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Corinne Narassiguin, candidate socialiste à l’élection législative 2012 (Amérique du Nord)


Conseillère élue à l’Assemblée des Français de l’Etranger, installée à New-York depuis 12 ans, Corinne Narassiguin brigue le poste de député de la circonscription d’Amérique du Nord, où elle pourrait affronter la ministre de l’économie Christine Lagarde. A 36 ans, cette spécialiste de la gestion du risque technologique et opérationnel dans une banque new-yorkaise (Citigroup) est diplômée de Telecom Sud Paris et de University College London. Elle l’affirme, "grandir à la Réunion a peut-être été ma meilleure préparation à une vie de mobilité internationale. La diversité culturelle et le métissage réunionnais m’ont donné les atouts dont j’avais besoin pour m’adapter partout".


Corinne Narassiguin

Lire aussi : Corinne Narassiguin élue Député des Français d’Amérique du Nord


Racontez-nous votre parcours.

Je suis Saint-Pauloise, plus exactement de La Plaine Bois de Nèfles. Je suis allée à l’école primaire de l’Etang Saint-Paul où mes parents étaient instituteurs (ils sont maintenant à la retraite), puis au collège de Saint-Paul et au Lycée de Plateau Caillou. J’ai quitté la Réunion après le bac à 17 ans pour faire Math Sup à Versailles. J’ai toujours su que je devrais quitter l’île pour mes études car je voulais faire une école d’ingénieur.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Mes deux premières années d’étudiante (en classes prépa), je vivais en internat et je partageais ma chambre. Je n’avais donc apporté avec moi que de très belles photos grand format façon "Ile Spectacle". Mais j’attendais (et mes camarades de classe aussi) avec toujours beaucoup d’impatience les colis de mes parents pleins de confiture papaye, gelée de goyavier, pâtés créoles... Plus tard, lorsque je me suis installée à Paris pour y travailler, j’ai rapporté des marmites en fonte bien de chez nous, et un pilon artisanal en roche volcanique (avec un calou ramassé sur la plage de la baie de Saint-Paul). Je m’en sers toujours jusqu’à maintenant à New York.

Quel a été votre parcours (arrivée, anecdotes, étapes) ?

Les deux années de prépa à Versailles ont été le plus grand choc culturel de ma vie. Je me suis tout d’un coup aperçue que j’étais reconnue pour mon apparence exotique, alors que jusque là je ne m’étais pas posée la question de ma "différence visible" puisqu’à la Réunion il n’y a rien de plus banal que d’être métisse. Ceci dit je me suis tout de même bien intégrée à ma façon, même si je découvrais toujours avec surprise des milieux sociaux qui m’étaient complètement étrangers et qui me semblaient faire partie d’une réalité alternative : des jeunes qui s’inquiétaient de savoir de quel siècle datait la particule du nom de leur voisin, et même certains qui étaient monarchistes !

Et ensuite ?

En école d’ingénieur à Evry, j’ai plus eu l’impression de me retrouver dans un environnement avec une diversité sociale et culturelle normale (et bienvenue !). Pendant ce cursus, j’ai passé deux mois en Australie pour un stage. Cela a renforcé mon envie de faire une partie de ma carrière professionnelle à l’étranger, et de préférence dans un pays anglophone. J’ai donc décidé d’effectuer ma dernière année d’école d’ingénieur en échange Erasmus à Londres.

Comment cela s’est-il passé ?

J’ai adoré le côté international de cette ville, même si j’étais moins emballée par la météo... J’ai eu l’occasion cette année-là de passer quelques jours de vacances à New York, et je me suis tout de suite dit que c’était une ville où j’aimerais vivre. J’ai tout de même commencé par chercher un travail à Paris, et j’y suis restée un an et demi. Mais à la première opportunité, je suis partie à New York.

Corinne Narassiguin

Qu’est-ce qui vous plaît à New-York ?

J’aime le dynamisme et l’énergie de New York, et sa population internationale. Contrairement aux idées reçues, les New Yorkais sont accueillants et souvent de meilleure humeur que les Parisiens !
Je reste fascinée par les Etats-Unis. Non seulement c’est un pays magnifique d’une exceptionnelle diversité géographique, mais c’est aussi un pays toujours capable de surprendre, par le meilleur comme par le pire, et parfois les deux en même temps.

Quels sont vos projets ?

Je continue bien sûr pour l’instant ma carrière professionnelle à New York, mais je suis de plus en plus engagée en politique, au Parti Socialiste français depuis 2000. Mon plus grand projet actuellement est ma candidature à l’élection législative de 2012 en Amérique du Nord. Si mes concitoyens des Etats-Unis et du Canada me font l’honneur de m’envoyer à l’Assemblée Nationale l’année prochaine, je quitterai sans hésitation mon emploi actuel dans le privé américain pour me consacrer à mon mandat de députée.

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

Sans aucun doute une plus grande ouverture d’esprit, une plus grande capacité de tolérance, et la reconnaissance que la nature humaine est la même partout, quelles que soient les différences culturelles. Vivre à l’étranger renforce mon attachement à mon identité française et réunionnaise, tout en faisant de moi une citoyenne du monde.

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Ma famille bien sûr. Internet réduit les distances et j’assume mon choix de vivre loin, mais ça n’empêche pas le regret de ne pas pouvoir être présente à tous les événements qui marquent la vie d’une famille. J’ai toujours aussi beaucoup aimé les randonnées sur les sentiers réunionnais et les pique-niques créoles. Y penser me donne parfois le mal du pays. J’ai la chance de vivre dans une ville internationale où j’arrive à trouver presque tous les ingrédients dont j’ai besoin pour cuisiner réunionnais, mais ma mère me garde toujours un nid de guêpes au congélateur pour mes prochaines vacances à la Réunion !

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

C’est une situation très difficile malgré l’inventivité et le dynamisme des réunionnais. Le chômage des jeunes est catastrophique et le nombre de RMIstes beaucoup trop important. Il faudrait un bien meilleur accompagnement des jeunes qui veulent monter leur entreprise et créer des emplois locaux, une formation professionnelle mieux adaptée aux besoins du marché du travail local. Il faut sans doute aussi réfléchir aux moyens d’aider les jeunes Réunionnais qui ont fait des études en métropole ou à l’étranger et qui ont envie de rentrer à la Réunion avec un projet professionnel.
Mais je suis consciente aussi que les Réunionnais ont parfois trop de tolérance vis-à-vis du travail au noir, qui augmente artificiellement le taux de chômage et le gaspillage de l’Etat en aides sociales. Ce n’est bon ni pour l’économie réunionnaise, ni pour les fraudeurs qui ne cotisent à rien et ne bénéficieront donc pas de retraite pour les années travaillées au noir.

Corinne Narassiguin

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Grandir à la Réunion est peut-être la meilleure préparation à une vie de mobilité internationale. La diversité culturelle et le métissage réunionnais m’ont donné les atouts dont j’avais besoin pour m’adapter facilement partout. Je n’ai pas l’impression qu’être réunionnaise ait jamais été un inconvénient dans mon parcours professionnel, mis à part d’un point de vue personnel où il a fallu accepter de partir loin de mon île pour réaliser mes projets.

Aujourd’hui avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Essentiellement avec des amis et des connaissances de mon enfance et de mon adolescence avec qui je suis restée en contact. Aux Etats-Unis pour l’instant il n’y a pas de groupements organisés de Réunionnais, il n’est donc pas évident d’en rencontrer si ce n’est pas hasard. L’internet et les réseaux sociaux commencent à combler ce manque. Il semble que les Réunionnais sont mieux organisés (et sans doute plus nombreux) au Québec. J’espère avoir l’occasion de rencontrer leurs associations lors de mes futurs voyages là-bas.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Pas grand monde ne connaît la Réunion à New York, mis à part les passionnés de surf ou de volcanologie... Récemment la classification au patrimoine mondial par l’Unesco a augmenté la visibilité de l’île, mais uniquement auprès de ceux qui s’intéressent beaucoup à la randonnée et au tourisme vert. L’île est trop loin des Etats-Unis pour rester longtemps dans l’imagination des New Yorkais, même si l’année dernière, deux restaurateurs américains et surfeurs ont ouvert un bar qui porte le nom de notre île, avec une publicité pour la Dodo sur un mur, des rhums arrangés et "Le" sandwich américain bouchons frites gratiné en vedette du menu !

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Apprenez des langues étrangères, saisissez les opportunités d’échanges internationaux et de stages à l’étranger pendant vos études. Que vous ayez ou non l’intention de vivre la majeure partie de votre vie à la Réunion, la mobilité internationale est un enrichissement personnel et professionnel.
Comme je le disais plus haut, la culture réunionnaise nous donne souvent l’ouverture d’esprit nécessaire pour s’adapter partout, à condition d’être prêt à saisir les opportunités en laissant ses complexes au vestiaire !

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

C’est une excellente initiative ! Les Réunionnais n’ont pas le réflexe de se regrouper systématiquement en associations comme par exemple les Antillais. Ce format de réseau social correspond probablement mieux à la façon plus informelle qu’ont les Réunionnais de rester en contact ou de trouver de nouveaux contacts.

Lire aussi :

- Législatives 2012 : une candidate réunionnaise au siège de Député d’Amérique du Nord
- Corinne Narassiguin, spécialiste de la gestion du risque technologique New-York
- Voir le profil de Corinne Narassiguin


Corinne Narassiguin est membre du Parti socialiste depuis 2000, secrétaire de la section de New York de 2003 à 2010, membre du Conseil Fédéral depuis 2005 et membre du Bureau Fédéral de 2005 à 2008 (en charge des questions internationales). Elle est membre du bureau de l’association Français du Monde - ADFE à New York.

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