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Incendies en Australie : un Réunionnais témoigne


Originaire de Saint-Paul, Nicolas Morel vit à Sydney où il travaille en tant qu’ingénieur spécialisé dans le traitement et le recyclage de l’eau.


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Nicolas Morel

Racontez-nous votre parcours en deux mots.

Après avoir quitté la Réunion en 2003, j’ai passé neuf ans en Métropole pour les études, puis pour démarrer ma carrière d’ingénieur entre Aix-en-Provence et Paris. Grâce à mon métier, j’ai eu la chance de voyager dans le monde et de découvrir la vie à l’étranger. En 2012, j’ai entrepris une reconversion professionnelle dans le milieu de l’ingénierie civile en Australie. J’ai passé un Master à l’université du New South Wales à Sydney qui m’a permis, à 30 ans, de décrocher rapidement un emploi.

La région de Sydney est durement touchée par les incendies. De quelle façon avez-vous vécu cette catastrophe ?

C’est le 16 octobre au matin, en ouvrant la porte pour laisser sortir le chien que j’ai senti une étrange odeur de fumée dans le jardin. Je savais que nous étions en alerte feu depuis la veille car j’avais dû annuler une randonnée dans un parc national, fermé et placé sous surveillance. Mes colocataires m’ont appris que des feux de forêts sévissaient dans les “Blues Mountains”, région montagneuse située à trois heures de voiture à l’ouest de de la ville. Mercredi soir aux nouvelles, la région de Sydney était en état d’alerte maximale. La météo annonçait des vents supérieurs à 40km/h et des températures de plus de 34°, ainsi qu’un air appauvri en humidité : tous les ingrédients pour un immense brasier...

Que s’est-il passé ensuite ?

Le 17 octobre fut apocalyptique, comme en témoignent les photos de Sydney qui ont circulé sur Internet. Le fait le plus marquant pour les citadins était la noirceur du ciel. On ne voyait pas le soleil ce jour-là, l’atmosphère était étrange. A la radio, on entendait des témoignages de personnes perdant leur maisons avalées par les flammes. A ce jour les incendies ont détruits plus de 250 maisons. Le 18, j’ai reçu l’appel d’un couple d’amis et leurs deux enfants qui étaient en phase de sécurisation de leur maison. Ils avaient rempli les baignoires d’eau, mis des serviette mouillées sous les portes, préparé des rations de survie, et connecté un maximum de tuyaux d’arrosage aux sorties d’eau afin de se préparer à combattre les flammes au cas où. Ces pratiques, les Australiens les connaissent bien. Mes colocataires et moi étions sur le point de prendre la route afin d’aider nos amis. Cependant la visibilité et les conditions climatiques étaient telles que la plupart des gens venant de la ville pour prêter main forte rebroussaient chemin à l’approche des montagnes. Finalement mon amie Georgia et ses deux fils ont quitté leur maison avec pour seules affaires une valise avec les peluches des enfants, laissant Jason le père dans la maison prêt à combattre l’incendie. A l’heure d’aujourd’hui, la vigilance reste maximale car même si la situation s’améliore, il reste encore des foyers menacés d’après les nouvelles de ce matin.

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Incendies en Australie : un Réunionnais témoigne
Photo prise avec mon portable alors que je m’apprêtais à traverser un pont de Sydney.

Comment réagit la population australienne à ce type de danger ?

Les Australiens sont extrêmement respectueux du travail effectué par les pompiers. Ils admirent le fait que certains soldats du feu ont perdu leur maison en protégeant celles des autres. En Australie, on compte aussi beaucoup sur le volontariat et la générosité de la population. D’ailleurs les autorités ont demandé à la population d’arrêter d’apporter des vivres dans les centres d’hébergement d’urgence, qui étaient saturés. Après de tels incidents, il est commun d’entendre des appels aux volontaires afin de déblayer, nettoyer et reconstruire le plus rapidement possible.

Cette situation de crise vous a-t-elle rappelé ce que connaît aussi régulièrement notre île ?

J’ai ressenti un peu la même atmosphère pendant les crises cycloniques lorsque je vivais à la Réunion. Le système d’alerte est similaire (3 niveaux), tout comme l’entraide et la solidarité. Je me rappelle avoir apporté de l’eau, des bougies et même hébergé des amis, proches ou voisins pendant des cyclones sur l’île. Concernant les attaques de requins, le risque est bien présent en Australie de l’ouest. Là aussi, la surveillance des zone de baignade s’appuie en bonne partie sur le volontariat. Je pense moi même donner 40 heures de mon temps cet été pour surveiller les plages de ma région.

Plus généralement qu’est ce qui en tant que Réunionnais vous paraît proche et au contraire éloigné en Australie ?

Je suis impressionné par le dynamisme économique australien. Il n’y a pas vraiment de règles ici, business et entrepreneuriat sont omniprésents. Ce qui me rappelle la Réunion, c’est la proximité des plages, l’intérêt pour la nature et le sport, ainsi que les paysages entre mer et montagne que l’on admire en se promenant autour de Sydney. En revanche, je regrette la mixité ethnique réunionnaise et la bonne entente entres les communautés. C’est une chose formidable qu’on ne retrouve pas en Australie, dont je suis fier en tant que Réunionnais.

Article paru dans Le Quotidien du 27 octobre 2013


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Nicolas Morel

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