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Anne-Gaëlle Valmy, entraîneur dans un club de Gym au Québec


Résidente depuis 11 ans, cette Tamponnaise a fait sa vie à Trois-Rivières où elle s’est formée et travaille dans le sport. Son prochain défi personnel : la traversée de la Gaspésie à pieds en une semaine.


Pouvez-vous vous présenter ?

Anne-Gaëlle Valmy, 30 ans, entraîneur kinésiologue dans un centre de conditionnement physique Énergie Cardio. Je suis originaire du Tampon, Kaf-malbar du côté de papa et yab du côté de maman, j’ai grandi aux 400 avec un frère et une soeur. Je suis arrivée au Québec en 2007, par le biais de la mobilité étudiante de Ladom (autrefois appelé l’ANT). J’ai posé mes valises à Trois-Rivières, une ville à mi chemin de Montréal et de Québec.

Comment s’est passée votre arrivée ?

Mon premier hiver québécois a été reconnu comme le pire depuis les années 70 ! Des bordées de neige à n’en plus finir, des tempêtes l’une après l’autre… Moi je m’étais préparée dans ma tête, je pensais que c’était normal, je m’attendais à ça… Mes amis québécois m’ont dit que clairement ce n’est pas aussi intense que ça à chaque année !

Qu’avez-vous fait ?

J’ai été admise dans un collège privé où j’ai débuté des études post secondaires en commercialisation de la mode. À cette époque, l’industrie de la mode m’attirait beaucoup. Après trois ans d’études, j’ai obtenu mon DEC (Diplôme d’études collégiales). J’ai été nommé gérante d’un magasin dans lequel je travaillais à temps partiel durant mes études. Je m’occupais surtout de la mise en marché, présentation visuelle, mais aussi du recrutement et de la formation de plusieurs bannières de l’entreprise.

Et ensuite ?

J’ai décidé de reprendre les études en 2015, à 27 ans. Je suis entrée à l’université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) en kinésiologie. M’étant inscrite pour la première fois dans une salle de sport, j’ai eu la piqûre et la passion du conditionnement physique. Ce qui m’a amené à me réorienter. Je suis diplômée depuis juin 2018 et kinésiologue dans la salle de sport que je fréquentais en tant que cliente avant ça !

Je suis une passionnée de sport. Depuis toute petite je pratique la course, l’athlétisme, le handball, le volleyball, la randonnée et la danse. Au Québec j’ai continué le volleyball, la course et les randonnées. Je pratique la musculation et le yoga également. Je ne me suis jamais sentie autant en forme qu’aujourd’hui, j’ai le sentiment de n’avoir pris aucune ride !

Quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Trois-Rivières, c’est un peu la ville à la campagne. Ce n’est pas une grande métropole mais je m’y sens bien. Tout est facilement accessible : épicerie, pharmacie, centres commerciaux. C’est une ville tranquille, à l’image du Tampon. Je n’aime pas l’effervescence des grandes villes, je ne vivrais pas par exemple dans une ville comme Montréal. Pour ceux qui aiment une vie tranquille, c’est une belle ville pour ça. La vie n’est pas chère à Trois-Rivières, les loyers sont très abordables, il y a de l’emploi. Le parc de la Mauricie est proche : on peut y faire des randonnées, camping, baignade, vélo... Les pistes cyclables sont belles, il y a beaucoup de parcs avec des jeux pour enfants. Il y a plusieurs plages pour profiter de l’été et des centres de sports d’hiver pour ceux qui aiment bouger par temps froid. Pas mon style je n’ai jamais fait de ski !

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

Mon expérience de mobilité a été très positive. Je me suis fais des amis québécois très vite. La jeunesse québécoise aime beaucoup faire la fête. Les meilleurs endroits pour rencontrer du monde sont les bars et les boîtes de nuit. Je réside dans une ville qui n’était pas habituée aux vagues d’immigration, contrairement à Montréal par exemple qui est une grande ville multiculturelle. Mais aujourd’hui je constate que la mixité est bien présente dans ma ville. Il ne faut pas avoir peur de s’intégrer, malgré nos différences culturelles. Je parle même québécois maintenant (et quand je rentre en vacances tout le monde trouve ça amusant). Ça fait 11 ans que je suis ici, les Québécois me considèrent comme une Québécoise ayant eu la chance de grandir les pieds dans le sable. Avec les hivers rudes et longs d’ici, ils rêvent tous d’une vie au bord de l’eau et se demandent toujours quelle folie m’a touchée de venir vivre dans le froid !

Avez-vous rencontré des difficultés administratives ?

En ce qui concerne les modalités d’immigration, obtenir ses papiers est assez coûteux. Il vaut mieux être bien préparé et encadré. Personnellement, je n’ai pas eu de difficultés pour obtenir mes papiers même si le processus est long (12 à 16 mois). Je n’ai pas eu non plus de barrière à l’emploi. Ici l’embauche se fait surtout par entrevue et on se fie peu à ce qui est écrit sur un CV.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Je considère que venir de la Réunion est une richesse. Notre culture est riche et on a beaucoup à partager et à transmettre aux autres cultures. Notre force réside dans notre acceptation de l’autre et notre ouverture d’esprit face aux autres cultures et religions ! Je n’ai jamais constaté de discrimination à l’embauche parce que je venais de la Réunion. Les Réunionnais ont la côte ici. Les Québécois aiment notre côté exotique, notre accent et sont fascinés par le fait que nous ayons fait un si long voyage pour venir ici !

Quels sont vos projets ?

Mes projets sont plutôt sportifs : l’an prochain je m’inscris au demi marathon d’Ottawa, mais surtout, j’ai pour objectif la traversée de la Gaspésie (une région du Québec) du 22 au 26 septembre 2018. Je réaliserai un défi de fou : 7 semi marathons en 7 jours, soit 20 km par jour pendant de Carleton-sur-Mer jusqu’à Gaspé, la pointe de la Gaspésie. C’est la raison pour laquelle j’ai créé une campagne de financement participatif pour financer le défi : frais d’inscription, d’hébergement, de transports et matériel (cliquer pour voir).

En tant que kinésiologue je veux amener la population à être plus active. Comme partout en Amérique du Nord, la sédentarité et l’obésité sont des problèmes de santé publique. Je veux participer à l’inversion de cette tendance pour une population plus en santé. Je vais poursuivre mes études en santé sécurité au travail et en nutrition pour élargir mon champ de compétences.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Il y a beaucoup de Réunionnais ici et je suis régulièrement en contact avec eux. Mes amies les plus proches sont réunionnaises, elles résident à Trois-Rivières et à Montréal : Laurianne, Caroline, Cécile, Sarah, Maeva (c’est bien des prénoms réunionnais ça, ici on entend plutôt : Marie-Pier, Marie-Ève, Andréanne, Joannie…) Laurianne est maman d’un beau petit métis : Élyaz mère réunionnaise, père algérien-espagnol. Vive la mixité ! Mon copain, Dave, est originaire du Nouveau-Brunswick. Une des raisons pour lesquelles j’adore la Gaspésie est que je l’ai rencontré lors de mon premier voyage en Gaspésie en 2017. Il était mon voisin de tente !

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

Cari papa (rires). Papa est passionné de cuisine et de pâtisserie, et un fervent défenseur de la cuisine lontan… Passion qu’il m’a transmise. D’ailleurs quand je rentre en vacances, je prends direct 5 kilos. Manger lé tro bon ! Ici j’ai une petite boite souvenir de mes jouets de bébé et d’enfance que je cache dans la garde robe, des paréos pour la plage et ma belle serviette de plage Margouillat Kréol (un must à avoir !).

Qu’est-ce qui pourrait vous convaincre de revenir habiter à la Réunion ?

Gagner au loto ? Non honnêtement, je ne saurais répondre à cette question. Je suis bien ici au Québec, j’aime rentrer en vacances pour retrouver les miens mais y vivre je ne sais pas... Après 11 ans dans un pays à avoir construit ma vie d’adulte (je suis arrivée au Québec quand j’avais 19 ans), il est difficile de s’imaginer retourner à la Réunion. Mais on ne sait pas de quoi sera fait demain !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Le paradis : ici on pense que si on vit les pieds dans le sable, on n’a aucune raison d’être malheureux. Un Réunionnais a participé à Star Académie au Québec et il a été le chouchou de nombreux Québécois. Ils ont une belle image de notre île et ils la découvrent grâce aux beaux reportages sur TV5. À mon arrivée, peu de gens connaissaient la Réunion, maintenant quand je dis que je suis réunionnaise, on me répond souvent : Ha je connais quelqu’un qui vient de la Réunion ! Anecdote : mon copain a hâte de visiter la Réunion. Il a déjà adopté le piment confit, il en mange d’ailleurs plus que moi. Son préféré c’est le piment cabri ! 

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

Je constate l’émergence d’une jeunesse qui veut changer les choses, qui n’a pas froid aux yeux et qui se lance en affaires, osant réaliser ses rêves ! Je suis très optimiste en ce qui concerne l’évolution socio-économique de la Réunion. Je veux dire aux Réunionnais que oui ils sont importants, oui ils sont capables, oui ils faut croire en nos rêves et foncer. Le Réunionnais a tendance à se sous-estimer, mais nous sommes riches de notre culture, riches de notre savoir faire, riches de nos valeurs, il faut les mettre en avant ! Nou lé pas moins bons que les autres !

Le système français est très axé sur la réussite scolaire alors qu’ici au Québec, le parcours technique est valorisé. On pousse davantage les jeunes à avoir un métier qu’à faire de longues études. Les gens se spécialisent pour ne pas avoir à rester longtemps sur les bancs de l’école. Ici les jeunes travaillent très jeunes, à 16-18 ans et il est possible d’avoir un emploi à temps partiel durant ses études. C’est une lacune du système français où en tant qu’étudiant on n’a aucun statut véritable ; on peine à trouver de l’emploi et un soutien financier et social. J’ai eu accès aux prêts et bourses pour financer mes études universitaires grâce à mon statut de résident permanent, c’est une chance énorme ! 

Soutenir Anne-Gaëlle dans son projet : www.kisskissbankbank.com/fr/projects/defi-la-grande-traversee-de-la-gaspesie-7-jours-7-demi-marathons


www.reunionnaisdumonde.com/r/1/Amerique-du-Nord (586 inscrits)

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