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Interview spécial Retour : Sonita Tiroumalé, porteuse de projet à la Réunion

Publié le 8 septembre 2014
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De retour à la Réunion et après un passage dans un centre d’appel sur l’île, Sonita a décidé de lancé son propre projet de bar à café itinérant. A 35 ans, la Saint-Pauloise décrit la préparation et les motivations de son retour.


Sonita Tiroumalé

Racontez-nous votre expérience de mobilité.

A 21 ans, après mes études, j’ai quitté mon île natale. J’en avais marre de l’insularité. J’ai débuté en qualité de chargée de clientèle en région parisienne où j’ai vécu 10 ans. J’ai fait mes preuves tant que responsable en centre d’appel. Fille d’artisan miroitier et passionnée d’art en général, je me suis aussi qualifiée en peinture sur verre, vitrail et décoration sur verre. Je suis revenue une première fois à la Réunion il y a cinq ans puis une deuxième fois en 2012. Au final, je tire un bilan positif de mon expérience de mobilité. Elle m’a apporté l’ouverture d’esprit, la liberté, la confiance en moi, et la force de transformer les choses mauvaises en positif.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à la Réunion ?

La première de mes motivations, c’était l’envie de transmettre les valeurs réunionnaises à mon enfant. Je voulais le voir grandir et évoluer ici. En métropole, j’enchaînais le travail de nuit, les jours fériés et le week-end, me laissant peu de temps pour une vie sociale. Je souhaitais retrouver ma famille, mes amis et tous les gens que j’aime. Et aussi permettre les belles rencontres à venir. Enfin il y avait la qualité de vie de mon île intense, sa nature et ses merveilles. Voir le soleil tous les jours, les baleines à bosse avant d’aller travailler, aller à la mer après le travail, arrêter d’avoir l’impression de passer mon temps à consommer...

Racontez-nous votre retour sur l’île.

Le jour du déménagement, quand j’ai fait mes cartons, il neigeait fort. C’était vraiment l’heure de partir ! Je me souviens du « choc thermique » entre la neige à Paris et la chaleur du tarmac à Gillot, je suffoquais. Je ne réalisais pas encore ce qui se passait. Une nouvelle vie qui commence : je l’avais déjà fait ailleurs (dans l’autre sens), alors pourquoi pas chez moi ?

Avez-vous eu des difficultés (professionnelles ou autres) à vous réinstaller ?

Pour le logement, la famille était là pour nous soutenir. Nous avons eu cette chance là. J’ai rapidement trouvé du travail dans un centre d’appel, pas vraiment adapté à ma qualification dans un premier temps, mais plus satisfaisant dans un second temps. Les compétences ne sont pas toujours mises en valeur sur l’île alors qu’en France métropolitaine, les recruteurs offrent aux salariés la possibilité d’évoluer plus rapidement.

Qu’avez-vous trouvé de changé à votre retour à la Réunion ?

Comme partout ailleurs, le monde a évolué avec ses avantages et ses inconvénients. À vrai dire, j’avais tendance à idéaliser mon île. Aujourd’hui, mon regard est différent de celui que j’avais quand je revenais en vacances. Mais la connexion naturelle est toujours là avec ma terre de naissance.

Et qu’avez-vous trouvé comme à votre départ ?

Il y a encore malheureusement un manque d’information sur le tri-sélectif (environnement) et le sujet épineux de la « mal-bouffe », qui porte préjudice à notre jeune population réunionnaise. A la Réunion, les sodas sont beaucoup plus sucrés qu’ailleurs en France. Mais de façon plus positive, au niveau des mentalités, il y a encore une forme de solidarité ici. Nous ne sommes jamais indifférents face aux difficultés d’autrui. Par exemple, si une personne se fait verbalement ou physiquement agresser, il y aura toujours quelqu’un pour tempérer. Dans les grandes mégalopoles, l’indifférence est totale, chacun pense à son petit nombril. N’attendons pas les extrêmes pour changer le monde. La force vient du peuple et non du système en place !

Aujourd’hui quels sont vos projets ?

J’ouvre un bar à café gourmand et itinérant, afin de promouvoir les saveurs des îles Vanille, en tant que « Barista Latte art » (cliquer pour en savoir plus sur ce projet) Je vous invite vivement à découvrir ce nouveau challenge sur
pocpoc.re.
Au passage, ce site de Crowfounding péi ouvert en février dernier est un nouveau souffle pour ceux qui n’entrent dans aucune "case" et qui souhaitent créer leur activité.

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

Soyez libre de vos choix, ne vous enfermez pas dans un quotidien "métro, boulot, dodo". Préparez votre arrivée, avec au moins un travail et un toit corrects avant de rentrer. Nous avons encore bien des choses à changer ici, et nous avons besoin d’hommes et de femmes forts et compétents comme vous !


Lire aussi : Un Bar à café gourmand et itinérant à la Réunion

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