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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Julie Ah-Fa : nouvelle vie en Afrique du Sud

Julie Ah-Fa : nouvelle vie en Afrique du Sud


Ex-marketeuse, productrice audiovisuelle, peintre botanique… Celle qui a tout quitté par amour pour s’installer en Afrique du Sud raconte ses débuts dans ce pays d’opportunités et les liens qu’elle a gardé avec la Réunion. Julie Ah-Fa expose ses oeuvres sur son île natale, jusqu’au 14 août 2018 au Jardin Botanique des Mascarins.


Pouvez-vous vous présenter ?

Julie Ah-Fa. J’ai grandi au Tampon. J’ai un diplôme d’école de commerce (ESC Toulouse, specialisation marketing). J’habite à Johannesburg, en Afrique du Sud, où j’ai monté ma société de productions audiovisuelles, Ginger Pictures avec mon compagnon qui est réalisateur/chef opérateur : Manu Lapiere. Notre compagnie est très présente en Afrique et nous avons des clients sur tout le continent, aussi bien dans les pays anglophones que francophones. Je suis aussi une aquarelliste botanique à mes heures perdues et après avoir exposé mes tableaux en Afrique du Sud avec ’Association d’Artistes Botaniques d’Afrique du Sud, je suis extrêmement heureuse d’avoir ma première exposition solo à Mascarin du 3 juillet au 12 août 2018.

Racontez-nous votre parcours.

J’ai un parcours assez atypique, qui quelque part, montre qu’on n’a pas toujours la maîtrise de son destin. Aimant beaucoup les animaux, mon métier de rêve depuis mon enfance était de devenir vétérinaire. Ma passion était le dessin. Mais mon dossier n’a pas été accepté en prépa véto et l’art ne permet pas facilement de gagner sa vie ! Alors, en tant que bonne descendante de quatrième génération de commerçants chinois, j’ai quitté l’île pour faire prépa HEC.

En ensuite ?

J’ai atterri a Toulouse ou j’ai obtenu mon diplôme d’école de commerce et j’ai travaillé ensuite en marketing à Paris. Bien que le poste de chef de marques que j’occupais m’amusait beaucoup, j’ai eu très vite envie de retourner vivre à la Réunion. J’ai eu le plaisir de travailler aux Brasseries de Bourbon comme chef de produits Coca-Cola où je pouvais exercer le métier auquel j’aspirais depuis mes études. Paradoxalement, cette expérience sur notre petit caillou m’a ouvert les portes à l’international et permis de rencontrer des gens du monde entier. Et c’est comme ca que j’ai fait la rencontre qui a totalement changé ma vie…

Pouvez-vous en dire plus ?

La Réunion étant le premier “pays africain” à lancer Coca-Cola Zero, Coca-Cola Afrique avait decidé de filmer l’événement et d’envoyer deux personnes d’Afrique du Sud pour en faire un film d’entreprise. Et ils ont envoyé Manu Lapière, Belge expatrié à Johannesburg, filmer l’événement. Lui qui ne tourne jamais de films d’entreprises, a accepté de venir à la Réunion pour remplacer en dernière minute un ami qui n’avait pas obtenu son visa.

Résultat : coup de foudre et un bon tour joué par le destin (Manu était venu filmer un clip de tonton David quelques années auparavant, et avait bien ri en découvrant la ville du “Tampon” en allant au volcan, sans se douter qu’il rencontrerait une fille du Tampon plus tard). Je quitte tout, mari (et oui), carrière et patrie pour commencer une nouvelle vie en Afrique du Sud. Moi qui aspirais à une vie bien rangée, je me lance dans l’inconnu à 28 ans et recommence tout à zéro.

Racontez-nous vos débuts en Afrique du Sud.

Rapidement, je me familiarise avec une nouvelle industrie, l’industrie du cinéma. Nous décidons plus tard avec Manu de monter notre propre structure, Ginger Pictures, et de nous lancer à la conquête du marché africain. Nous produisons beaucoup de films publicitaires pour l’Afrique. C’est à ce moment là que je prends le temps de finalement renouer avec l’art. Le hasard me fait rencontrer une professeur d’art botanique, art que j’ai toujours admiré sans jamais avoir pensé à l’apprendre. C’est comme ca que j’ai commencé à peindre et vendre mes peintures.

Me voila donc devenue une “ex-marketeuse”, productrice audiovisuelle / peintre botanique.

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

L’expérience de la mobilité fait que je peux m’adapter facilement à différents environnements, à différents pays. Je n’ai jamais eu d’expérience négative à cause de mon origine réunionnaise. Au contraire, je pense que ce côté “exotique”, ce mélange de cultures, a joué en ma faveur car cela intrigue toujours les gens que je rencontre.

Quels sont vos projets ?

Hormis de continuer à développer ma société a l’international (nous avons maintenant des clients aux Emirats Arabes, Espagne, France, Russie…), mes projets personnels se tournent vers l’art. D’où ma premiere exposition solo à Mascarin sur laquelle j’ai travaillé presque deux ans. J’espère que les gens qui verront mes peintures apprécieront les plantes que je décris et par extension, seront plus sensibles aux beautés et à la fragilité de la nature.

Et plus tard, j’aimerais participer à l’exposition de la Royal Horticultural Society à Londres, l’exposition d’art botanique la plus sélective et la plus prestigieuse au monde. Mais c’est du long-terme car cela demande une implication sans faille que je ne peux pas avoir pour le moment avec mon fils qui n’a que quatre ans. Et accessoirement, je suis aussi en préparation de ma ceinture noire de karaté (style Seido) que je vais passer au mois d’août !

Quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

L’Afrique du Sud est un pays magnifique, mais aussi riche en paradoxes. La richesse côtoie la pauvreté. Ici, dans les parkings de centres commerciaux, on compte un nombre incroyable de Porsche, Maserati, BMW, Mercedes… et à chaque carrefour, il y a des mendiants. Même si le prix de la nourriture est abordable, le niveau de vie est assez cher car l’école et les soins médicaux sont payants. Les assurances, le service de sécurité, l’eau et l’électricité sont onéreux.

Mais c’est un pays qui est aussi très dynamique et artistique, avec une bonne énergie, des gens chaleureux. Le cadre de vie est très agréable car Johannesburg est une ville boisée et fleurie. J’apprécie aussi de voir que les gens sont de plus en plus conscients des problèmes environnementaux, comme on peut le voir avec la poussée des marchés bio, végétariens, vegans, d’artisans.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Si je dois répéter plus de trois fois le mot “Réunion”, je sais que les gens ne savent pas ce que c’est. Alors, ils visualisent lorsque je dis que c’est à 200 km de Maurice, qui est une destination très populaire ici. Souvent, la première réaction est “Ahhh, the French colony !” mais je n’essaie plus d’expliquer que nous sommes un DOM. Et de plus en plus maintenant, je rencontre des gens qui connaissent l’île et rêvent d’y aller pour ses paysages magnifiques mais sont horrifiés par le prix du voyage.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

A chaque voyage à la Réunion, je ramène des produits culinaires avec moi, que ce soit des feuilles de cannelle, de la “rouroute” ou d’autres épices. Sinon j’ai ma vanne pour trier les lentilles de Cilaos qui me suit partout !

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

J’ai bien entendu mes amis d’enfance, mais j’ai également rencontré plusieurs Réunionnais éparpillés sur le continent africain dans le cadre du travail (dont vous avez fait le portrait pour certains), avec qui je travaille régulièrement et qui sont devenus des amis.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

Je me trompe peut-être mais pour moi, l’économie réunionnaise est une économie sous perfusion, maintenue par la Métropole et l’Europe. Mais je suis partie depuis trop longtemps pour me prononcer sur ce point. En revanche, je pense qu’il ne faut pas tout ramener à la croissance, la concurrence, la compétitivité. Pour moi, la vraie question qui importe est : est-ce que les Réunionnais sont plus heureux maintenant qu’avant ? Et qu’est-ce que l’on fait pour laisser la Réunion en meilleur état demain qu’aujourd’hui ?

Quelles sont vos réponses ?

Je ne suis pas sure que les moyens soient donnés à une politique de développement durable, aussi bien pour l’humain que pour l’environnement. Le modèle économique actuel doit être repensé pour prioriser le bonheur et le cadre de vie par rapport à l’argent mais cela n’arrivera probablement jamais. Pour moi, la plus grande ressource n’est ni la canne à sucre ni le tourisme. Pour moi, la plus grande ressource ce sont les Réunionnais eux-mêmes. De combien de Réunionnais intelligents, talentueux, créatifs, avez-vous fait le portrait sur Réunionnais du Monde ?

« Plantes de La Réunion et d’Afrique du Sud, une même passion ». C’est le thème de l’exposition de Julie Ah-Fa à découvrir à Mascarin, Jardin Botanique de La Réunion. L’aquarelliste botanique réunionnaise, qui vit en Afrique du Sud depuis 10 ans, présente une vingtaine de peinture représentant la flore sud-africaine et réunionnaise, donc certaines plaintes endémiques de La Réunion. Une exposition visible jusqu’au 14 août 2018 au Jardin Botanique de La Réunion.

+ d’infos sur http://julieahfa.com / Le profil de Julie Ah-Fa

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