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Leucose bovine à la Réunion : le mal de l’ombre

Publié le 21 octobre 2019
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À La Réunion, le sujet fait régulièrement l’actualité, sans jamais vraiment apporter de réponses éclairées. La réalisatrice, Anais Charles-Dominique a enquêté sur le sujet et en a fait un documentaire de 52’ : Le Mal de l’Ombre. Diffusé mercredi 23 octobre sur Réunion 1ère, aidez au financement de ce documentaire ici.


Anais Charles-Dominique, réalisatrice : « Le Mal de l’Ombre est une enquête sur les conditions qui ont conduit l’Etat à ne pas appliquer la réglementation nationale à la Réunion, laissant la maladie s’installer largement. Le sujet est difficile et notre enquête a été longue et semée d’embûches. »

RÉSUMÉ

Une ombre plane sur l’élevage bovin péï. Des faillites d’éleveurs, des tribunaux saisis pour des affaires de vaches malades. Des services sanitaires pointés du doigt. Des consommateurs qui doutent de la qualité de la viande et du lait. La leucose bovine, une maladie bien implantée dans les cheptels, n’a jamais été combattue localement alors qu’elle a été éradiquée en métropole. Est-elle responsable de tous les maux ?

LE FILM

Depuis plusieurs années, la presse locale relate un véritable malaise dans l’élevage bovin réunionnais. Le nombre d’éleveurs laitiers s’est réduit considérablement : de près de 300 dans les années 80, il est passé à 60 aujourd’hui. Beaucoup ont été ruinés ou rencontrent de grandes difficultés financières.

D’autre part, des épisodes de mortalités dans les élevages sont médiatisés et troublent l’opinion publique : de quoi meurent les vaches ?

Les autorités locales sont formelles : aucune maladie mystérieuse ne sévit dans les cheptels. Mais la population doute...

Il faut dire que la situation réunionnaise est marquée par une spécificité étonnante : la réglementation nationale (et européenne) qui oblige les éléveurs à éradiquer la leucose bovine n’a jamais été appliquée à la Réunion. Cet arrêté ministériel qui date de 1990 est toujours resté lettre morte.

Pour la Direction de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt de la Réunion, cela s’explique car cette maladie n’a aucune conséquence sur la santé des animaux et ne se transmet pas à l’Homme.


Cependant ces deux aspects sont contestés : la leucose pourrait atteindre les défenses immunitaires des bêtes et donc les affaiblir, c’est le point de vue de nombreux éleveurs. Quant aux risques pour la santé humaine, une équipe de scientifiques américains, basés à Berkeley, est à l’origine de plusieurs études qui montrent que le virus se retrouve dans les tissus humains d’hommes et de femmes atteints de cancer du sein, établissant une corrélation entre le virus bovin et le cancer humain.

Qu’en est-il du principe de précaution ? demandent les associations de consommateurs...

Dans ce contexte de plus en plus tendu, nous avons souhaité réaliser une enquête pour réunir les principaux éléments de cette affaire et faire le point sur les connaissances disponibles à ce jour. Ce travail a été long et laborieux, il a demandé beaucoup d’engagement de la part de toute notre équipe.


L’INVESTIGATION

Les différents événements de cette affaire s’étalent sur une période allant des années 70 à nos jours. Le sujet est mouvant : il occupe le devant de la scène médiatique depuis plusieurs années, les rebondissements s’enchaînent au jour le jour...

Commencée en avril 2018, cette enquête aura duré près d’un an et demi.
Elle a représenté un travail de documentation très important pour collecter les différentes sources : articles de presse, archives télévisées, photos, documents officiels, publications scientifiques, etc. Une trentaine de personnes ont été interviewée

En savoir plus et aider au financement de ce reportage sur : www.proarti.fr/collect/project/le-mal-de-lombre-1/0


Lire le communiqué de la filière Boeuf Pays en réaction à ce documentaire








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