiers abords. Un peu perdu, j’ai changé de cursus pour intégrer une école d’ingénieurs. Plus à l’aise avec les sciences, et commençant à rencontrer quelques amis venus d’ici et d’ailleurs, j’ai repris mes marques et réussi peu à peu, à m’intégrer au paysage parisien.

Avez-vous quelques anecdotes de vos débuts ?

Je me souviens de ma première soirée parisienne ; j’étais invité (sans le savoir) à un rallye où tout le monde dansait le rock quelle que soit la musique. Moi, je dansais tout le temps en mode Ragga / DanceHall. J’étais pris pour un extra-terrestre ! Je me rappelle avoir dansé avec une fille. Sa grande sœur m’a interrogé sur mes intentions, juste après… En rentrant à la caz’, je ne savais pas que le métro fermait à une heure du matin. J’ai marché deux heures dans Paris en demandant mon chemin sans arrêt. Drôle de première soirée !

Et ensuite ?

J’ai vécu en Belgique pendant un an et demi. Force est de constater que j’ai autant traîné les savates pour y aller que pour repartir ! J’ai vécu un peu à l’Auberge Espagnole là-bas, au milieu d’Européens de tout horizon. Les Belges ont été hyper accueillants et j’ai très vite pris beaucoup de plaisir.

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

En partant de la Réunion, j’ai énormément voyagé et découvert un nombre incroyable de cultures nouvelles. J’ai noté des similitudes importantes sur des terres qui avaient des histoires comparables à la nôtre, comme le Brésil, ou une topographie et des habitudes étonnamment proches avec le Costa Rica ! Venant de la Réunion, je me suis tout le temps très vite adapté. C’est un réel avantage d’avoir grandi avec des cultures / religions différentes au quotidien ! Quand je suis devenu manager d’équipe avec des Italiens, des Grecs, des Américains, des Espagnols et des Allemands, j’étais comme un poisson dans l’eau. J’ai eu très vite le goût d’apprendre de nouvelles langues. Ayant grandi avec le Kréol’, le Français et le Gujarati à la maison, l’apprentissage des langues fut plus rapide que pour mes collègues, par exemple.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

J’ai monté ma propre société, Whereez, qui fait le pont entre Paris et la Réunion en proposant de découvrir une multitude d’activités originales proposées par des acteurs locaux. Une difficulté a été d’oser conseiller à des Parisiens de nouvelles activités dans leur propre ville, quand j’ai créé ma société. Etant réunionnais d’origine, je ne me sentais pas légitime, même si Paris m’avait adopté depuis longtemps. J’ai bien passé le cap depuis, en me rendant compte que cet œil neuf sur Paris me rendait finalement plus curieux que les Parisiens eux-mêmes sur les nouveautés de leur ville ! On ne connaît souvent pas très bien l’endroit dans lequel on vit, et c’est d’ailleurs ce qui a inspiré le nom de ma société : « Where is ».

Parlez-nous de Paris.

Je vis à Paris depuis 15 ans maintenant et cette ville bouge à une allure incroyable. Oui, il y a beaucoup d’irritants à Paris : le stress, les transports en commun, la pollution, les embouteillages, la promiscuité… Mais au-delà de ces aspects, je comprends maintenant pourquoi Paris est éternelle. Après avoir vécu la période des attentats, j’ai vu la force des Parisiens, celle de ne pas céder aux tentations faciles des idées reçues et de la terreur. A Paris, les gens ont besoin de s’aérer l’esprit avec des idées nouvelles, de vivre de nouvelles expériences sans cesse. C’est d’ailleurs dans cet élan de vie qu’on a décidé de monter Whereez avec mon associé.

Quels sont vos projets ?

Mon projet dans l’immédiat est de réussir à me lever toutes les nuits pour l’arrivée de ma fille ! Mais ensuite j’aimerais développer Whereez sur la Réunion et les Mascareignes en proposant ces nouvelles expériences aux entreprises locales. Car, l’île regorge de gens passionnés et ouverts au partage. Je repense encore à cet apiculteur que j’ai rencontré récemment dans les hauts de Dos d’Âne et qui avait une connaissance incroyable à partager. Mais son ti’ panneau de bois sur le bord de la route était presque introuvable ! Voilà mon défi à moyen terme : grâce à Whereez, donner de la visibilité à cette foule de savoirs qui se cachent sur l’île et contribuer à dynamiser le tissu économique local.

Quels liens gardez-vous avec la Réunion ?

J’ai gardé contact avec pas mal d’amis réunionnais qui habitent ici. J’ai des voisins qui s’appellent Gany, Hoarau, Fontaine, Grondin, Ravate… Je fais régulièrement des allers-retours à la Réunion pour ma société Whereez donc mes contacts avec la Réunion sont quasi-quotidiens ! Et si je suis en manque, je ne manque pas de préparer un pti’ carri poulet pour faire découvrir la cuisine réunionnaise à mes amis parisiens. Ou je vais faire un tour au Goyavier, mon refuge parisien.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La lumière incroyable du soleil réunionnais en fin d’après-midi, l’oder’ gazon, le sourire des Réunionnais, quelques samoussas/bouchons/bonbons piments et bien sûr ma famille ! Ce qui pourrait me convaincre de revenir habiter à la Réunion ? Le manque de place dans mon appartement quand j’aurais plusieurs enfants , l’accroissement de mes crises d’allergie à la pollution et surtout ma femme qui n’est pas réunionnaise d’origine mais qui est tombée folle amoureuse de l’île ! Li danss’ mieux maloya qu’mwin maintenant.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Quand je suis parti, mon objet le plus cher fut ma paire de savate 2 doigts qui ne m’a pas lâchée pendant ces 17 ans ! Je n’arrive toujours pas à les troquer contre des pantoufles même en plein hiver. C’est une histoire de cœur, ça serait comme renier ses origines ! Aujourd’hui mon plus bel objet de décoration dans mon appartement du 13e arrondissement, c’est ce tableau de l’Anse des Cascades qui fait face à mon lit. Un écrin de paradis tous les matins au réveil !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Celle d’une île très belle, très riche en cultures et en plein essor touristique grâce à son patrimoine naturel exceptionnel. Celle d’un exemple de tolérance et du vivre ensemble dans le monde. Mais aussi une île qui fait beaucoup parler d’elle pour son problème requins !

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Loin des craintes sur l’explosion du volcan socio-économique réunionnais, je pense au contraire que la Réunion dispose d’énormément de richesses porteuses d’espoirs, qu’il s’agisse des hommes qui l’habitent ou de son patrimoine naturel. La question est de savoir si nous allons être capables de prendre les virages stratégiques de notre société actuelle (notamment le virage numérique), de tirer bénéfice de notre position dans l’Union Européenne pour être pionniers dans l’Océan Indien et les Mascareignes sur ces nouveaux enjeux.

À visiter : www.whereez.com / www.facebook.com/whereez


Plus de Réunionnais CHEFS D’ENTREPRISES / www.reunionnaisdumonde.com/r/17/Paris-IledeFrance (5000 inscrits)

Un portrait publié dans Le Quotidien du 29 avril 2018 :

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