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Accueil > Journal > Portraits & interviews > Bastien Picot, chanteur réunionnais en métropole

Bastien Picot, chanteur réunionnais en métropole


Titulaire d’un diplôme de musique du CIAM, Bastien a accompagné Stevie Wonder et plus récemment Ben L’Oncle Soul lors de sa tournée réunionnaise. A 26 ans, il a travaille sur un album World (maloya métisse) avec son ami Jérôme Calciné. Témoin d’une évolution, pour lui "le Maloya est de plus en plus connu et respecté en métropole, considéré dans le milieu musical comme une musique unique et extrêmement riche, surtout rythmiquement !"


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Bastien Picot
Première partie de Ben l’Oncle Soul.

Racontez-nous votre parcours.

J’ai grandi au Tampon, au 14ème KM. J’ai décidé de quitter l’île juste après mon bac. Je voulais découvrir autre chose, voir « sak néna déor ». Je suis donc parti faire mes études d’anglais en Métropole, deux ans à Paris puis je suis descendu dans le sud à Montpellier pour une année de LEA Anglais-Espagnol… avant de prendre le virage qui a changé ma vie en décidant de faire de la musique et de me former pour en faire mon métier.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Je me souviens avoir emmené tous mes albums photos, et le kit de survie pour tout créole gourmand et gourmet qui "déssote la mer" : saucisses fumées, boucané, massalé, le fameux Punch de ma mémé et un pot de piment cabris !

Qu’avez-vous fait ensuite ?

Après les études de langues, je me suis installé à Bordeaux pour suivre une formation professionnelle au CIAM (Ecole de musique), aidé par l’ANT et la Région Réunion. Après trois années de formation intensive en Jazz, Musiques Actuelles, technique vocale et pédagogie, je suis devenu professeur de chant au CIAM et dans deux autres établissements en Aquitaine, où j’ai notamment dirigé la chorale gospel. Parallèlement, j’ai continué à composer et à faire des concerts avec plusieurs groupes aux esthétiques variées : du Funk, au Jazz, en passant par le Gospel, la Soul et le Maloya bien sûr !

Vous n’avez jamais délaissé la musique réunionnaise.

Avec des amis de la Réunion qui ont aussi suivi la formation au CIAM, nous avons monté une association, MargOya, pour promouvoir la culture réunionnaise et nous avons organisé des concerts. Ainsi, nous nous sommes très vite retrouvés au four et au moulin : artistes mais aussi organisateurs de spectacle, passant de la scène à l’envers du décor… Je suis devenu coordinateur pour la ville de Bordeaux d’une des plus grosses boites d’événementiel en Europe : Gospel Event.

Et ensuite ?

Plusieurs projets musicaux m’ont ensuite amené à quitter Bordeaux pour Montpellier. J’ai là-bas eu l’opportunité de faire des chœurs pour Stevie Wonder avec le collectif Gospel 4 U pour trois dates exceptionnelles qui resteront à jamais gravées dans ma mémoire ! J’ai également continué à me perfectionner dans l’enseignement du chant en me formant à Speech Level Singing (SLS), une technique américaine reconnue. Je suis récemment devenu le troisième professeur représentant officiellement SLS en France.

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Bastien Picot
"Sur scène avec Stevie Wonder dans les Arênes de Nîmes. Un grand moment !"

Quels sont vos projets ?

Aujourd’hui, je poursuis une carrière de chanteur professionnel, auteur-compositeur interprète et professeur de technique vocale. Je travaille sur un album World (maloya métisse) avec Jérôme Calciné où se mêlent nos compositions : un projet qui prend naissance à la Réunion. Mais nous espèrons réellement pouvoir l’exporter un maximum afin de promouvoir, à notre façon, la Réunion, notre musique, notre culture et l’importance du métissage qui fait notre force ! J’avance également sur mes compositions plutôt Soul & Pop en Métropole afin de sortir un EP ou un album cette année même. Parallèlement, je continue à chanter au sein des groupes qui me tiennent à cœur, comme les 3someSisters (Jazz déjanté) ou encore Sankofa (Gospel) pour ne citer qu’eux… Et je continue à donner des cours de chant !

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

La mobilité a été plus que bénéfique. Il faut parfois quitter son nid pour se rendre compte à quel point il est beau, unique et important ! La mobilité m’a permis de vivre des choses que je n’aurais jamais pu vivre si je n’étais pas parti, comme me retrouver sur scène avec Stevie Wonder, faire des chœurs en studio avec Voices of Praise pour Cunnie Williams, être choisi pour représenter le CIAM au Texas pour un échange Franco-Américain autour du Jazz, pouvoir facilement aller à Manchester pour un stage de technique vocale… Toutes ces choses se sont réalisées avec du travail, sûrement une bonne dose de chance, mais aussi et surtout parce que la Métropole est un territoire plus vaste, un carrefour européen et mondial non négligeable pour la musique et tant d’autres choses !

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Je crois que je vais être un peu cliché, mais presque TOUT me manque ! Je parle de la Réunion tous les jours, qu’il s’agisse de musique, de cuisine, de manières, de culture, de météo, de relations avec les gens… Je suis assez nostalgique, et même si je rentre régulièrement, dès que je quitte mon île, je ne rêve que d’une chose : y revenir le plus tôt possible. Mais je sais que de belles aventures m’attendent ailleurs, alors je prends mon mal en patience et j’essaie de profiter à fond des avantages qu’il y a ici.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Les choses bougent de plus en plus à la Réunion, et chaque fois que je reviens j’ai l’impression que quelque chose d’énorme va arriver, mettant l’île en haut de l’affiche, en évitant l’affiche du chômage où nous sommes en tête de liste d’un point de vue Européen ! Mais j’ai l’impression que ce qui bloque, c’est nous même. Nous nous vendons très mal, car nous avons toujours ce sentiment d’infériorité face aux autres…

Avez-vous également ressenti cela dans la musique ?

Pour parler du milieu artistique, je trouve qu’il y a un manque cruel de solidarité. La solidarité entre artistes évolue bien, mais le public ne suit pas, et c’est bien dommage ! Les Réunionnais ne misent pas sur les talents locaux et la musique locale. J’ai l’impression qu’on a une sorte de « fierté à l’envers ». Je m’explique avec cet exemple simple : quand on revient sur la carrière de Davy Sicard, peu de gens le connaissaient ou le considéraient à la Réunion, malgré son travail acharné et son talent indéniable. Il a suffi qu’il signe sur une Major et qu’il commence à se faire un nom en Métropole pour que tous les Réunionnais lui donnent du crédit, prennent le temps de l’écouter. Depuis, la Réunion est fière de lui et il fait salle comble.

"Le milieu artistique réunionnais manque de solidarité"

Idem pour Manu Payet, par exemple… C’est juste malheureux qu’il faille être « connu » ailleurs pour que la Réunion s’attarde sur ses talents. Soutenir un artiste une fois qu’il est reconnu, c’est facile. Porter plus d’attention aux artistes extraordinaires qu’il y a à la Réunion et les soutenir sur place, pour les porter plus loin, c’est à mon avis le défi à relever !
On ne se rend pas compte de ce qu’on a à la Réunion, on trouve toujours que « sak néna dehors lé méyeur » et c’est là notre faiblesse !

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Dans mon métier, venir de la Réunion a toujours été un avantage. Cela fait tout de suite exotique et ça amorce souvent la discussion, c’est le genre de choses qui interpellent les gens. De plus avec notre culture musicale, maitriser le 6/8, le maloya, c’est toujours un plus et ça m’a ouvert pas mal de portes.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Je travaille avec beaucoup de Réunionnais, certains rencontrés en Métropole, d’autres que je connaissais déjà ! J’ai aussi beaucoup d’amis non-musiciens dispatchés à travers l’hexagone. On essaie de se retrouver le plus souvent possible autour d’un bon carry.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Contre toutes attentes, je rencontre aujourd’hui des gens qui ont toujours des préjugés sur la Réunion. Beaucoup de personnes nous associent aux Antilles, ils présument que nous sommes tous noirs et que nous faisons du zouk. Ils sont surpris de voir des créoles blancs, chinois, indiens, etc., sans que cela représente une exception ou une minorité. Et quand on leur explique que notre tradition musicale n’est pas le Zouk, mais le Maloya et le Séga, ils écarquillent les yeux comme s’ils n’avaient jamais entendu ces mots « exotiques ». Mais les choses changent, et dans le milieu musical par exemple, le Maloya est de plus en plus « connu », respecté, et il est considéré, même par les plus grands, comme étant une musique unique et extrêmement riche, surtout rythmiquement !

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Je dois avouer qu’en ce qui concerne la qualité de vie, je ne suis pas le plus grand fan de Paris, même si artistiquement, c’est une ville en perpétuelle ébullition. Mais vu que je bouge beaucoup en Métropole, j’ai pu visiter pas mal de coins géniaux. Mon coup de cœur reste Montpellier et sa région. C’est une ville où il fait bon vivre, une ville dynamique dans une magnifique région ! On y trouve beaucoup d’étudiants venant d’un peu partout, beaucoup de créoles, une vie culturelle riche, avec la mer pas trop loin… Les gens là-bas sont plus ouverts, plus sympas en règle générale. Je pense que c’est parce que Montpellier est une ville à taille humaine : ni trop grande, ni trop petite, et il faut avouer que le soleil (même en hiver !) joue son rôle aussi.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Je conseillerais à tous les jeunes de bouger pendant qu’ils en ont l’opportunité. Il n’y a pas mieux pour ouvrir les yeux sur le monde, ouvrir les yeux sur la Réunion… et sur soi ! Le voyage est formateur, qu’il soit réussi ou non, alors il ne faut pas hésiter. Quoi qu’il arrive, on est gagnant et on revient plus fort après être parti. Et c’est toujours plus appréciable d’avoir un point de vue intérieur ET extérieur !

Y-a-t-il plusieurs types de mobilité ?

Parfois il faut partir pour atteindre ses objectifs et concrétiser ses rêves, parfois juste pour découvrir autre chose, se construire. Dans tous les cas, on relativise, on réalise encore plus l’amour qu’on a pour son île, et on devient plus ouvert et plus compétent. C’est ce que je pense. Alors bien évidemment mon conseil c’est : allez-y, car il y a des belles surprises qui vous attendent !

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

Ce site est génial, vraiment, à tout point de vue. Keep up the good work ! J’ai une annonce à faire (sait-on jamais) : je cherche un appartement ou une chambre dans une coloc bien située dans Paris intra-muros. Je sais qu’il n’y a rien de mieux que le bouche à oreille, alors voilà. Si zot i koné in bon plan, ou in dalon du dalon de la matante a in dalon, hésites pas… Merci d’avance !

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