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À bord du paquebot Réunion–Marseille (photos lontan)

Publié le 9 octobre 2021

Jusqu’aux années 60, avant que l’avion ne s’impose, les Messageries Maritimes assuraient la liaison entre Les Mascareignes et Marseille tous les 15 jours grâce à quatre navires : le Pierre Loti, le Jean Laborde, le La Bourdonnais, et le Ferdinand de Lesseps. La traversée a laissé des souvenirs émus à de nombreux Réunionnais. Henri Faivre a vécu plusieurs fois ces voyages qui duraient environ 25 jours via le canal de Suez. Il nous raconte la vie à bord en souvenirs et photos familiales transmises au site Réunionnais du monde.

Le Ferdinand de Lesseps au départ de la Pointe des Galets

Parmi les coutumes à bord : le baptême au passage de l’équateur, la fête des enfants, le père Noël arrive en barque, les escales, le club Mickey, les charcuteries corses, les chants et guitares à la belle étoile… Dans cet article : des témoignages suscités par la publication de cet article (page Facebook Réunionnais du monde).


Henri Faivre : « Les Messageries Maritimes ont opéré de nombreuses années à la Réunion. Quatre bateaux effectuaient régulièrement le trajet entre Marseille et la Pointe des Galets : le Pierre Loti, Le Jean Laborde, le La Bourdonnais, et le Ferdinand de Lesseps. Le trajet durait à peu près 25 jours. Au retour vers la métropole, les bateaux contournaient la corne de l’Afrique, remontant la mer rouge et la Méditerranée. En 1967 le canal de Suez étant fermé à cause de la guerre des 6 jours, les bateaux effectuèrent le voyage en contournant l’Afrique du sud. »


En 1952, la compagnie des Messageries Maritimes qui assure la ligne de l’Océan Indien, Marseille, Port-Said, Suez, Djibouti, Aden, Majunga, Nossi-Bé, Diégo-Suarez, Tamatave, La Réunion, Maurice se dote de quatre paquebots neufs.

Fête des enfants sur Le Ferdinand de Lesseps (1962-1965)


Jocelyne : « J’étais très jeune mais j’ai de très beaux souvenirs comme le baptême au passage de l’équateur. Merci pour ces photos ! »


Nadia : « J’ai eu de la chance avec mes parents, sœurs et frères de voyager sur le Ferdinand de Lesseps et le Jean Laborde : magnifiques souvenirs… Les escales, le passage de l’équateur, Noël sur le bateau avec le père Noël qui arrive en barque, la fête des enfants... »


Cécile : « 24 jours de Tamatave à Marseille… la vie de rêve. Servis comme des rois surtout si on était corse (presque tout le personnel de bord était corse !). Le soir, chants et guitares avec alcools dans leurs cabines… et on re-mangeait des charcuteries corses au son des guitares.


Le passage de l’équateur : à cette annonce, tous les passagers ont cherché sous l’eau la trace de l’équateur. On savait bien que cette ligne est imaginaire, mais le commandant de bord avait le chic pour en parler et on se laissait prendre au jeu…


Il y avait des familles d’enseignants réunionnais qui voyageaient avec leurs 12 enfants, plus une bonne pour 3 quand les enfants n’avaient pas 8 ans, et tout ça gratuit !





J’ai vu beaucoup de filles réunionnaises avec des matelots. Je pense que plusieurs bébés marins ont dû naître 9 mois plus tard… Les 3 L : toute une époque ! »

Le paquebot Jean Laborde



Patrick : « Les trois L, je les ai vus entrer et sortir du Port Ouest pas encore agrandi. On se précipitait sur la jetée sud pour assister aux arrivées et au départs de navires. Toute mon enfance a été bercée par les sirènes puisqu’on habitait à cinq minutes du bassin d’entrée. C’était quasiment notre seul divertissement à l’époque où on n’avait pas encore la télé. Plus tard j’ai voulu faire mon service militaire dans la Marine mais on m’a parachuté dans l’armée de l’air ! »



Séga sur le Jean Laborde



Même si le luxe des paquebots ralliant la France aux Mascareignes n’a jamais atteint celui des lignes transatlantiques, il laisse un souvenir ému à ses passagers.

Le paquebot Pierre Loti




Arrivée à Marseille

Depuis l’ouverture du canal de Suez en 1869, les trajets ont gagné en rapidité. Les navires relient Marseille au Port ( La Réunion ) à dates fixes, en trois semaines environ. Grâce à leur action conjuguée, tous les 15 jours, quelque 400 passagers, toutes classes confondues, pouvaient « sauter la mer ». En 1970, le dernier paquebot mixte disparaît de la liaison Marseille - le Port.

Le Labourdonnais



Les Messageries Maritimes, compagnie fondée à la fin du XIXe siècle, a relié pendant près d’un siècle la Réunion au monde par la voie des océans.



 Remerciements photos familiales envoyées au site par Henri Faivre.

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