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Marie-Paule Martin : rentrer à la Réunion en gardant un pied à Paris


Cette Bénédictine, journaliste, coach et formatrice, développe ses activités entre Paris et la Réunion où elle a choisi de rentrer vivre après trois ans dans la capitale. « Loin de mon île, j’ai déployé mes ailes et j’ai appris à voler... ». Une interview « Spécial Retour ».

Article publié dans Objectif Emploi, supplément du Quotidien, le 20 septembre 2018 (cliquer pour lire)


Pouvez-vous vous présenter ?

Marie-Paule Martin, 31 ans, originaire de Saint-Benoit. Mon père est gérant de l’une des premières station-services de l’île et ma mère est une sportive, mais également maman méritante élevant ses six enfants. Etudiante en droit à l’Université de la Réunion à 20 ans, j’ai rapidement été embauchée par le magazine Belle, avec un poste créé sur-mesure. J’ai été journaliste durant dix années, successivement en presse écrite (Groupe Quotidien), en télévision (Antenne Réunion) et en radio (Réunion Première). Je me suis perfectionnée au Centre de formation et de Perfectionnement des Journalistes (CFPJ) à Paris. Parallèlement, j’ai toujours aimé toucher un peu à tout : animatrice commerciale en grande surface, conceptrice et organisatrice d’évènements comme les Journées Butterfly (évènement pour femmes) ou encore animatrice de la thématique du Marché de Nuit « Au Féminin », « Au Masculin », « l’Arts des Mets » pour la ville de Saint-Denis. J’ai été aussi réalisatrice de films promotionnels pour le Rotary Club de l’Ouest, maquilleuse pour l’Oréal, décoratrice pour les comités d’entreprises et vitrines de magasins du chef-lieu…


Quel a été votre parcours de mobilité ?

En 2014, c’est à la fois l’amour et le besoin de voir ailleurs qui s’est fait ressentir. Avec mon compagnon nous nous sommes installés près de Versailles. J’ai eu besoin d’un retour sur l’île éclair avant de vraiment m’intégrer au climat en Ile de France. Je me suis par la suite formée successivement en communication (Image et digitale), en management à l’anglo-saxonne, en marketing avec des professeurs officiant chez Mercedes, Orange, Unilever, le groupe Accor, etc.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à la Réunion ?

Mon mari voulait à tout prix que j’y exerce. A Paris, il voyait que mon côté chaleureux, mes ressources, n’étaient pas exploités totalement, surtout dans leur dimension humaine. Il tenait également à ce que l’on fonde notre petite famille sur ma terre d’origine. Je l’avais moi aussi prévu, mais pas de façon aussi tranchée il est vrai. Finalement, il a eu plus que raison !

Avez-vous préparé votre retour d’une façon spécifique ?

A Paris, pour autant que je m’y sois installée, tout a toujours été aménagé en vue d’un départ. Même si je m’y sentais bien, surtout intellectuellement, le fait d’être réunionnaise vous fait garder une place naturellement privilégiée pour votre île. Je suis revenue peu avant les fêtes de fin d’année 2017. Mon mari lui, a débarqué deux semaines plus tard.

Décrivez nous votre état d’esprit à l’atterrissage à Gillot.

La ville de Saint-Denis m’avait déjà mandaté pour que je revienne organiser le « Au Féminin » en 2016. Je n’avais pas vraiment coupé le cordon ombilical, mais il est vrai que cette fois, ma première démarche en frôlant le tarmac fut d’apprécier le soleil sur ma peau. Je suis hypersensible de nature, alors je ne vous dis pas la sensation de bien-être et de sécurité immense que j’ai ressentie ! Puis, j’ai observé des Réunionnais, employés de l’aéroport. Ils discutaient entre eux, j’ai acquiescé d’un sourire. Voir des gens vivre paisiblement est la chose la plus extraordinaire que je puisse admirer, ça me nourrit. Et là, je me suis dit : « Bienvenue chez toi, mon cafrine ! »

Avez-vous eu des difficultés (professionnelles ou autres) à vous réinstaller ?

Dans ma vie, je n’ai été salariée que durant six mois, à mes 20 ans, pour un patron que je considérais comme un second père. Sinon, j’ai toujours été indépendante, et c’est bien ce qui caractérise ma personne : la liberté. A Paris, j’avais pendant que je continuais mes études, créé une société de consulting et de coaching en 2016. Puis en 2017, je suis devenue centre de formation exerçant du côté des Champs-Elysées pour des entrepreneurs de la Côte d’Ivoire, des Parisiens, des entreprises telles que Sodexo ou pour les étudiants des Universités de Paris ASSAS, de Versailles, de Paris Tech. En revenant, j’ai passé quelques coups de fils et j’ai décidé en février de lancer pleinement mon activité ici tout en gardant un pied à Paris pour des aller-retours certains.

Aujourd’hui, je suis la fondatrice et la directrice des organismes de formation Working…What ?! à Paris et à la Réunion. Nous comptons plus de 100 formations dans notre catalogue (2018) avec pour spécialité l’insertion des jeunes et des demandeurs d’emplois. En fait, j’adore créer, innover, me surpasser... je suis une vraie chalengeuse dans l’âme !

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

La mobilité ou « Saut’ la Mer » est une étape décisive dans la construction de tout être humain. Même si c’est parfois douloureux, ça forge ! Je me rappelle que mon frère Benjamin, alors âgé de 13 ans, m’avait porté conseil durant un coup de blues à 10 000 km de distance. Je lui demandais si je devais revenir ou rester là où j’étais, il m’a alors dit de façon spontanée : « Marie-Paule, il vaut mieux d’abord se reconstruire dans la jungle avant de venir savourer la vie au paradis ! ». Sur le coup, je me suis dit que ça allait être impossible pour moi de vivre parmi des gens froids, faux, carriéristes et si différents de mes origines. Mais finalement, au fil du temps et avec un peu de patience, j’ai rencontré de très belles personnes, qui m’ont appris à me connaître, à m’accepter, et qui m’ont poussé à me surpasser. J’ai également pratiqué énormément de sport, plus de trois heures par jour, en combinant fitness et pilate avec un amour de prof, préparateur physique d’olympiens. Finalement la mobilité fut la plus belle aventure que j’ai pu vivre. Loin de mon île, j’ai déployé mes ailes et j’ai appris à voler. Aujourd’hui je sais exactement qui je suis, mes forces, mes faiblesses et je me sens maitre de mon destin.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Working…What ?! Paris demeure, Working…What ?! Réunion se fraie un chemin. Mes formations sont très appréciées par le personnel du groupe Clinifutur notamment. Je participe au lancement d’un média féminin online à visée internationale avec la talentueuse équipe de production Evilways. Avec mon entrepreneur et sportif de mari, nous avons lancé une association pour fédérer tous les Réunionnais autour des valeurs de l’olympisme. En partenariat avec le CROS Réunion, le CIO et autres, nous allons organiser des évènements entre Paris et ici pour inculquer le dépassement de soi, in fine l’épanouissement de tout un chacun. Et je suis l’heureuse ambassadrice aux côtés d’Angélique Zettor (GenyMobil), du départ de 33 adorables collégiens de Trois-Bassins en octobre 2018, pour la découverte des sites volcaniques de Hawaï, en collaboration avec le Parc National de la Réunion. Je me suis engagée ici à les préparer pour ce « sautage la mer » ! La meilleure méthode que j’ai trouvé, c’est de travailler sur leur image physique, leur prise de parole en public et leur savoir-être. L’objectif est de booster à fond leur estime de soi pour qu’ils profitent pleinement de leur séjour dans la culture américaine.

Dans quel état avez-vous trouvé le marché du travail en rentrant ?

Mes concurrents sont d’apparence les autres centres de formation, mais en réalité tout dépend de moi, de mes exigences. J’ai toujours créé mes propres opportunités. En tant que pur parisien (avec la mentalité qui va avec !), mon mari me dit toujours que la concurrence est une bonne chose, car elle stimule, et qu’il ne faut pas en avoir peur. Et puis je suis une « risquophile » de nature. Je crée à chaque fois mon boulot. Actuellement, je suis la marketeuse, la commerciale, l’administrative, la communicante, la journaliste et l’entrepreneuse de ma propre entité. C’est éreintant mais tellement formateur et riche d’apprentissages ! Assimilée à l’effort en sport, la peur doit être transposée de manière positive dans l’action. Et le must, c’est que je vis ici entourée de gens naturellement bienveillants.

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

La façon dont les gens s’habillent, la façon dont ils se sont « occidentalisés ». En tant que coach en communication par la valorisation de l’image (déformation professionnelle oblige !), j’ai trouvé ça juste génial : le Réunionnais ou la femme réunionnaise est de plus en plus chic, sobre, dans l’épuré. C’est joli ! En tous cas, c’est mon style vestimentaire favori dans le coaching en image.

Qu’est ce qui vous surprend le plus par rapport à l’endroit où vous viviez en mobilité ?

Bon, Paris, c’est l’excellence, l’exigence, tout va vite. UGC Chatelet c’est connoté intellos les après-midi, avec des films d’auteurs très sympa. Et près de chez moi, dans les Yvelines, le kiff c’était de me rendre à toute heure plusieurs fois par jour ou par semaine au cinéma pour seulement 20 € par mois… Ici, le prix du ticket de cinéma me tue, je n’y suis allée qu’une fois ! Pour le prix des livres à la Fnac, on s’y fait et il n’y a pas tout ce que l’on veut forcément : insularité oblige ! Mais pour le ciné, les prix sont exagérés. J’ai de suite pensé aux adolescents qui souhaitent s’évader. Pour moi, le cinéma est vecteur d’émotions, de sensations, de déclics, de messages, de rêves à tous âges. Et bien pour ces jeunes, c’est mal barré si les parents n’ont pas de quoi payer ! Cela me chagrine fortement.

Quels sont les points de satisfaction / déception de votre retour ?

Depuis mon retour, je mange des fruits péi, sains, de la nourriture métissée et excellente. Je respire excellemment mieux (je suis asthmatique) et je vois des gens qui ont compris que la vie se résumait juste à être bien avec les gens qu’on aime, à sourire, à se respecter dans toute sa différence tout simplement. La gentillesse et la simplicité sont les deux mots qui symbolisent les Réunionnais. Chaleur humaine et quiétude règnent sur cette île. Des déception ? Aucune à vrai dire. N’oublions pas que j’ai fait mes armes durant trois ans dans la mégalopole parisienne !

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

Chaque personne est différente mais le conseil un tantinet généraliste que je donnerais est celui-ci : Allez là où vous vous sentez le mieux ! Donnez-vous les moyens et surtout, sachez que choisir c’est renoncer. Si vous avez cela en tête, vous ne prendrez pas mal de perdre une chose (salaire plus bas par exemple) pour en gagner une autre (la qualité de vie). La vie est courte. L’un de mes frères vit en Colombie et c’est difficile pour nous cinq autres ici de ne pas le voir. Il est arrivé que je sois moi à Paris, lui en Espagne et qu’on se skype tous pour se souhaiter la nouvelle année. Ce qui comptait à ce moment précis, c’était que chacun soit heureux là où il est. Alors si vous voulez revenir, venez et faîtes comme moi : frappez à chaque porte, insistez, vivez l’échec comme une stimulation et persévérez. Si ça ne marche pas, c’est qu’il y a mieux qui vous attend, forcément !

Mon site : www.workingwhat.com


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