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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Raphaël Payet, service civique sur les Hauts-Plateaux

Raphaël Payet, service civique sur les Hauts-Plateaux de Madagascar


Loin du tumulte des villes et des présidentielles 2018, il s’est engagé à 20 ans en Service Civique à l’international, accompagné par France Volontaires et le Département de la Réunion. Sa mission pendant un an : assister en français les étudiants d’une ferme-école de la région d’Antsirabé.


Pouvez-vous vous présenter ?

Raphaël Payet. J’ai 20 ans et je viens du Tampon. J’ai aussi passé une grande partie de ma vie à la Saline, dans l’ouest. J’habite, depuis début 2018, à Antsirabe sur les Hauts-Plateaux de Madagascar. C’est la première fois que je quitte La Réunion pour une aussi « longue période ». Ici, j’effectue une mission de volontariat en Service Civique, grâce à un partenariat entre le Département de La Réunion, l’antenne réunionnaise de France Volontaires et le CNARM. J’interviens en appui à la langue française pour les élèves de la ferme-école de Tombontsoa ainsi que ceux de l’université, jusqu’à la fin de l’année.

Quel a été votre parcours ?

Lorsque j’ai obtenu mon baccalauréat économique et social en 2016, j’avais pour projet de voyager un an à l’étranger avant de m’engager dans les études. Par manque de moyens financiers et de maturité, j’ai renoncé à ce projet afin de m’inscrire, à moitié par défaut, en DUT Gestion des Entreprises et des Administrations à l’IUT de Saint-Pierre. J’ai arrêté moins de six mois plus tard... Me cherchant à nouveau, j’ai décidé de travailler afin de pouvoir voyager en Afrique du Sud en attendant la rentrée suivante. Suite à des soucis de santé parvenus là-bas, j’ai commencé la classe préparatoire Lettres et Sciences Sociales, dans laquelle je m’étais inscrit pour la rentrée 2017, avec deux semaines de retard et une grosse fatigue physique. Je n’ai pu tenir le rythme intense qu’un seul mois avant d’arrêter à nouveau. C’est sûrement ce deuxième « échec » qui a forgé ma volonté de m’engager à l’étranger. J’avais envie de tourner la page des études à La Réunion, avec un besoin profond de sauter la mer pour de bon. Et c’est là que cette mission de volontariat à Madagascar est venue à moi…

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet d’engagement en Service Civique à l’international ?

Ayant toujours vécu sur notre petite île, j’avais besoin de me découvrir et de m’expérimenter ailleurs. De plus j’ai toujours eu au fond de moi ce rêve de donner de ma personne pour une cause solidaire. J’ai tout de suite sauté sur l’occasion le jour où j’ai vu, dans un journal local, que « La Réunion envoie 10 jeunes de 18 à 25 ans à l’étranger ». C’était le rêve pour moi de pouvoir vivre une telle expérience, dans un cadre comme celui que propose le Département de la Réunion et France Volontaires. Je savais que cela allait être enrichissant sur le plan personnel et que j’allais très certainement acquérir de belles compétences professionnelles par la même occasion. Les entretiens passés, après avoir réalisé la chance que j’ai de faire partie d’une telle aventure, nous avons eu, avec les autres futurs volontaires, une grosse phase de préparation. Et puis c’était parti… en route pour la découverte !

En quoi consiste votre mission ?

J’ai été affecté dans la ferme-école de Tombontsoa. C’est un établissement constitué d’un lycée et d’une université agricole, de deux formations professionnelles ainsi que d’un pôle production où les élèves mettent en pratique leurs connaissances. J’y anime des ateliers en français pour les étudiants du lycée et de l’université.

Les ateliers, mis en place avec les élèves, sont de bons moyens pédagogiques, souvent très ludiques, dont l’objectif est d’échanger ensemble autour de différentes thématiques, en utilisant divers supports tels que les jeux, les activités théâtrales, les débats, le dessin, etc. Je suis également chargé de créer une bibliothèque pour cet établissement afin de permettre aux élèves d’avoir enfin accès à des ressources en français (ludiques, classiques mais aussi techniques et académiques). Car il faut savoir que ces derniers passent tous leurs examens officiels dans la langue de Molière.

Durant les vacances scolaires, lorsque les élèves ne sont pas là, je travaille à l’Alliance Française d’Antsirabe. J’y effectue différentes tâches comme celle d’animer des petits ateliers en français, d’aider les professeurs de français avec des cours de différents niveaux et tranches d’âges, ou encore d’assister la chargée de communication de l’Alliance, branche que j’affectionne particulièrement maintenant.

Quel est votre regard sur la région et ses habitants ?

Madagascar est un pays aussi magnifique qu’intéressant ! Le décor, les habitants et les coutumes varient énormément en fonction d’où l’on se trouve : sur les hauts plateaux, sur les côtes, au nord ou au sud par exemple. Je n’ai pas eu suffisamment le temps de voyager pour découvrir toutes les parties de cette île immense. Ici, j’affectionne particulièrement la simplicité et l’hospitalité du peuple malagasy, et les paysages splendides ! Néanmoins, j’ai l’impression qu’un an ça reste trop court pour pouvoir réellement comprendre les fondements du pays et de ses habitants. J’espère pouvoir y revenir un jour plus longuement afin d’y vivre une expérience encore plus authentique et profonde !

Quel est votre souvenir le plus fort ?

J’ai vécu ici de merveilleux moments, que ce soit avec des amis « vazaha » (étrangers), au travail ou avec des locaux. Une grande et belle humanité émane bien souvent de ces instants uniques, chose qu’on a de plus en plus de mal à trouver dans notre quotidien occidental selon moi. Mais je ne pourrais pas dire pour autant que c’est dans ces beaux moments que se trouve mon souvenir le plus fort car malheureusement, le mal marque bien plus l’esprit que le bien et la misère reste présente à Madagascar.

Je préférerais vous évoquer un souvenir, même si ce n’est pas forcément le plus fort, qui selon moi, montre les valeurs authentiques du volontariat à l’étranger. Et je pense que l’action solidaire qu’on a organisée à Tombontsoa, avec l’Espace Volontariat de Madagascar lors de la Rencontre Annuelle des Volontaires Internationaux en avril dernier, en est un bon exemple. Grâce à un partenariat avec l’entreprise locale Gasy’Grow, nous avons pu récolter suffisamment d’engrais biologique pour réaliser des parcelles expérimentales de plantation d’avoines, avec d’un côté le produit obtenu et de l’autre, l’engrais traditionnel, à savoir un mélange majoritairement composé d’excréments de zébus ou autres.

Pour moi cette matinée illustre à merveille l’esprit et l’engagement volontaire : la plupart d’entre nous étaient assez réticents au début quant au fait de devoir marcher dans des excréments dès le réveil un dimanche matin mais finalement, moins de cinq minutes plus tard, on était tous complètement dedans, pieds nus, à répartir les engrais et semer les graines. Certains élèves et étudiants, présents à ce moment-là pour nous montrer comment faire, étaient eux aussi « morts de rire » à l’image d’une cinquantaine de « vazaha » plus sales les uns que les autres. Pour moi c’est ça le volontariat : offrir aux autres de son temps et de son énergie dans l’optique de réaliser une bonne action, aussi moindre soit-elle, tout en partageant de bons souvenirs avec des locaux ou des collègues !

Quels sont vos projets post-volontariat ?

Dans un premier temps, je compte bien profiter des fêtes de fin d’année avec ma famille et mes amis à La Réunion ! C’est ce qui manque lorsqu’on se trouve en mission à l’étranger… Pour ce qui est de mon projet professionnel, je vais bientôt commencer la formation DAEFLE (Diplôme d’Aptitude d’Enseignement du Français Langue Etrangère) : une formation en ligne délivrée par l’Alliance Française de Paris. Une fois validée, cette formation peut offrir de multiples avantages, comme celui de pouvoir postuler directement en Alliance Française en tant que professeur de FLE (Français Langue Etrangère) ou encore de pouvoir s’inscrire en Master de FLE, également faisable à distance. Ayant aussi comme objectif à terme de travailler dans la coopération, dans la culture et/ou le développement, j’espère également pouvoir me spécialiser par la suite, pourquoi pas en faisant un autre master dans la gestion de projets d’un de ces domaines.

Conseillerez-vous le service civique à l’international ?

Je le recommande à chaque jeune ! Avec ou sans diplôme, il suffit d’une bonne dose de motivation et d’un certain goût pour l’aventure et la découverte. Quoi de mieux que de pouvoir développer de nouvelles compétences, d’évoluer sur un volet personnel, tout en découvrant un nouveau pays, une nouvelle culture et en plus, de faire des rencontres si belles et diverses ? Ce type d’expérience à l’étranger est une étape qu’aucun jeune ne devrait rater, selon moi. Tellement de jeunes « malagasy » rêvent d’une telle opportunité. On ne s’en rend pas toujours compte de la chance qu’on a. C’est dommage !


Voir : LES OFFRES DE MISSION FRANCE VOLONTAIRE DANS L’OCEAN INDIEN

Basé sur l’île, France Volontaires propose toute l’année des missions indemnisées de 12 à 24 mois en Afrique Australe et dans l’Océan Indien. Plus de 40 Volontaires de Solidarité Internationale originaires de La Réunion sont en permanence en mission dans des pays de la zone, en appui à des structures locales œuvrant pour la coopération régionale. Sur quels postes, dans quels pays et comment postuler ? Cliquez ici pour en savoir plus : De la Réunion, France Volontaires recrute toute l’année pour l’océan Indien

D’autres infos et portraits de Volontaires réunionnais dans l’océan Indien / La page Facebook

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