Publicité

10 Réunionnais Talents de l’Outremer 2019

Publié le 15 décembre 2019

Ils sont énarque, chercheur, boulanger ou artiste… Ils sont lauréats du 8e prix des « Talents de l’Outremer » parmi 44 talents domiens récompensés. Qui sont-ils ?
Naïma RAMALINGOM, Jean-Richard RIANI, Angélique ZETTOR, Thomas BENARD, Maël RUSCHER, Bahiya SOUDJA, Julian MALET, Clara BELLON, Laurent ENCATASSAMY, Rémy MEZINO

Les Lauréats autour de Yola MINATCHY, Présidente du Réseau des Talents de l’Outre-mer et de Jean-Claude SAFFACHE, Président du Casodom

La huitième édition de la cérémonie de remise des « Talents de l’Outre-mer », placée sous le Haut patronage du Président de la République, s’est déroulée au Palais d’Iéna le 13 décembre 2019, en présence d’Annick GIRARDIN, Ministre des Outre-mer. La présentation était animée par François DURPAIRE.

Yola MINATCHY, Présidente de l’association « Le Réseau des Talents de l’Outre-mer », est intervenue pour inciter les nouveaux lauréats à être des acteurs du développement de leurs territoires. En mettant en réseau les Talents de l’Outre-mer à travers le monde, cette association a pour objectifs de promouvoir partout la compétence ultramarine, de proposer des modèles de parcours aux jeunes Ultramarins, et de lancer des pistes de réflexions sur les Outre-mer. La Marraine de la Promotion est Madame Euzhan PALCY, Réalisatrice, Scénariste et Productrice, membre de l’Académie des Césars et récompensée à Hollywood.

La cérémonie de remise des prix a permis de distinguer :
- 20 lauréats dans la catégorie « Jeunes Talents »,
- 24 lauréats dans la catégorie « Talents Confirmés »
- 1 mention d’encouragement a été accordée à une jeune artiste lyrique de 16 ans.

Les Lauréats viennent de tous les Outre-mer : outre la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Réunion, Mayotte, Saint-Martin, Saint-Pierre et Miquelon, la Nouvelle Calédonie, et la Polynésie française, ont été aussi représentés.

Le palmarès 2019 a mis en évidence plusieurs tendances : la montée de l’Entrepreneuriat parmi les activités des lauréats, la volonté de plusieurs d’entre eux de revenir dans leurs pays respectifs pour contribuer à leur développement, et l’attrait de plus en plus prononcé pour les disciplines utiles à leurs territoires. Ces nouvelles distinctions portent à 275 le nombre des Talents de l’Outre-Mer, qui sont autant de modèles pour montrer aux Jeunes qu’il n’y a pas de fatalisme qui s’opposerait à leur insertion et à leur ascension sociale.

Naïma Ramalingom, diplômée de l’ENA, Sciences Po et HEC : « Etre réunionnaise a toujours été un facteur positif dans mon parcours. L’intégration des ultramarins au sein de la République est aujourd’hui accueillie de façon positive. C’est pourquoi il faudrait éviter de trop essentialiser les gens en fonction de leur origine. On peut tous ensemble participer au sein de la République à un but commun dans une fraternité plus ouverte que celle qui ressortirait de la seule solidarité ultramarine. Ensemble rejoindre ce creuset républicain et apporter nos forces en tant qu’ultramarins.

Autrement dit je suis très heureuse d’être réunionnaise, c’est une fierté pour moi. J’aime passionnément la Réunion comme j’aime passionnément la France. J’ai coutume de dire que la Réunion est mon petit pays et que la France est mon grand pays ».

Brigitte Girardin : « La discrimination semble plutôt liée aux adresses. Les adresses situées dans les territoires d’outre-mer peuvent parfois jouer défavorablement dans les processus de sélection. Mais en ce qui concerne l’ENA, depuis plusieurs années, des années de préparation ont été mises en place avec 70 % de jeunes venant des territoires d’outre-mer. Sans doute le fait de venir de loin nécessite un accompagnement supplémentaire et c’est ce qui est mis en place pour permettre à tous d’accéder aux parcours d’excellence.

En dehors de la question de l’adresse et du logement qui reste essentielle, il y a très peu d’ultramarins qui signalent des discriminations sur la question de l’accès aux grandes écoles ou à des formations. J’ose croire qu’elles diminuent de plus en plus ».

Jean-Richard Riani, artiste contemporain connu internationalement : « Sorti du « quartier far west » sans diplôme à 16 ans, j’avais le choix de sombrer dans la violence comme mon père, caïd de Saint-Pierre. J’ai décidé de tourner la page et de me réfugier dans la peinture.

J’ai cru en mes rêves, on a cru en moi, on m’a aidé à acheter mon matériel. Aujourd’hui j’expose dans plusieurs endroits du monde. J’ai un visa de 10 ans pour vivre aux Etats-Unis, mais j’ai fait le choix de retourner dans mon quartier pour éduquer les jeunes à l’art et faire du recyclage. J’ai recyclé 4000 tonnes de déchets en 30 ans ».


Les lauréats réunionnais :

ENTREPRENEURIAT

Angélique ZETTOR, 34 ans, Ancienne Co-fondatrice et Codirigeante de la Start Up GENYMOBILE



Deux ans après avoir obtenu son Master dans le management des systèmes d’information, cette férue d’informatique co-fonde, à 24 ans son entreprise GENNYMOBILE, dont l’objet est de proposer aux entreprises des outils de développement utilisant le système d’exploitation Androïd. Choix risqué à l’époque, mais qui s’avérera payant avec la montée de la part de marché de ce système d’exploitation. En quelques années, « Génymobile », leur émulateur Androïd facilitant le test et la démonstration d’applications, devient le leader mondial des émulateurs, avec 7 millions d’utilisateurs à travers le monde, dont des clients aussi prestigieux que Facebook, Twitter, Microsoft, Ebay… Après 6 belles années de succès, les deux co-Fondateurs s’accordent un break, non pas pour se reposer mais pour continuer à apprendre. Ils achètent un ancien car scolaire, le transforment en une maison quasi autonome, et partent parcourir les routes américaines et canadiennes. Ils visitent notamment les écovillages, là où se concrétisent les projets ayant trait à l’écologie, à la transition écologique et au « tint living ». Elle se prépare à lancer un nouveau projet d’entreprise associant tourisme, écoconstruction, et « minimalisme »
Bel exemple donné par cette Réunionnaise qui a su créer une Start Up de niveau mondial.


DIPLÔMÉS GRANDES ÉCOLES, UNIVERSITÉS

Naïma RAMALINGOM, 31 ans, Cheffe de bureau au ministère de la Culture



Elle fait de solides études dont notamment le double Master HEC/Sciences Po « Corporate and Public mangement », puis rentre à la Réunion pour exercer auprès du Gestionnaire de l’eau dans l’Île comme Directrice administrative et financière. Puis au bout de deux ans elle décide de préparer le concours d’entrée à l’ENA, et parvient à son objectif en intégrant la promotion Georges ORWELL, 2014-2016. Affectée ensuite au ministère de la Culture, elle y exerce d’importantes responsabilités, dont en dernier lieu le poste stratégique de Cheffe du Département des Affaires budgétaires et de la synthèse.
Cette Enarque réunionnaise est un bel exemple pour la Jeunesse de son pays et illustre l’excellence ultramarine.


Thomas BENARD, 23 ans, Ecole des Arts et Métiers


En fin de double diplôme l’IFP School. Il est diplômé de l’ENSAM où il a orienté sa formation sur la transition énergétique et la mobilité durable. Il termine son double diplôme d’Ingénieur à l’IFP School (Ecole nationale supérieure du pétrole et des moteurs), sous le régime de l’apprentissage, auprès d’une entreprise réunionnaise à l’IFP School. Il veut s’investir dans le développement de son territoire.


Maël RUSCHER, 22 ans, Ingénieur énergéticien de l’ESPI en double diplôme d’Ingénieur à HEC Grandes Ecoles



Après son Bac passé à la Réunion où il est né, il fait ses classes préparatoires à Paris, et entre à l’École Supérieure de Physique/Chimie industrielle (ESPCI). Attiré par le domaine de l’énergie, il est sélectionné pendant son stage par le World Petroleum Council pour participer à un programme de mentorat pour les futurs leaders de ce secteur. Il fait aussi un stage en Arabie Saoudite où il conduit une étude pilote sur un nouveau traitement de l’eau des raffineries qui est ensuite implémentée à l’échelle industrielle. Après son diplôme d’Ingénieur de l’ESPCI, il choisit de faire son double diplôme d’Ingénieur à HEC Grande Ecole. Cursus en cours.
Son ambition est de participer à la transition énergétique, domaine crucial pour le développement des Outre-mer.


Bahiya SOUDJA, 31 ans, Ingénieure Réseaux chez ENGIE



Née et ayant fait ses études à la Réunion jusqu’aux Classes préparatoires, elle est admise à l’Ecole d’Ingénieurs de l’ENSIAM de Valenciennes. Elle se spécialise dans les domaines de l’Energie et de l’Environnement et obtient son diplôme d’Ingénieure, qu’elle complète par un Master sur la transition énergétique à l’Université de Göteborg en Suède. Elle aussitôt embauchée par ENGIE, d’abord comme Ingénieure d’études, puis au Pôle Réseaux de la direction régionale d’Île de France.
C’est un très beau parcours dans un domaine clé pour le développement des Outre-mer.


Julian MALET, 22 ans, Ingénieur aéronautique de l’IPSA



Passionné d’aéronautique depuis l’adolescence, il est admis à l’Ecole d’Ingénieurs IPSA (Institut polytechnique des Sciences avancées) spécialisée dans l’ingénierie aéronautique et spatiale. Il parvient à se situer au niveau académique de cette Ecole, et se spécialise dans la mécanique des structures des aéronefs. Il fait des stages chez Airbus et Dassault. Il vient d’obtenir son diplôme d’Ingénieur, et a été embauché chez Dassault à l’issue de son stage. Il rejoint ainsi la liste des Ultramarins qui se sont spécialisés dans l’Aéronautique.


ARTS

Clara BELLON, 30 ans, Artiste lyrique



Elle a un parcours hors des sentiers communs. Ayant hérité de son grand père une passion pour l’art lyrique, elle est cependant poussée par ses parents et son entourage à emprunter une voie « sérieuse » pour garantir son avenir professionnel. Elle s’oriente donc après son Bac passé à la Réunion vers la géologie, pour, dit-elle, comprendre « de quoi son Île st faite ». Elle obtient donc un diplôme d’Ingénieur géologue, et part exercer son métier de géologue sur plusieurs chantiers de BTP. Mais sa passion pour l’Art lyrique ne la quitte jamais, et elle s’efforce de suivre les cours des conservatoires de toutes les villes où elle exerce. Au bout de 4 années d’exercice de son métier « d’Ingénieure géologue », elle déicide de sauter le pas et de se consacrer pleinement à sa passion d’Artiste lyrique. Elle a mis depuis sa voix de « soprano-colorature » au service de plusieurs rôles dans la musique d’opéra, ainsi que dans les musiques sacrée et baroque. Elle a été finaliste du Concours « Les Voix d’Outre-mer » organisé per Fabrice Di Falco.
Bel exemple pour inciter les jeunes Ultramarins à tout faire pour réaliser leurs rêves et leur passion.


Jean-Richard RIANI, 51 ans, Artiste peintre



Il est enfant des bidonvilles où régnaient la loi des caïds « dont son père était ». Mais il ne tombe pas dans l’engrenage de la violence, car il est passionné de dessin. Il s’est lancé frénétiquement dans la peinture, exposant ses dessins et ses tableaux dans des galeries du monde entier, en Europe, aux USA, au Japon et plus généralement en Asie. Il est nommé « Académicien des Arts » par l’Académie Gréci-Marino d’Italie, et reçoit plusieurs prix, dont le prix Art Expo à New York et le prix Artex de Séoul. C’est aussi un Artiste engagé, n’hésitant pas à payer de sa personne (grève de la faim), pour dénoncer « l’absence de politique culturelle à la Réunion.
En présentant son dossier de candidature, il dit que « la reconnaissance comme Talent de l’Outre-mer aurait (pour lui) autant de valeur que le premier prix à Arts Expo de New York ou qu’à la Biennale de Bâle ». Il mérite cette distinction.


ARTS APPLIQUÉS

Laurent ENCATASSAMY, 26 ans, Boulanger- Pâtissier



Il se forme sur le tas, dans l’entreprise familiale située à la Réunion, et obtient, en candidat libre, ses CAP de boulanger et de pâtissier. Convaincu par son entourage, qui avaient constaté son goût pour l’excellence, il se présente en 2018 au Concours national de la meilleure baguette de tradition française. Au milieu de candidats venus de toute la France, dont plusieurs sélectionnés pour le concours Meilleur ouvrier de France, il doit surmonter de nombreuses contraintes, dont celle de travailler la levure fraîche alors que les températures et les matières premières ne sont pas les mêmes à la Réunion qu’en Métropole. Sa motivation et sa détermination lui permettent de vaincre tous ces obstacles, et d’obtenir le 1er prix à ce concours, jugé par les pairs. C’est une fierté pour lui et sa famille, ainsi que pour les Professionnels à la Réunion qui ont œuvré pour que la Boulangerie gagne ses lettres de noblesse.
Cette nomination montre qu’il est possible d’être un Talent de l’Outre-mer, non seulement en raison de son parcours académique, mais aussi en démontrant son savoir-faire.


Rémy MEZINO, 24 ans, Manager de restaurant



Sa passion pour les métiers des Arts de la table date de son enfance. Et c‘est pour assouvir sa passion qu’après son Bac passé à la Réunion qu’il se dirige vers l’Institut Paul BOCUSE, École hôtelière internationale réputée pour tous les métiers de bouche et de l’hôtellerie de haut niveau. Il en sort diplômé après des stages de haut niveau dans des maisons réputées. Après sa licence professionnelle de l’Institut Paul Bocuse, il rejoint un Programme de management training d’un grand groupe hôtelier international bas » en Asie, se déroulant sur 2 ans. Au bout de plusieurs stages dans des hôtels de prestige du monde entier, il est embauché, à 25 ans, comme « Restaurant Manager » d’un établissement de tourisme de luxe en Thaïlande.
C’est un parcours qui montre la volonté du CASODOM de diversifier les parcours de ses lauréats aux « Talents de l’Outre-mer ».


- CASODOM, 7bis rue du Louvre 75001 Paris - Tél. 01 42 36 24 54 – Mail : [email protected] - www.casodom.com
- Site : www.talentsoutremer.fr


Lire aussi :

Quatorze Réunionnais Talents de l’Outremer 2017
Quinze Réunionnais primés aux Talents de l’Outre-Mer 2015
Cinq Réunionnais primés aux Talents de l’Outre-Mer 2013
Cinq Réunionnais primés aux Talents de l’Outre-Mer 2011
Talents de l’outremer 2009 : Cinq Réunionnais distingués par le Casodom

Les infos sur l’emploi et les Ressources Humaines à la Réunion

Publicité