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Patrimoine culturel : vol en Réunion

Publié le 15 février 2016 974 France Paris

Ti flèr fané chantée en version zouk, rougail saucisse dénaturé, rhum arrangé à toutes les sauces, Vanille Bourbon... de Madagascar… C’est en parcourant les allées du Salon de la Gastronomie des Outre-Mer que Betty a eu l’idée de ce coup de gueule.


Ras-le-bol de voir notre patrimoine culturel et culinaire volé par ceux qui pensent valoriser leur manque de savoir-faire. Dans les allées du salon de la gastronomie ce week-end, à la foire de Paris, au salon de l’agriculture et autres, nombreux sont les restaurants caribéens qui proposent notre rougail saucisses, qu’ils orthographient souvent ’rougaille’ et qui ressemble plutôt à une soupe de sauce tomates où nagent quelques rondelles de saucisses de Morteau. Notre "rhum-arrangé" trouve place maintenant dans leurs rayonnages, la vanille Bourbon... de Madagascar (très réunionnais l’Ile Bourbon). Ce ne sont que quelques exemples.

Pire pour moi d’où ce besoin d’écrire cette lettre ouverte : ce week-end j’ai entendu dans un stand, pas du tout réunionnais, "ptite fleur fanée" chantée... en ZOUK ! On me dira que cette chanson est dans le domaine public, ok je vous l’accorde... Mé kan memm té en ZOUK... nout "ptite fleur fanée" ! Au secours !

Nous perdons là notre "réunionité" à nous laisser faire, à n’être qu’outrés de voir partir ailleurs la reconnaissance de nos valeurs, car elles ne sont pas protégées.


Revenons à notre Maloya. Récemment nous étions alertés d’une pancarte qui en a agacé plus d’un. Décision était prise au sein d’un hôpital de donner le nom MALOYA à une unité médicale. La polémique a enflé. Loin de mon île, j’ai suivi difficilement le débat et ne peux donner mon point de vue.

Une question se pose : y a t- il une suite pour que cela ne puisse plus être ? Comme beaucoup j’aimerais que MALOYA ne soit plus banalisé, qu’on ne se serve plus de son nom comme cela existe déjà : boisson alcoolisée ou dessert "farandole maloya" à la carte d’un restaurant de Saint-Gilles. Ne faudrait-il pas agir avant que demain l’on ne prenne à nouveau MALOYA pour une marque de produits d’entretien, d’alimentation ou autre ?

Pour éviter l’utilisation indue de ce beau nom, ne serait - il pas judicieux que les artistes de toutes catégories se réunissent en collectif. Qu’ils se concertent pour se manifester auprès d’une instance représentative pour demander le respect et la protection de MALOYA. Une autorité administrative d’état aurait plus de pouvoir pour que MALOYA ne soit plus employé à tout va.

Que son nom soit et reste synonyme d’art, que son utilisation soit un honneur, un respect des ancêtres. NOS GRAMOUNS NOUS L’ONT LAISSÉ EN HÉRITAGE, NOUS NOUS NOUS DEVONS DE PROTEGER MALOYA.

Rappelons nous, MALOYA a été classé au patrimoine culturel immatériel de l’humanité le 1er octobre 2009, par l’UNESCO. IL N’EST TEMPS PLUS TEMPS DE SE TAIRE MAIS D’AGIR.

Je ne veux surtout pas polémiquer, je voulais juste écrire après la colère sourde d’avoir entendu notre hymne régional en zouk.

Ces quelques lignes expriment mon opinion, mais nul n’est obligé de me donner raison.

Betty Cerveaux-Mayer, Paris
jordi nou lé lo 15 février 2016

Achards, samoussas, rougail saucisse... servis au milieu des "saveurs antillaises"




Photo : Elodie



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