Publicité

L’Euro 2012 vu par un Réunionnais de Pologne

Publié le 17 juin 2012 Pologne

Installé à Varsovie depuis trois ans, Alexandre Hoarau enseigne le français et l’anglais dans la capitale polonaise. Il nous décrit l’ambiance et les changements provoqués en Pologne par l’Euro 2012.

Alexandre Hoarau

Pouvez-vous vous présenter svp ?

J’ai bientôt 36 ans et je vis en Pologne depuis trois ans, où j’enseigne le français et l’anglais. Mon parcours est plutôt simple : après une licence d’anglais à l’Université de La Réunion, j’ai tenté les concours de l’enseignement. Puis j’ai validé une formation dans le secteur du tourisme, secteur dans lequel j’ai travaillé une année avant de pouvoir bifurquer à nouveau, presque par hasard, vers l’enseignement dans la capitale polonaise où j’ai eu l’occasion de m’installer.

Quelle est l’ambiance en Pologne à l’occasion de l’Euro 2012 ?

Ici l’Euro de football est synonyme d’euphorie et de festivités. Je ne suis moi-même pas fan de football, mais il est difficile de rester à l’écart d’un tel événement. Les commentaires, les résultats me parviennent, et les opinions qui vont avec. L’Euro, c’est beaucoup de monde dans les rues et les transports en commun, des quartiers animés jusqu’à très tard. C’est une mosaïque de langues différentes parlées dans les rues. C’est aussi, malheureusement, les sirènes de police à longueur de journée et de nuit, et le bruit des hélicoptères sur nos têtes...

Comment les Polonais accueillent-ils cette manifestation ?

Ils sont fiers que leur pays ait été sélectionné pour la tenue de cet évènement d’envergure, unis et soudés par l’enjeu sportif. Pour une fois, les Polonais se sentent liés par autre chose qu’une tragédie ou un deuil national ! Il y a donc un fort sentiment de patriotisme, et le sentiment d’appartenir à un pays qui conquiert sa place dans le reste de la communauté européenne.

Quels sont les enjeux de cet événement pour un pays comme la Pologne ?

Outre l’aspect stratégique et politique (la Pologne dans l’Union Européenne), les enjeux économiques ne sont pas négligeables. L’affluence de touristes génère beaucoup d’argent, comme en témoigne le prix de la nuit d’hôtel à Varsovie, plus chère qu’en temps ordinaire. Varsovie n’est pas forcément la ville la plus pittoresque de Pologne, mais elle a fait un bond en avant en terme d’accueil touristique. Au quotidien, il est plus agréable (quand on ne parle pas le polonais) de trouver à présent des affichages bilingues, voire trilingues. J’ai vu ça à la gare centrale où le personnel s’est mis à l’anglais. C’est très pratique !

Selon vous, y-a-t-il un aspect négatif de l’Euro ?

L’Euro 2012 a ceci de positif qu’il donne à la Pologne un « coup de fouet » à la fois économique et touristique qui ne peut être que profitable. Mais cette manne financière sera-t-elle utilisée à bon escient ? Qu’en sera-t-il du stade dont la construction a coûté des sommes astronomiques une fois que L’Euro sera terminé ? De plus, réunir dans un même pays, dans un même stade, pour un même événement, deux nations différentes comme la Russie et la Pologne, « ennemis » de longue date, était-ce vraiment une bonne idée si on considère les débordements et les épisodes de violence qu’a connu Varsovie dans la nuit du 12 juin avec 10 blessés et 130 interpellations ?

Article publié dans Le Quotidien du 17 juin 2012

Le profil de David Alexandre Hoarau

- D’autres Regards sur l’actualité

Infos Sport Réunionnais du monde

Publicité