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Jérôme Morby, responsable exploitation à l’aéroport Marseille Provence


Parti de rien, arrivé en 2001 non diplômé avec le CNARM, Jérôme encadre aujourd’hui, à 35 ans, une équipe de 450 personnes en tant que responsable exploitation en sûreté aéroportuaire de l’entreprise ICTS à l’aéroport Marseille Provence. Récit d’une ascension professionnelle et d’une mobilité réussie.


Racontez-nous votre parcours.

Né a Saint Denis, issue d’une famille modeste de quatre garçons, je suis le deuxième fils de la famille. En 2000, à force de "déconner" (pas de problèmes de justice je précise !) et de galérer, j’ai décidé sur un coup de tête et avec les encouragements de ma mère, ma famille et de certains amis de venir tenter ma chance dans l’hexagone.

Comment s’est passée votre arrivée en métropole ?

Arrivé à Paris le 4 février 2000, direction Avignon et un foyer d’hébergement le lendemain avec le CNARM. Motivé et déterminé, je me mets immédiatement à la recherche d’un emploi, ma première priorité étant de rapatrier mes deux enfants et ma femme. Une semaine plus tard, après avoir effectué mes démarches administratives, je décroche un premier CDD dans une usine de fabrication de produits alimentaires. Sans moyen de locomotion, je dois alors faire face aux premières difficultés de transport. Difficile pour moi au final d’honorer ce premier CDD.

C’est alors que je suis embauché, toujours en CDD, comme plongeur dans un restaurant situé à trois km du foyer d’hébergement et avec des horaires de travail décalés. Imaginez, en plein mois de février, avec des températures avoisinant les 3 degré, quitter le boulot à deux heures du matin et rentrer chez soi à pied... Au bout du deuxième jour de travail, un ami "zoreil" surnommé ti franck avec qui je venais de faire connaissance depuis quelques jours me propose son aide pour dénicher un vélo afin de me permettre d’aller travailler. D’abord méfiant, je lui fais finalement confiance et je me procure alors un vélo auprès de l’un de ses amis. Ouf !

Et ensuite ?

Le CNARM et ce même ti franck me présentent des Réunionnais à Avignon, me guident dans ma recherche de logement, mes achats pour meubler mon appartement... Durant les deux premiers mois, ti franck ira jusqu’à se déplacer avec moi partout, pour dit-il, que je ne me fasse pas arnaquer... Il me suit également dans le nord (à Maubeuge) pour aller récupérer ma première voiture. Pour un Réunionnais qui n’a jamais vu et emprunté une autoroute, une aide pareille est utile.
Maubeuge / Avignon, le ptit franck ne ferme pas l’oeil et me guide avec une carte à moitié illisible. Mais ça y est, j’ai une voiture !

En mai 2001, ma femme et mes enfants me rejoignent et je suis employé dans un entrepôt de charcuterie. Pour rendre service à la responsable du CNARM, j’accompagne en voiture trois Réunionnais fraîchement arrivés à l’aéroport d’Avignon pour un entretien d’embauche pour un poste d’agent de sûreté. C’est alors que la responsable du CNARM me conseille de m’incruster dans ces entretiens et de tenter ma chance. Elle me précise tout de même qu’une partie de l’entretien se déroulera certainement en anglais. Malgré ce point négatif pour moi, sans crainte je tente.

Que se passe-t-il alors ?

Chance ! Pour moi l’entretien se déroule uniquement en français. Bingo ! Je suis alors embauché à l’issue d’une formation dispensée par l’entreprise en tant qu’agent de sûreté en plein été. Adieu les folies de l’été. Cela ne me suffit pas. La formation en poche, j’exerce quelques semaines à Avignon puis postule à l’aéroport de Marseille. Bingo 2 ! Je suis embauché en CDI en novembre 2001 à l’aéroport de Marseille Provence. La famille déménage au bout de deux mois et c’est parti cette fois-ci pour un moment. Je deviens alors au bout d’un an, chef de poste. J’encadre une petite équipe de 5 à 16 personnes. Un an plus tard, on me propose un poste de chef d’équipe, j’encadre alors une équipe de 50 à 65 personnes.

Et ensuite ?

En 2007, à la suite d’un décès dans ma famille, je décide d’aller soutenir mes proches à la Réunion. Je quitte tout à Marseille et reviens au bout de sept ans dans mon île natale. Là, rapidement j’intègre un poste d’agent de sûreté puis de chef de poste à l’aéroport de Gillot. En 2008, je décide de repartir avec ma famille vers Marseille, je reprends tout a zéro ; parcours cette fois-ci plus rapide puisque je connais le coin. Je reprends en bas de l’échelle comme on dit, un poste d’agent à l’aéroport de Marseille. Deux mois plus tard, changement de société pour le même métier, je me vois alors confié en CDI un poste de chef d’équipe pour trois semaines, puis superviseur et un mois plus tard l’entreprise créé un poste de responsable opérationnel / chargé de la qualité qui m’est confié (362 personnes). Toujours sans aucune formation ni diplôme, j’assume et je l’avoue avec beaucoup de mal les responsabilités qui me sont confiées.

Fin 2011, le personnel est repris par une nouvelle entreprise et cette fois-ci je me vois confié le poste de responsable d’exploitation / adjoint au directeur général. J’ai alors l’énorme responsabilité d’encadrer et de manager plus de 470 personnes, des ouvriers qualifiés, agents de maîtrise en passant par du personnel assimilés cadres. Une fonction que j’occupe toujours aujourd’hui et qui me permet de travailler en collaboration avec les services de l’état, la SPAF, GTA, CCI, les services de l’aviation civile... mais aussi d’acquérir chaque jour de nouvelles compétences.

Aujourd’hui quels sont vos projets ?

Vacances (à la Réunion et autres), et embellir notre maison construite récemment. 

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

Beaucoup et avant tout une maturité (tous domaines confondus) qui prend plus de temps à arriver lorsque l’on sait que la famille est proche. L’autre côté la mer ou la poin le choix ! Mon ascension professionnelle est due à ma persévérance, ma motivation, le soutien sans faille de mes proches et au fait surtout de garder la tête sur les épaules, en respectant chacun. 
Tel est mon secret pour avancer dignement !

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Pour ma part je n’ai eu aucun avantages mais bien des inconvénients.
Sans diplôme, parlant le français avec des mots créoles, peu de culture générale et qui plus est parfois la couleur de la peau. Aujourd’hui encore j’entends « 470 personnes et un homme de couleur qui en responsable ? »... C’est ce qui fait ma fierté.

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Le climat, toutes les odeurs "tropicales" qui parfument notre île intense, ses paysages, son ambiance festive... Ce n’est pas pour rien qu’elle est Patrimoine mondiale de l’Unesco aujourd’hui, je pense. Ici la Réunion à l’image d’une île paradisiaque ! La simplicité et le côté chaleureux des Réunionnais est apprécié.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de l’île ?

Elle n’est pas plus catastrophique que dans autre île ; à nous de promouvoir nos talents, nos richesses, de soutenir et d’encourager les entrepreneurs réunionnais. Nous connaissons mieux que quiconque les facettes de notre petit caillou. Les jeunes talents qui s’expatrient pour apprendre, acquérir de nouvelles compétences feront avancer notre situation socio-économique. 

Quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

Un regard admiratif pour la région PACA (Marseille, Avignon...). L’accent du sud et l’accent réunionnais se marient bien ! Sympa.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Se battre (dans le bons sens du terme) pour faire avancer notre île.
Prendre ce qu’il y a à prendre s’ils s’expatrient ; cela leur permettra d’apprendre beaucoup de choses, d’acquérir de nombreuses expériences qu’ils pourront mettre à profit ensuite de retour sur notre île.
C’est aussi mon objectif.

Que pensez-vous du site www.reunionnaisdumonde.com ?

C’est un site qui met en valeur nos racines, mais surtout qui démontre qu’il y des Réunionnais dans le monde entier. Ti créole en Angleterre, au Canada, en Afrique... Il faut continuer, ça fait plaisir et c’est encourageant.


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Jérôme Morby

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