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Jean-Pierre Pérouma, chroniqueur sur Radio Canada


Avec sa compagne Emmanuelle Grondin et leurs deux enfants, ils ont suivi le processus d’immigration au Québec. Après avoir travaillé dans le milieu universitaire, Jean-Pierre est devenu chroniqueur-interviewer pour Radio-Canada, à Rimouski dans l’Est de la Belle Province.


Pouvez-vous vous présenter ?

Jean-Pierre Pérouma, 44 ans. Je suis né d’une mère zoreil et d’un père malbar originaire de la Rivière-des-Roches (côté Saint-Benoit). Je suis né en France et j’ai fait une grande partie de ma scolarité à La Réunion, au Chaudron : collège des Alizés, lycée Georges Brassens, Université de La Réunion et IRTS. J’ai obtenu un diplôme d’état d’assistant de service social en 2000. Cela m’a permis de travailler pour le Département de La Réunion durant quatre ans, puis d’être assistant social du personnel chez EDF. En 2010, j’ai décroché un diplôme en gestion et le diplôme d’ingénieur social (première promotion réunionnaise). Cela m’a permis de travailler pour le groupe Tétranergy comme formateur et conseiller en entreprise sur les risques psycho-sociaux. En 2012, j’ai créé le cabinet Auracles.OI (Audit, Recherches-Actions et Conseil en Leadership et expertises sociales). En partenariat avec Tétranergy, j’ai travaillé à l’île Maurice et de grands groupes industriels internationaux.

Quel a été votre parcours de "mobilité" ?

Nous avons immigré avec mon épouse Emmanuelle et mes deux enfants : Thibault 20 ans et Nattan 15 ans. Le Québec m’a toujours attiré, son histoire, sa culture, son climat, ses espaces, et les personnes qui y vivent. En 2014, nous avons tout vendu pour tenter l’expérience de vie au Québec que nous avions apprivoisé après quatre séjours de vacances. En août 2014, nous sommes arrivés à Rimouski avec un permis d’études pour que je puisse poursuivre mes études à l’UQAR (Université du Québec à Rimouski). L’objectif était de voir si nous avions la capacité de nous faire une place dans la région du Bas-Saint-Laurent. Les besoins de main-d’œuvre sont importants ici, mais pas toujours dans les domaines nécessitant de longues études. J’ai poursuivi mes cours sur trois années tout en travaillant pour l’Université comme aide académique (aide et soutien scolaire aux étudiants) et chargé de cours (enseignement). Aujourd’hui je suis également titulaire d’une maîtrise en Gestion des personnes en milieu de travail option recherche, obtenu à l’Université du Québec à Rimouski. Mon domaine d’expertise est devenu l’attraction, la rétention et l’inclusion économique et sociale de la main-d’œuvre immigrante au Québec.

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Visioconférence avec la Réunion au Cegep de Matane

Comment se passe le travail dans une université québécoise ?

Il faut savoir qu’ici les relations avec les enseignants sont très proches, le tutoiement est facile et les interactions sont nombreuses. Il n’y a pas de jugement sur nos personnalités car on nous encourage à développer notre spécificité . Cela n’empêche pas d’avoir une grande rigueur dans le travail académique et de nous amener à une grande qualité de travail. Les enseignants nous offrent la possibilité de travailler avec eux sur des articles scientifiques, des études et des conférences internationales. Mon travail avec la professeur Nadia Lazzari m’a permis d’obtenir une bourse d’excellence en recherche et mes collaborations avec la professeure Marie-Noëlle Albert nous ont conduit à faire des conférence en Europe et en Afrique ainsi que d’être publié dans des revues étasuniennes.

Avez-vous quelques anecdotes ?

La conduite hivernale est à apprivoiser, mais on trouve toujours des personnes pour nous aider et nous conseiller. Au Québec, les épouses gardent leur nom de jeune fille, c’est ainsi que mon épouse à repris son nom de jeune fille : Grondin. C’est d’ailleurs un patronyme courant dans certaines régions ici ! Les Québécois ne sont pas toujours habillé en chemise à carreau, nous ne mangeons pas de la poutine à tous les repas… Les clichés sur les personnes que l’on ne connaît pas sont parfois tenaces de part et d’autre d’un océan !

Quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Nous avons choisi de vivre dans le bas du Fleuve. C’est une région qui demande à être connue. Les gens sont accueillants pour qui sait créer des liens. Rien n’est jamais tout rose ou tout noir. Cela demande de la résilience, de l’adaptation. Mais mes expériences sont extrêmement positives. Mon métier de chroniqueur à Radio-Canada me permet aussi d’aller à la rencontre de ce Beau-Saint-Laurent où les gens sont tissés serrés, ils demandent souvent d’où l’on vient ce qui n’est pas sans rappeler notre « vous moun d’où vous ? ». Ici j’apprécie la qualité de vie, les magnifiques couchers de soleil, les belles rencontres (avec l’université j’ai des amis partout sur la planète), les défis sociaux, environnementaux, les mouvements de transition, la nature, l’espace…

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

La mobilité est toujours un apport pour qui sait en faire une expérience et aller vers l’autre. Nous nous connaissons toujours mieux au contact des autres. Nous avions aussi l’avantage d’être déjà venu. Et les Réunionnais sont connus au Québec grâce au dispositif de la Région : étudier et vivre au Québec. C’est d’ailleurs le meilleur moyen se faire une place ici : trois années d’études dans des domaines en besoin de main-d’œuvre, la possibilité de connaître la culture, la région etc, et en enfin de rester. L’avantage c’est aussi d’être francophone, notre capacité à créer du lien, et d’avoir une histoire et une culture que j’estime proche.

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Avec mon fils Nattan

Quels sont vos projets ?

Dans un premier temps, acheter une maison au Bas-Saint-Laurent et continuer à découvrir ce pays qui a tant de potentialités (que les Québécois ignorent eux-mêmes parfois). Puis, obtenir la double nationalité. Tout cela est rendu possible par le fait de travailler à Radio-Canada. C’est aussi un objectif : poursuivre l’apprentissage de mon métier et développer des projets au sein d’une entreprise qui me permet de créer. Développer des idées, des angles, des « produits » nouveaux c’est stimulant. Apprendre un nouveau métier avec une équipe de professionnels ouverts, compétents et rigoureux, c’est stimulant. D’ailleurs Radio-Canada m’ouvre une page web pour promouvoir la diversité en région dès cet automne et je prépare quelque chose sur les liens avec La Réunion et l’attraction-rétention des Réunionnais en région...

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Forcément le pilon sculpté par le grand-père de ma conjointe, des livres, de la musique, des vêtements. Nos autos ont une plaque « Effet péi » à l’avant et une plaque de La Réunion trône sur mon bureau à Radio-Canada. Pour le reste, on trouve des épices et de quoi faire à manger et nous mangeons créole presque tous les jours quand ce n’est pas québécois.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Oui. Nous avons des amis proches et nous élargissons au gré de nos rencontres. Mais nous privilégions les contacts affinitaires avec notre pays d’adoption. Il ne faudrait pas tomber dans un confort relationnel avec des Réunionnais, ce qui pourrait nous faire passer à côté des relations avec les personnes dans leur ensemble. La communauté doit nous porter et non nous enfermer.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

La Réunion souffre des mêmes maux que nombres de pays. Le monde est maintenant ouvert. La jeunesse est l’avenir et non une menace, il conviendrait de mettre plus d’emphase sur l’éducation, la formation et le développement de vraies potentialités. Le système scolaire (sans stigmatiser celles et ceux qui y œuvrent de leur mieux) est plus un carcan qu’un tremplin vers la vie et l’innovation. Le paternalisme politique est aussi un fardeau qui ne permet pas de développer des innovations nécessaires. L’automobile reine et les bouchons ne me manquent certainement pas.

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

La famille et les amis. Mais avec les nouvelles technologies, il est possible de conserver des liens. Pour le reste, rien ne me manque. Quand on est heureux et que l’on a fait sa place, on apprend que le bonheur est là où on le construit dans l’ici et maintenant. Rêver le bonheur ailleurs sans faire de mouvement est illusoire...

Qu’est-ce qui pourrait vous convaincre de revenir habiter à la Réunion ?

Radio-Canada ouvre un poste sur l’île ? Humour à part, à l’heure d’aujourd’hui j’ai encore à apprendre et vivre dans mon pays d’adoption. Alors, rien ne me ferait revenir sauf des vacances biensûr. J’ai un projet de sujet qui concerne l’île de La Réunion, alors j’y reviens bientôt.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

La Réunion est connue par le biais des cohortes d’étudiants qui viennent régulièrement. Matane est un haut lieu d’accueil, Rimouski et Rivière-du-Loup également. En tant qu’immigrant, je pense que nous devons avoir en tête que nous sommes aussi « ambassadeur » de notre île et qu’il nous revient de véhiculer une image positive, notre multiculturalisme, nos paysages, notre histoire, nos cultures, etc. Ma conjointe donne des cours de danse interculturelle et nous mettons en avant nos valeurs d’hospitalité et de vivre-ensemble à chaque occasion !


Voir le profil de Jean-Pierre Pérouma / Lire son article : L’immigration réunionnaise au Québec : un exemple ?

+ d’infos sur la page www.reunionnaisdumonde.com/r/1/Amerique-du-Nord (562 membres / 300 articles)

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