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Claire Dijoux, 31 ans, coordinatrice d’ONG en Jordanie


Après des études en Sciences Politiques et un 3e cycle en Relations Internationales, le besoin de construire une expérience professionnelle et de faire des voyages amène Claire à travailler pour diverses ONG et associations en Amérique du Sud, en France et en Inde. Elle vit actuellement au Moyen Orient, en Jordanie, où elle a rejoint son compagnon, un actuaire irlandais qui lance un projet de micro-assurance santé avec une ONG jordanienne. De son côté, Claire cherche un poste dans lequel elle pourrait s’investir et s’épanouir.


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Claire Dijoux
Au bord de la Mer Morte en Jordanie

D’où êtes-vous à la Réunion ?

Née dans l’Est, j’ai grandi surtout à Bras-Panon, dans une petite famille réunionnaise ni « gros zozo » ni « ti pitié », qui a ses racines dans le Sud.

Dans quelles conditions avez-vous quitté l’île ?

Sans trop réfléchir au déchirement que représentait le « départ », c’est immédiatement après le Bac que j’ai quitté La Réunion, afin de poursuivre mes études. Indécise jusqu’au Bac sur ce que je souhaitais faire, j’avais gardé plusieurs « options » ; je me suis finalement décidée à partir en métropole pour m’inscrire à l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

J’avais une peur terrible de l’échec, et j’étais persuadée que je ne ferais pas long feu en métropole. Alors je suis partie qu’avec quelques petits souvenirs : des photos, un nécessaire de couture, du combava, un livre de cuisine, un peu de musique… Au fil des années, et à la suite de plusieurs déménagements et départs à l’étranger, les objets souvenirs réunionnais se sont raréfiés ! Mais j’ai toujours avec moi de la musique et un petit pendentif en argent. Et heureusement, de temps en temps quelques visites ou colis permettent de refaire le plein de achards, café vanille ou autres délices qui finissent par manquer !

Quel a été votre parcours ?

Je suis restée trois ans à Aix-en-Provence, le temps d’obtenir mon premier diplôme. Comme beaucoup de ceux qui partent, surtout quand on fait les valises à 18 ans à peine, la première année a été difficile. Il fallait s’habituer à l’ambiance particulière d’une grande école, gérer la distance et les coups de blues à un moment où le téléphone coûtait encore très cher et où l’internet commençait tout juste. Pendant toute une année, c’était 20 minutes au téléphone avec la Réunion et une lettre à la famille chaque semaine ! Un autre temps !

Et ensuite ?

Puis sont venus Bordeaux et Londres, où j’ai obtenu mes diplômes de 3e cycle. Londres a ouvert la boîte de Pandore : le besoin de nouveaux horizons ! Pour les études ou pour des raisons professionnelles, pour quelques mois ou quelques années… J’ai trimballé mes sacs et mes valises à San Francisco, New York, en Australie, en Amérique Latine, à Strasbourg, à Lyon, en Inde… Partie en Amérique Latine pour trois mois initialement, j’ai eu un coup de cœur et je suis restée près d’un an et demi en tant que volontaire pour une ONG locale. J’ai eu la chance de pouvoir nourrir cette vocation par la suite, et d’avoir plusieurs vies toujours dans le secteur du développement social : auprès de demandeurs d’asile, réfugiés et migrants en France, ou encore auprès de familles et d’enfants de bidonvilles en Inde. Le tout ponctué de quelques retours dans l’île natale, pour reprendre du souffle !

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

Ces 13 dernières années loin de La Réunion m’ont ouvert beaucoup d’horizons. Bien sûr, ça a été l’occasion de compléter des études solides et d’intégrer un environnement universitaire stimulant. Mais surtout, j’ai pu avoir des opportunités et des rencontres que je n’aurais jamais pensé faire. On quitte toujours La Réunion avec un petit complexe d’infériorité ! Alors avoir le choix de réaliser ses ambitions permet d’acquérir plus de confiance et d’ouverture sur le monde.

Quels sont vos projets ?

J’aimerais continuer à travailler dans le développement social, avec des ONG, au cours des prochaines années. Les expériences sont riches, et un pays ne se laisse vraiment découvrir que si on lui donne du temps. Le retour en Europe viendra sans doute après, pour me poser et être plus proche des amis, de la famille, et des opportunités professionnelles.

Et la Réunion ?

Je n’ai jamais encore envisagé sérieusement un retour à La Réunion, tout simplement par pessimisme concernant la diversité des opportunités sur le marché de l’emploi et parce que l’envie est encore forte de continuer à découvrir le monde. J’ai cependant la certitude que le besoin de « retour » se fera sentir un jour. Question de racines, d’identité et de souvenirs !

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

La famille et la cuisine ! Sans réfléchir et sans doutes. Le créole. Les pique-niques du dimanche. La musique. La rando... et le sentiment rassurant d’être incontestablement chez soi !

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Dire que l’on est de la Réunion attire toujours la curiosité, ce qui facilite beaucoup le lien, surtout quand on bouge souvent ! Il faut expliquer, décrire, raconter… et accepter que la grande majorité des personnes que l’on rencontre n’aient jamais entendu parler de ce petit coin de terre ! D’un point de vue professionnel, j’ai toujours mis de côté mon origine. J’en suis fière, mais ce sont les compétences qui doivent primer. C’est parfois un inconvénient de se reconstruire ailleurs, de se refaire un réseau professionnel, mais ce n’est pas le fait d’être Réunionnais ou pas qui influe, c’est tout simplement le fait de « ne pas être du coin ».

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Malheureusement, en dehors des villes de métropole où j’ai étudié ou travaillé, La Réunion reste très peu connue. Deux mots suffisent à résumer ce que les gens peuvent en penser : « colonie paradisiaque » ! Le concept de territoires outre-mer est peu compris et comme le biais le plus simple pour situer l’île est de rappeler qu’elle est voisine de l’île Maurice, l’interlocuteur imagine tout de suite un paradis. Il faut toujours garder la patience d’expliquer les spécificités et les richesses de l’île. Etre un ambassadeur au quotidien, en quelque sorte…

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Je vis depuis quelques mois en Jordanie. Un vrai dépaysement ! L’Amérique du Sud et l’Inde avaient été des expériences d’expatriation très « confortables » car je retrouvais beaucoup de choses qui me rappelaient la Réunion et me donnaient un sentiment de familiarité : des visages, le métissage, la vie de famille, les marchés, quelques paysages… Le Moyen Orient me demande plus d’efforts ! La Jordanie est un petit Royaume (à peine 6 millions d’habitants) coincé entre l’Iraq, Israël, la Syrie et l’Arabie Saoudite. Mais contrairement à beaucoup de ses voisins du Golfe, ce n’est pas un pays riche de ressources naturelles ou pétrolières. Alors cela donne l’impression que l’avenir est toujours une hypothèque. Le pays se force à se construire une image et une identité économique et reste encore dépendant des investissements étrangers pour ce faire. L’autre grand défi, c’est que la Jordanie abrite près de 1.5 millions de réfugiés (palestiniens et irakiens), ce qui la place toujours au cœur des conflits qui se succèdent dans la région. Habiter ici, c’est un peu comme observer l’autre côté du miroir, et d’appréhender un peu mieux l’Histoire complexe de cette région. De brefs séjours en Syrie et au Liban dans les derniers mois m’ont apporté encore plus dans cette découverte du monde arabe.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Difficile question car je ne suis pas du tout donneuse de conseils… Il faut sans doute être un peu plus confiant, et chercher les opportunités, même si elles sont pour un temps « loin de la maison ». Comprendre et ne pas renier ce qui nous relie non seulement à la France métropolitaine, mais aussi à notre environnement géographique plus proche, l’Afrique australe et l’Asie du Sud. Je suis toujours heureuse de lire que des Réunionnais font leur preuve au Québec, en Chine, en Inde, ou ailleurs. C’est une richesse qui un jour reviendra au pays !

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

Professionnel, utile, bien illustré et bien documenté !

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