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L’homme coq et 7 autres nouvelles en créole


Dans cet article : un extrait en créole réunionnais traduction français de l’ouvrage de Vincent Constantin aux Editions Poisson Rouge et l’explication de la légende de l’homme coq.


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Vincent Constantin

La nouvelle qui donne son titre au recueil s’inspire d’une rumeur qui a défrayé la chronique et effrayé les enfants, il y a déjà trente ans. Comme les sept autres nouvelles, elle nous emmène dans un univers halluciné, mêlant le réalisme et l’imaginaire. Des personnages harassés par la vie, ou saisis par la fatalité, y entrent en interaction avec des entités supérieures qu’ils subissent, affrontent, révèrent ou utilisent. La nature englobe les forces surnaturelles, l’amour est bataille au gré des configurations d’étoiles. Cet univers profondément réunionnais est pétri de références religieuses et de croyances, chrétiennes, hindoues, malgaches…

UN OUVRAGE BILINGUE CREOLE/FRANÇAIS

Le choix éditorial a été de présenter la version créole et la version française en vis-à-vis. Ce qui permet de comparer les textes et de passer de l’un à l’autre si on le souhaite. L’auteur écrit en créole dans une graphie la plus proche possible de celle exposée dans le dictionnaire d’Alain Armand. Il a proposé certains de ses textes au concours littéraire Lankréol et plusieurs ont été récompensés.

Pour cet ouvrage, le texte créole des huit nouvelles a été relu par Rachel Pothin, comédienne bien connue et professionnelle accomplie du théâtre et de la culture. Les corrections et mises au point ont été faites d’un commun accord entre Rachel et l’auteur. L’auteur a traduit lui-même ses textes en français et les a accompagnés de nombreuses notes explicatives et historiques. Les textes publiés dans cet ouvrage sont donc différents des versions antérieures de quelques-unes de ces nouvelles, déjà publiées dans la revue « KANYAR » et dans le recueil collectif de l’UDIR « Contes et croyances populaires de La Réunion, mové zam ». 

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La Une du Quotidien en 1988 et L’homme Coq remis au goût du jour en 2016 par Bourbon Palto

L’AUTEUR

Vincent CONSTANTIN est quelqu’un de discret. Il avait huit ans quand l’homme coq a défrayé la chronique, il est donc né vers 1980 et il a grandi dans les hauts de Saint-Louis, aux Makes plus précisément. Les textes qu’il met en exergue de ses nouvelles montrent son intérêt pour la littérature des Caraïbes et de l’Amérique latine ainsi que pour la philosophie. Il a aussi de solides références religieuses. Catholique assumé, il cite la bible et s’intéresse aux différents rites existants dans l’île, sans les pratiquer lui-même. Il vit aujourd’hui à Saint-Pierre où il exerce le métier de boucher. Les paysages et lieux remarquables du Sud de l’île jouent un rôle essentiel dans ses nouvelles.

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La légende de l’homme coq

C’est une légende réunionnaise. En 1988, un mystérieux homme à la tête de coq faisait la chasse aux enfants dans l’Ouest. Il s’en prenait, disait-on, aux enfants pour récupérer son livre, « Le petit Albert », trouvé par un garçonnet dans une ravine. Les pages de cet ouvrage étant toutes blanches, ce dernier l’aurait alors jeté, provoquant ainsi la colère de cet être moitié homme, moitié coq.

En novembre, l’affaire était en première page du journal « Le Quotidien » avec comme grand titre « le coq rode ». Le mystère qui se transmettait de bouche à oreille a pris une telle envergure que la presse en a fait écho. On racontait à l’époque que l’individu à tête de coq errait dans les cours d’école. On voyait le coq un peu partout dans l’Ouest : au Guillaume, à Savanna, à Fleurimont, à Plateau-Caillou... Plusieurs enfants ont rapporté qu’il repartait sur une moto blanche. Débordés de témoignages, les gendarmes ont multiplié les patrouilles, à la demande du sous-préfet de Saint-Paul. La peur collective s’était transformée en psychose...

Extrait de la nouvelle Lo zo dann vavang – Les os vagabonds

Version originale en créole : « Dopi in sèrtin tan, mi oi lo mor dann mon rèv. Zot kor lé an zosay, zot figir lé an diab, zot bous i kim, é kan zot i kri, zot kro i briy dann la nuit. Dann mon li, mi bouz in bonpé, mi kri, mi transpir. Lé si tan tèlman for mi gingn pi dor koté mon madam. Moin la koz sa èk dévinèr. Li la done amoin in priyèr pou pèr Jean, in névèn èk in tizane. Mé la dovni pli pir ankor. Bann mor i rant an bébèt, i rant an danzéré dann mon rèv. La zourné, mi mazine azot. É si mi fèrm mon zié, mi oi banna an grèn dofé dovan moin. I fatig amoin bonpé, i done lanvi suiv la tras mon papa, mon dada èk mon garson. É la vi té i fatig amoin déza. Kan mi sar rant dann simitièr, mi voudré noiy dann la tèr pou fini èk tou sa la. Dévinèr la di lé la tèr simitièr i kri dann mon rèv, lé bann zansèt i rod pou aral amoin dann péi anba. Moin la di èk li lété pétèt mon papa, mon dada èk mon garson. Li la trap in pongné la tèr simitièr. Navé la sann zansèt dédan. Aforstan antèr lo mor si lo mor, aforstan savir la tèr, lé blizé la sann gramoun i romont anlèr. Donk, li la trap in pongné la tèr, é li la larg sa dovan moin. Olèrk tonb dirèk atèr, la désand é, mèm tan, la tourn troi foi otour d’moin. Dévinèr la di : ” Lé pa out papa, out dada oubien out garson ; lé bann zansèt i vé out kor pou zofrand. »

Traduction en français : « Depuis un certain temps, je vois des morts dans mes rêves. Leurs corps sont squelettes, leurs visages sont diaboliques, leurs bouches écument, et quand ils crient, leurs crocs brillent dans la nuit. Dans mon lit, je m’agite beaucoup, je crie, je transpire. C’est tellement fort que je ne peux plus dormir aux côtés de ma femme. J’en ai parlé au devineur. Il m’a donné une prière pour père Jean, une neuvaine et une tisane. Mais mon état a empiré. Les morts entrent, diaboliques et féroces, dans mes rêves. Je pense à eux la journée et si je ferme les yeux, je les vois enragés devant moi. Ça me fatigue beaucoup et me donne envie de suivre les pas de mon papa, de mon dada et de mon fils. Quand ils ont disparu la vie me fatiguait déjà. Je vais entrer dans le cimetière et je voudrais me noyer dans la terre pour en finir. Le devineur a dit que c’est la terre du cimetière qui crie dans mes rêves, que ce sont les ancêtres qui cherchent à m’emmener dans le pays d’en bas. Je lui ai dit que c’était peut être mon papa, mon dada et mon fils. Il a pris une poignée de terre du cimetière qui contient des cendres d’ancêtres. À force d’enterrer les morts sur les morts, à force de chavirer la terre, c’est obligé que remontent les cendres des ancêtres. Donc, il a pris une poignée de terre et il l’a lâchée devant moi. Au lieu de tout de suite tomber au sol, elle est descendue en tournant trois fois autour de moi. Alors, le devineur a dit : ” ce n’est pas ton papa, ton dada ou ton fils ; ce sont les ancêtres qui veulent ton corps en offrande. »

Les nouvelles, présenté par l’auteur

Mové zam - Mauvaises âmes
C’est l’histoire d’un pendu. Comme il s’est suicidé, il a du mal à se faire ramasser par Dieu. Il traîne dans le cimetière avec des esprits peu recommandables, avec des mauvaises âmes qui l’emmènent avec elles pour accomplir les ordres d’une devineuse. Il demande l’aide de sa famille pour pouvoir s’en sortir.

Lo zo dann vavang - Les os vagabonds
Cette nouvelle est inspirée du cimetière du père Lafosse qui se trouve à Saint-Louis en face de l’usine du Gol. C’est un très vieux cimetière où l’on enterrait les esclaves et où le père Lafosse a été enseveli. Il a été entretenu dans les années 70/80 par un devineur qui avait le pouvoir de relever les tombes des ancêtres de ceux qui le demandaient. On offre au père Lafosse des offrandes de croix tombales. « Lo zo dann vavang » raconte l’histoire d’un homme dépressif qui sent l’appel des morts du cimetière. Le devineur et un zébu accompagneront le personnage dans le monde invisible afin qu’il apprenne ce que les ancêtres désirent de lui.

Rouz siklone – Rouge cyclone
Cette nouvelle est inspirée de la route des Makes. Il y a là une ravine très profonde qui abrite un mauvais esprit de la nature. Cet esprit vit sur un temps cyclique, il se nourrit de la vie d’un homme à chaque cyclone afin de reprendre de la force, de se renouveler et de recommencer un nouveau cycle. Rahariane, une fille de 17 ans va être la prochaine victime. Herivelo, son ami âgé de 12 ans, affronte le cyclone et le mauvais esprit pour la sauver.

Rivièr noir - Rivière noire
C’est une nouvelle sur les ancêtres et le service kabaré qui montre l’importance pour les jeunes de continuer la tradition. Les racines ne peuvent être délaissées sans danger, les ancêtres ne supportent pas qu’on les abandonne. Cette nouvelle montre comment le flux de vie traverse les générations qui ont été écrasées par la violence du colonialisme. C’est l’histoire d’une fille nommée Fara, âgée de 19 ans, qui souffre de la présence dans son corps d’un esprit malheureux. Elle comprendra que c’est un ancêtre en souffrance qui demande la consolation des nouvelles générations.

Lom-kok - L’homme-coq
L’homme-coq revient régulièrement à la Réunion. L’homme-coq que j’ai connu, c’est celui que le Quotidien a raconté en 1988. J’avais 8 ans et c’est quelque chose qui m’a marqué et qui a marqué toute ma génération. J’ai repris l’histoire et j’ai essayé d’expliquer ce qu’aurait pu être l’homme-coq : un individu qui aurait voulu faire du mal par des pratiques de sorcellerie mais qui aurait vu revenir le mal vers lui. Dans cette nouvelle je mets en évidence que saint Expédit est l’une des formes de Karly. Je fais un parallèle entre Abraham qui sacrifie son fils, et le mythe de Karly venant aider les dieux dans leur combat contre les démons. C’est une nouvelle sur la jalousie, sur la sorcellerie.

La faya – la fièvre du samedi soir
Cette nouvelle est inspirée d’une histoire vraie qui s’est déroulée dans une boîte de nuit de la Ravine des cabris : ambiance festive et grosses bagarres.

Féklèr la nuit - Clair de nuit
C’est l’histoire d’une prostituée de la Pointe du diable à Saint-Pierre et d’un client. C’est une histoire d’amour et de mort, avec recel et mutilation de cadavre.

Dosèl lamour - Sel d’amour
L’histoire se déroule essentiellement sur la plage de l’Etang-Salé dans une atmosphère de nuit étoilée et de brise salée. C’est l’histoire d’une femme amoureuse, d’une femme-mante-religieuse.

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