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15 aout 2012 : 65e anniversaire de l’indépendance de l’Inde


Une nation éternelle et spirituelle, terre d’origine insolite de la diaspora indienne outre-mer francophone de l’océan Indien naissait le 15 aout 1947. Hommage au chantre de la non-violence, Gandhi et à l’écrivain indien Tagore !


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Hymne national indien :

Jana-gana-mana-adhinayaka, jaya hé
Bharata-Bhaguya-Vidhata
Punjaba-Sindhou-Goujarata-Maratha
Dravida-Outkala-Banga
Vindhya-Himachala-Yamouna-Ganga
Ouchhala-Jaladhi-Taranga
Tava shoubha namé jagué
Tava shoubha ashisha magué
Gahé tava jaya gatha.
Jana-gana-mangala dayaka, jaya hé
Bharata-Bhaguya-Vidhata
Jaya hé, jaya hé, jaya hé
Jaya, jaya, jaya, jaya hé.

Traduction :

Tu es le souverain des âmes du peuple,
Toi qui diriges le destin de l’Inde !
Ton nom soulève les cœurs
Du Penjab, du Sindh, du Gujarat, du Mahârashtra,
Du Dravida, de l’Orissa et du Bengale !
Il résonne dans les montagnes des Vindhyas et des Himâlayas,
Se fond dans la musique de la Yamouna et du Gange
Et est chanté par les vagues de l’océan Indien !
Ils prient pour avoir ta bénédiction et chantent tes louanges,
Le salut du peuple est dans tes mains !
Tu es le souverain des âmes du peuple,
Tu es celui qui diriges le destin de l’Inde !
Victoire, victoire, victoire à toi.

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Extrait de Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire de Tamim KARIMBHAY : Chapitre VI

Quelques jours plus tard…

En faisant la visite de Hell-Ville à pied, en marchant entre les voitures de toutes formes et de toutes couleurs - qui créent des embouteillages et qui asphyxient les artères de la ville et la rue du Général de Gaulle - l’idée m’est venue d’aller faire un tour, voir la maison, si elle existe encore. La demeure de mon grand-père paternel, je l’ai bien connue. J’avais même des liens familiaux très forts avec lui. Il m’a beaucoup marqué par les preuves d’affection qu’il m’a don-nées dans mon enfance. Il m’a appris à aimer la Vie. Un grand-père, générale-ment, on le connaît dans son enfance. Il avait un grand charisme et je me sou-viens que tout le monde l’écoutait à la maison. Il contrastait par sa sagesse et l’aura qu’il avait, avec les bêtises que je faisais, quand j’étais petit. Il m’a beau-coup appris sur la vie, mon grand-père paternel, Selman-Raja-Chahar Khan ainsi que ma grand-mère Kashmira Gandhi. J’avais appris leurs décès successifs, par l’intermédiaire d’un ami en provenance de Nosy-Bé. J’avais, à l’époque 18 ans à peine, et je venais de commencer mes années Fac. J’avais appris que mon grand-père était décédé à Hell-Ville en septembre 1994 et elle, en mai 1994. Ils ont vécu pauvres mais heureux, dans une grande maison en bois sous-tôle, au 2 rue du Général de Gaulle, si mes souvenirs sont encore bons !

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En m’adressant à Vijay et Kareena, j’ai dit :

« -Selman-Raja-Chahar Khan, mon grand-père paternel, était un illettré dans le sens occidental…car il ne parlait pas français…mais en tant qu’indien britannique, il parlait anglais couramment, écrivait, parlait et lisait les langues gujrati, l’urdu et le hindi, sans oublier qu’il écrivait et lisait l’arabe. C’était un oriental très cultivé et je ne serais certainement jamais devenu professeur si je ne l’avais pas connu…Il a été, pour deux raisons que je vous dirais tout à l’heure, à l’origine de ma passion pour ces nobles matières, que sont l’Histoire et la Littérature. Mon grand-père, c’était un humaniste doté d’une sagesse orientale qui a appris à son unique petit-fils à devenir un intellectuel occidental. Je ne l’oubliai jamais ! Sa mémoire et son esprit de tolérance sont gravés dans mon cœur pour toujours !

-Nous sommes au numéro 2 rue du Général de Gaulle, papa ! Ça y est ! Ça y est ! La maison, elle est où ? de-mandèrent en chœur les enfants.

- Ah, cette maison ! Où est-elle ? Cette maison où j’ai vécu de 1979 à 1983, une enfance dorée ? M’interrogeai-je. Tu sais, cette rue principale, où nous sommes en ce moment, a été baptisée la rue Général de Gaulle, depuis la visite de l’homme du 18 juin à Nosy-Bé en 1959 !

- Juste avant l’indépendance, alors ? me dit Eléonore. »
Entre-temps, j’ai constaté que la maison avait disparu. J’étais tellement déçu. A la place, une grande villa avait été construite. Tout avait disparu, sauf l’essentiel : les marches qui menaient vers la véranda sur laquelle s’ouvrait il y a soixante quatre ans de cela, la boutique de mon grand-père. La maison en tôle et en bois avait connu l’usure du temps. Mes grands-parents y ont vécu de 1952 à 1994. Les marches en béton ont affronté les caprices et les éraflures du temps. Une jeune femme âgée d’une trentaine d’années nous regardait du haut de son balcon.

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« -Bonjour ! dit-elle ! Vous cher-chez quelqu’un ?
- Bonjour, madame ! lui dit courtoisement Vijay.
- C’est mademoiselle ! L’apostropha la jeune femme. Je ne suis pas encore mariée !

- Oui, excusez nous, nous sommes de passage sur l’île et nous voulons savoir depuis quand la maison de la famille Khan, a-t-elle été remplacée par cette jolie villa ? Lui demandais-je.
- Montez ! Je viens vous ouvrir. On pourra discuter autour d’un verre de caïpirinha, me dit cette femme qui semblait si familière avec les étrangers que nous étions. »

Au cours d’un voyage en Italie, j’avais appris que cette boisson était un cocktail brésilien préparé à base de cachaça (rhum), de sucre de canne et de citron vert. Créé par les paysans dont il tire l’origine de son nom, ce cocktail est très populaire et largement consommé dans les restaurants, bars et boîtes de nuit.
« -Venez, venez ! Insista la femme ».

Et elle nous ouvrit gentiment - alors qu’on était que des étrangers pour elle - les portes en bois de palissandre massif de sa belle et grande demeure.

Elle nous fit rentrer et nous fit asseoir dans les fauteuils en cuir luxueux de son salon. On avait l’impression d’être dans un château de La Renaissance italienne !

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Au fil de la conversation, un homme octogénaire nous rejoignit. C’était d’après son accent, un Italien retraité. Il avait l’air sympa.
« -Je m’appelle Solange dit la jeune femme et mon compagnon c’est Ricardo Lucius-Cornelius-Sulla, originaire de Bolzano. Depuis treize ans, je vis dans cette grande maison avec mon ami.
- Et la maison qui était là, sur ce même terrain avant que vous ne construisiez votre villa, vous vous en souvenez ? demanda Kareena.

- Oui, quand, avec l’aide financière de l’oncle de Ricardo qui vivait à Vérone, Umberto Caius-Julius-Caesar, on a ache-té le terrain avec l’Etat malgache, il y avait effectivement dessus, une maison en ruine totalement abandonnée. On ne peut pas vous dire depuis quand elle a été abandonnée, mais elle a été récupé-rée par l’Etat malgache en 2021, qui nous l’a revendue en 2030. C’est le terrain qui nous intéressait, alors on a rasé la mai-son et on a construit notre demeure. Voi-là, je crois que je vous ai dit à peu près tout ! Ah oui, avant que je ne l’oublie, il y a une information d’importance capitale que je dois vous livrer. Il y avait même un cagibi dans lequel on a trouvé une enveloppe bien fermée, sur laquelle était an-noté « à un descendant de la famille Selman-Raja-Chahar Khan ». On ne l’a jamais ouverte. On a toujours pensé qu’un descendant reviendrait, pour remonter son histoire à contre courant ! Mon ami Ricardo voulait tout balancer à la poubelle mais comme lors d’une cérémonie de transe, un esprit m’a fortement conseillé d’attendre car un descendant se manifestera. On a eu raison d’attendre avant de jeter cette vieille enveloppe. Chez nous les Malgaches, on respecte beaucoup ce que nous dictent les esprits de nos ancêtres. On demande leur bénédiction à chaque étape ou grande décision de notre vie.
- Oui, je vous remercie infiniment d’avoir conservé ce souvenir symbolique et précieux. C’est le cas effectivement. Je suis le petit-fils de cet homme, dis-je immédiatement à cette femme. Je m’appelle Amitabh-Kumar Raja-Chahar Khan. Vous pouvez m’appelez Amith comme tout le monde, évidemment.

- Dans ce cas cette enveloppe cachetée vous revient, me dit son vieux compagnon italien, d’une voix balbutiante ».

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Il me tendit une grosse enveloppe épaisse, jaunie par le temps et dégageant la senteur du bon vieux papier mâché, et d’une certaine époque, assez éloignée dans ma mémoire.

« -Vous savez Solange et Ricardo, une partie de mon histoire s’est dé-roulée ici entre 1979 et 1983 ! Ma passion pour la littérature et pour un écrivain français en particulier, est née ici, dans cette maison, à 10000 kilomètres de la France ! Et tout cela je le dois à mon grand-père ! »

Vijay et Kareena, bien qu’ils connaissent déjà cette magnifique anecdote voulaient absolument que je la raconte. Ils s’impatientaient. Solange et Ricardo insistèrent aussi pour que je raconte cette anecdote insolite.

Alors, toujours fidèle à mon côté bavard, j’ai pris la parole avec plaisir.

« -Vous voyez mes amis, le seul élément qui n’a pas changé dans cette maison, ce sont les marches d’entrée. Ces marches, à l’époque, permettaient l’accès des clients à la boutique de mon grand-père. Ce sont sur ces marches qu’est née un soir de cette année 1980, l’étincelle de ma passion pour la littérature française et étrangère et c’est parallèlement, sur ces marches que l’Orient et l’Occident ont trouvé des points communs à travers les contes que me racontait - avec patience dans le choix des mots et élégance dans la rhétorique et le rythme, le tout enveloppé dans une voix grave et masculine - mon grand-père Selman-Raja-Chahar Khan. Eh oui ! J’ai eu la chance d’avoir connu mon grand-père, qui restera pour moi, un héros et un modèle. Je suis fier d’être son petit-fils. Il m’a fait aimer la France et sa littérature. Quand j’étais petit, mon grand-père m’avait comme unique petit-fils. Il a joué pleinement son rôle de sage et de patriarche en me faisant rêver, en me trans-portant dans un monde magique, merveilleux, féérique, fabuleux, en me racontant tous les soirs des contes orientaux, arabes et surtout indiens. Pour cela, il s’inspirait d’un poète et conteur indien du Vème siècle de notre ère, un certain Pilpay encore appelé Bidpâi.

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Il me disait qu’il avait ramené ces livres de contes, lorsqu’il est arrivé dans un boutre, après un voyage et une aventure d’un mois, depuis le port indien de Porbandar, en 1926 à Ambanoro. Il n’avait que 17 ans, et ma future grand-mère n’en avait que 14. Il avait acheté ces lots de livres à un petit vendeur à la sauvette, un orphelin qu’il avait voulu aider au port, avant son embarquement pour Nosy-Bé. Le boutre, après avoir longé la mer d’Oman, avait fait une halte dans le Golfe persique à Mascate. Il a ensuite longé l’Oman et le Yémen pour s’arrêter à Sanaa, à l’embouchure de la mer Rouge. C’est là, dans le golfe d’Aden à Sanaa, qu’il a acheté et complété sa collection de livres par d’autres ouvrages portant sur les fables et contes arabes. Ces livres, écrits en arabe, en indien et en anglais, ont traversé la mer en 1926, dans une valise en carton, pour arriver, à Nosy-Bé, après une escale sur l’île de Zanzibar, sur la côte Est africaine. C’est incroyable. Parmi ces livres, il y avait aussi des recueils et des romans d’un poète indien né en 1861, Rabîndranâth Tagore qui est assurément un des pères de la littérature moderne indienne. Son œuvre est immense et fascinante. Il est l’auteur de plus de mille poèmes, deux mille chansons dont il a également écrit la musique, des pièces de théâtre - certaines chantées - des romans, des recueils de nouvelles. Il a aussi écrit des essais sur tous les sujets qui lui étaient chers, de la philosophie à la politique, de l’éducation aux arts, et a laissé de nombreux croquis, dessins et peintures. Mais Tagore fut avant tout un poète, "Le Poète", comme il est affectueusement dénommé en Inde, et c’est par sa poésie qu’il se fit connaître dans le monde entier. Eduqué dans les trois langues - sanscrit, bengali et anglais - il écrivit des poèmes très tôt, et traduisit lui-même en anglais certains de ses recueils. La publication de Gitanjali (L’Offrande Lyrique) en Europe et en Amérique du nord rendit Tagore célèbre, et il reçut le Prix Nobel de littérature en 1913. Sa soudaine renommée lui permit de faire de nombreux voyages sur les divers continents pour des conférences ou des visites d’amitiés au cours desquelles il prônait inlassablement la paix, la non-violence et l’unité entre les hommes. Ami de Gandhi, Tagore participa par la suite, à sa façon à l’émergence de l’Inde comme nation. Il est l’auteur de nombreux poèmes et chansons patriotiques : deux chants de son canon rabindrasangeet sont devenus hymnes nationaux respectifs du Bangladesh et de l’Inde : Amar Shonar Bangla et Jana Gana Mana. La mémoire orale raconte que quelques heures seulement avant sa mort, le 7 août 1941, Tagore dictait encore son dernier poème.

Donc, pour revenir à mon histoire, tous ces livres ont - avec ceux qui allaient devenir mes grands-parents - longé les côtes de la Somalie, du Kenya, de la Tanzanie et du Mozambique, pour revivre à Nosy-Bé. Tous les soirs, donc entre 1979 et 1983, j’ai eu droit au récit de ces contes avec rigueur, patience et passion par mon grand-père que j’appelais « Bavadjee ». Quelques années plus tard, quand l’école nous a demandé d’apprendre les fables de Jean de la Fontaine, écrivain français du XVIIème siècle, c’est tout naturellement que je les apprenais par cœur et que je les mémorisais. Je me souviens même de quelques unes comme le « Rat de ville et le Rat des Champs », « Le Coq et le Renard », « Le Renard et le Bouc » « ou encore de « la Belette entrée dans le grenier ». Je peux vous dire même qu’avec le temps, La Fontaine était (avec Balzac et Hugo) de-venu mon auteur préféré. Plus tard, en classe de seconde, c’est presque de façon innée et volontairement que j’ai fait un exposé très détaillé sur cet auteur, qui pourtant avait été rejeté par Louis XIV et Colbert et même par le musicien Lully. Ses contemporains étaient davantage portés sur les comédies de Molière, les tragédies de Racine et la dramaturgie à la sauce Corneille. La Fontaine, a toujours été un mal-aimé, un exclu, sans doute parce qu’il fut un protégé de Fouquet ou parce qu’il a toujours vécu aux dépens des femmes, et que certaines d’entre elles étaient aussi des maîtresses du Roi-Soleil, lui-même... »

Ma famille et moi étions ébahis par la flamme qui animait mon discours, laissant s’exprimer ma passion dans toute sa puissance, sans toute sa splendeur. J’aime l’histoire et ses anecdotes et j’aime par-dessus tout les Lettres qui m’ont toujours fasciné. Mes enfants, ma femme et le couple italo-malgache préféraient ne pas intervenir dans le cours de mon récit, pour ne perdre aucun détail du fil de mon histoire. Ils étaient captivés par ce que je racontais et apparemment, ils buvaient mes paroles.

« -Donc je continue… Pour faire mon exposé, je m’étais inspiré à l’époque de la vieille série de Lagarde et Michard – qui disait par exemple, que La Fontaine s’était inspiré des fabulistes grecs et romains comme Horace, Phèdre et Esope. L’exposé fut une réussite, c’était en 1992. Plus tard, en 2006, j’ai décidé de lire la grosse biographie de Jean de La Fontaine qui a été écrite par Jean Orieux. C’est dans ce pavé de 800 pages, que j’ai connu le secret de l’alliance entre l’Orient et l’Occident, en ce qui concerne les fables, c’est dans ce livre que ma passion pour La Fontaine a pris un sens, car elle a trouvé l’explication qui lui manquait tant. Les contes indiens que mon grand-père me racontait dans mon enfance, ont été également, il y a 400 ans de cela, les sources d’inspiration profonde pour le fabuliste du XVIIème siècle. Eh oui, mes chers amis ! C’est dans le livre de Jean Orieux que j’ai renforcé l’idée selon la-quelle l’Orient et l’Occident avaient de nombreuses complémentarités. Vous voyez La Fontaine n’avait jamais voyagé ! Le seul voyage qu’il avait fait était un périple dans un carrosse à destination du Limousin. Alors, comment a-t-il pu se procurer les contes indiens de Pilpay ? Eh bien, la réponse, c’est Jean Orieux, qui nous la donne. La Fontaine était peu bavard. En revanche, il fréquentait beau-coup les salons littéraires et libertins, te-nus par des femmes comme Madame de Sévigné, Madame de la Sablière ou encore Madame de Montespan. C’est dans un de ces salons qu’il fit la connaissance d’un médecin français du nom de Bernier qui était allé, un peu comme Alexandre le Grand ou Marco Polo, jusqu’en Chine et jusqu’en Inde. Bernier avait rapporté les livres de contes indiens écrits par Pilpay. Il avait sympathisé avec le fabuliste. Il lui avait donné les recueils de livres de contes de Pilpay. La Fontaine n’a fait que mettre sous forme de fables, les contes de Pilpay. C’est ça, le secret de La Fontaine ! Toutes les explications étaient là ! Si mon grand-père ne m’avait pas raconté les contes orientaux, je n’aurais peut-être pas été passionné par La Fontaine ! Mon grand-père Selman-Raja-Chahar Khan - et je lui rends aujourd’hui un grand hommage en vous racontant cette anecdote - a été à l’origine de ma passion pour la Littérature française et particulièrement pour les fables de Jean de La Fontaine. Cet homme, auquel personne ne croyait, m’a appris à travers ses fables, la complexité des relations humaines en faisant la transposition sociale sur les animaux divers. Ses moralités instruisent les hommes, et sont censées les faire réfléchir ! La lecture des fables, a créé chez moi un univers où se mêlent non seulement les fables, mais aussi les contes, les légendes et les mythes…Ses fables comprenant des récits, des moralités et tous ces animaux qui parlent, restent atypiques dans l’histoire littéraire et, ont été à l’origine du choix de la carrière que j’ai embrassée, par la suite. Au passage, permettez-moi de faire une digression, et vous dire que deux autres écrivains ont similairement une grande place dans mon cœur : Victor Hugo et Honoré de Balzac. Hugo est le plus grand et le maître dans la polyvalence. C’était un écrivain visionnaire. Il a marqué tout le XIXème siècle. Balzac, quant à lui, reste infatigable. Il a créé une œuvre unique et immense : « La Comédie humaine » qui est un véritable miroir social et reste in-temporelle avec ses 3000 personnages. Écrivains visionnaires, atypiques, pas forcément reconnus de leurs vivants, ces trois hommes ont gravé, et chacun à sa manière, leur monde. Ils se sont révélés être des historiens, restés à l’ombre des autres, et qui n’ont été reconnus qu’à titre posthume, pour devenir des classiques immortalisés à jamais par l’Ecole de la République !

-Magnifique histoire, papa ! me dit Vijay. »
Eléonore était presque en larmes. Elle était fière de moi. Cela faisait des décennies qu’on était ensemble, tous les deux. Elle m’a toujours soutenu dans mes moments difficiles, et a partagé mes moments de joie.
« -Ça relève presque du romanesque ! Votre histoire est sublime me dit Ricardo. »

Le soir tombait sur Nosy-Bé, le soleil s’était déjà couché précipitamment, pour laisser la place à une lune bien blanche, qui nous éclairait et nous don-nait la sensation d’être toujours en sécurité. Hell-Ville s’animait encore plus. Les enseignes multicolores des bars clignotaient. Tout au long des rues, les lampes pétroles s’allumaient et complétaient la braise rouge du charbon de bois. Des femmes installaient les barbecues appe-lés fatapera pour faire griller les brochettes de zébu.
« -Allons manger des brochettes de zébus ou du poisson frais frit ce soir ? Me dit Eléonore.

- C’est une bonne idée, ça doit être mieux que dans un grand restaurant ! poursuit Vijay ».
Nous nous dirigeâmes tous vers une table que les vendeuses de brochettes mettaient à la disposition de leurs clients sur le bord de route. L’odeur de fumée, mélangée à la viande de zébu grillée, chatouillait nos narines. C’est une ambiance unique que je suis heureux de retrouver et de partager enfin avec ma famille.
Et, nous nous sommes assis sur des bancs en bois, d’une de ces femmes qui venait d’allumer sa lampe à pétrole. Elle nous a proposé du manioc frit, des galettes de riz, et des bananes grillées pour accompagner les brochettes tendres de filet de zébus que nous avons mangées avec des achards de concombre et de papaye.

Après ce festin, nous sommes rentrés à l’hôtel. Il se faisait tard. Après une douche bien fraîche, j’ai pensé à ouvrir l’enveloppe mystérieuse que Ricardo et Solange m’avaient remise. Mais j’étais trop fatigué. Il n’y a eu que d’émotions dans cette longue journée. Je me suis donc assoupi dans les bras d’Eléonore. J’ai entamé ma nuit dans le canapé, quand au bout d’une heure de temps, la petite voix d’Eléonore me sort de mon sommeil pour m’indiquer le chemin de la chambre où une longue nuit réparatrice m’attendait…

Extrait de Année 2043 : Autopsie D’une Mémoire de Tamim KARIMBHAY








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