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Cécile Fock-Chow-Tho, archéologue médiéviste pour la mairie de Cahors


Originaire de la Rivière Saint-Louis, Cécile a quitté l’île après le bac pour suivre des études d’archéologie à Toulouse et à Lyon. A 30 ans, elle occupe le poste d’archéologue médiéviste pour la mairie de Cahors et elle est membre de l’association des Réunionnais de Lozère : Les Pailles en queues lozériens.


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Cécile Fock-Chow-Tho

Racontez-nous votre parcours.

Je viens de La Rivière Saint-Louis. Ma mère était fonctionnaire et mon père sans emploi. J’ai quitté l’île à 18 ans pour faire mes études qui sont très spécialisées : classe prépa à Toulouse puis DEUG d’histoire, licence, maîtrise, DEA d’archéologie à Lyon.

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Un cuiseur à riz, un pilon, une marmite en fonte, quelques CD, des coraux et un bout de lave que je conserve toujours.

Racontez-nous vos débuts en métropole.

Je suis arrivée à Toulouse avec une copine de la Réunion. On était toutes les deux inscrites en prépa dans la même classe, ce qui a été quand même un bon soutien moral. Je me souviens qu’un jour il a neigé, ce qui était exceptionnel pour Toulouse et qu’on est sortie avec mon amie pour sentir et goûter la neige ! Vu le cadre scolaire, je n’ai pas vraiment eu le temps de découvrir la ville, j’étais là pour travailler et le temps est passé rapidement.

Et ensuite ?

A Lyon, je suis allée à la fac où le contexte était très différent. Je me suis retrouvée plus seule et la mentalité des gens m’a vraiment affectée. Ils n’étaient pas « cool » comme à la Réunion, on ne pouvait rien faire sans que ce soit pris comme une agression. J’ai vraiment eu du mal à m’y faire.

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

Ma profession me force à me déplacer souvent et j’ai découvert la France grâce à cela : son patrimoine, ses cultures, les gens... Il y a des coins vraiment sympa où je retrouve aussi un peu de la Réunion. La mobilité m’a aussi conduit à rechercher mes racines et mieux connaître les Réunionnais, leur culture... Finalement partir ailleurs nous force à réfléchir à notre passé et notre culture.

Quels sont vos projets ?

J’aimerais retourner vivre à La Réunion pour que mes futurs enfants puissent bénéficier du métissage et des différentes cultures. Mais vu ma profession, je sais que cela ne sera pas possible. On ira en vacances revoir la famille comme tout le monde.

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

La cuisine ! C’est vraiment quelques chose d’important. Ce n’est pas que le cari et le rougail, ce sont aussi tous les aliments, les ingrédients qu’on trouve difficilement ici, c’est faire le marché le samedi matin et profiter... La mer aussi, ne plus la voir tout le temps et ne plus l’entendre m’a manqué au début.

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Cécile Fock-Chow-Tho
Fouilles archéologiques à Cahors

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Je pense que La Réunion possède de sérieux atouts mais qu’ils ne sont pas exploités comme il le faudrait. Il y a beaucoup de projets de développement et des personnes qui ont les capacités pour faire évoluer les choses mais le manque de soutien financier et la politique globale ankylosent un peu la situation. Malgré le taux important de chômage, il y a quand même pas mal de choses qui bougent et ça fait vraiment plaisir.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la
Réunion dans votre parcours ?

Pour moi, il n’y a pas eu d’influence bonne ou mauvaise. Mon origine surprend souvent mais ne remet pas en cause mes capacités. Les personnes bloquent plus sur mon nom de famille.

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

Je suis restée en contact avec de nombreux Réunionnais notamment grâce à Facebook. Ce sont en général des amis de collège et lycée en plus de la famille. Ici, j’ai connu une Réunionnaise à un club de karaté, depuis on ne s’est pas quittée. On a eu connaissance d’une association de Réunionnais, ce qui nous a permis de rencontrer d’autres personnes. On a repris le bureau de cette association et on tente de faire de nouvelles connaissances au gré de nos manifestations. L’objectif : permettre aux Réunionnais de la Lozère ainsi qu’à leurs amis de se connaître afin de créer une solidarité entre ses membres.

Parlez-nous de cette association, Les Pailles en queues lozériens.

Son premier but est de réunir les Réunionnais isolés ou fraîchement débarqués pour se retrouver autour des traditions créoles : quelques moments de séga, bons caris et ambiances chaleureuses, sans oublier de partager l’amour de notre culture. Les membres participent à diverses manifestations dans le département pour promouvoir la Réunion : festival détours du Monde à Chanac, foire à la bouffe à Saint-Chély-d’Apcher, bal créole, réveillon créole, pique-nique où toutes les personnes intéressées peuvent s’inscrire. Pour garder naut ti tradition créole améne zot marmite des riz et zot cari !

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

C’est une île antillaise ! Voilà le constat navrant de ce que les gens intègrent. Il y a pourtant assez de spots publicitaires et touristiques pour être au courant mais non... Il y a de sacrée lacunes concernant la connaissances des Dom Tom en général. Pour ceux qui y sont allés, c’est différent. Pour eux c’est une île vraiment fantastique et je n’ai jamais eu de mauvais échos excepté au niveau de la pollution et de la saleté (sachets le long des 4 voies et décharges en pleine ravine).

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses
habitants ?

Je vis dans un des départements les moins peuplés de France, où celui qui vient du village voisin est un étranger. Alors une Réunionnaise, c’est une extra-terrestre ! Les lozériens sont très méfiants au début mais au final, ils sont comme tout le monde. Le stade de la peur et de la crainte dépassé, ils sont très sympas. Il est vrai aussi qu’une partie de la population n’est jamais sortie de la Lozère ou de son village et ça ne facilite pas l’ouverture d’esprit, mais les mentalités changent, heureusement !

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Je ne sais pas trop... Essayer de s’intégrer tout en ne perdant pas leur racines de vue. L’arrivée est toujours difficile, de tous les points de vue. Essayer de rester en contact avec des Réunionnais ou des associations permet quand même de tenir bon.

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

C’est une très bonne initiative ! Il permet de se tenir informé et de prendre des contacts.

Le site de l’association Les Pailles en queues lozériens

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