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Portrait de la jeunesse réunionnaise selon l’INSEE

Publié le 10 décembre 2014
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En 2011, 167 000 jeunes Réunionnais sont âgés de 16 à 29 ans. La formation a progressé mais encore un jeune sur trois quitte le système scolaire sans diplôme. Dans un marché de l’emploi difficile, le diplôme reste la clé de l’insertion des jeunes. 30 000 jeunes nés à La Réunion vivent en métropole. Ils sont plus souvent en emploi que les autres jeunes métropolitains. Lorsqu’ils reviennent à La Réunion, ces jeunes intègrent aussi plus facilement le marché du travail.


En 2011, 167 000 jeunes Réunionnais sont âgés de 16 à 29 ans. Ils terminent leur scolarité et entrent dans la vie professionnelle. Cette période de la vie est marquée par leur prise d’autonomie à travers l’obtention d’un diplôme, d’un travail, d’un logement et la constitution d’une famille.

L’accès à l’emploi à La Réunion est fortement déterminé par le niveau de qualification des jeunes. La formation a progressé mais encore un jeune sur trois quitte le système scolaire sans diplôme. Les moins diplômés restent le plus souvent à l’écart du marché du travail. En 2011, 64 000 jeunes sont ni en emploi ni en formation, et sont ainsi plus nombreux que les jeunes en emploi (48 000). Les difficultés rencontrées par les jeunes Réunionnais sur le marché du travail retardent leur accession à un logement autonome. En particulier pour les hommes, ce n’est qu’à partir de 26 ans que la moitié des jeunes Réunionnais ont leur propre logement, soit trois ans plus tard que les jeunes Métropolitains. Mais le départ de chez les parents s’accompagne pourtant d’une amélioration des conditions de logement avec une forte baisse des situations de sur occupation. Par ailleurs, 30 000 jeunes nés à La Réunion vivent en métropole. Ils sont plus souvent en emploi que les autres jeunes métropolitains. Lorsqu’ils reviennent à La Réunion, ces jeunes intègrent aussi plus facilement le marché du travail.

Réalisé en partenariat entre la Région Réunion et l’Insee, ce dossier dresse un diagnostic de la situation des jeunes Réunionnais en analysant plus particulièrement les conditions du passage à l’autonomie.

Forte hausse du niveau de formation mais encore 39 000 jeunes sans diplôme

Le niveau de formation à La Réunion progresse fortement sur la dernière décennie. Les jeunes qui arrêtent prématurément leurs études sans avoir obtenu de diplôme sont ainsi moins nombreux : 38 500 en 2011 contre 61 100 en 1999. Néanmoins, ils représentent encore 36 % des jeunes ayant terminé leurs études. C’est deux fois plus qu’en France métropolitaine. Le taux d’accès au baccalauréat augmente et se rapproche du niveau métropolitain, particulièrement pour les jeunes femmes. Parmi les jeunes qui ont arrêté leurs études après l’obtention du baccalauréat, la filière générale prédomine alors que ce diplôme n’a pas vocation à l’insertion professionnelle mais plutôt à la poursuite d’études. Le nombre de diplômés du supérieur augmente également sur l’île sans rattraper toutefois la France métropolitaine. En 2011, 17 % des jeunes sont titulaires d’un diplôme du supérieur pour 33 % en métropole. Le niveau de formation des jeunes filles a davantage progressé que celui des garçons.

La mobilité favorise l’autonomie


carte France des Réunionnais

Source : INSEE Réunion

En 2011, 29 100 jeunes nés à La Réunion vivent en métropole. Parmi eux, 41 % poursuivent des études, principalement dans le supérieur, plutôt dans les régions du sud de la France et en Île-de-France. Le taux d’emploi des natifs de La Réunion est supérieur à celui des autres métropolitains du même âge. Leur niveau de formation est élevé et comparable aux jeunes métropolitains. Quatre sur dix détiennent un diplôme du supérieur. Un tiers occupent des emplois de cadres ou professions intermédiaires. Les jeunes natifs de La Réunion qui vivent en métropole vivent rarement avec leurs parents. La plupart sont indépendants et vivent le plus souvent en couple sans enfant ou seuls. Parmi les jeunes qui résident à La Réunion, 15 800 ont déjà vécu au moins six mois ailleurs, essentiellement en métropole. Ces jeunes sont aujourd’hui presque deux fois plus souvent en emploi que ceux qui ne sont pas partis. Le niveau de formation est particulièrement élevé. Mais même ceux qui n’ont pas de diplôme s’insèrent mieux sur le marché du travail au retour de métropole.

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Dans un marché de l’emploi difficile, le diplôme est la clé de l’insertion des jeunes

À La Réunion, 64 400 jeunes sont en marge du marché du travail, soit quatre jeunes sur dix âgés de 16 à 29 ans. Ils n’ont pas d’emploi et ne suivent plus d’études, ni de formation. Parmi eux, 40 700 sont à la recherche d’un emploi, soit le taux de chômage des jeunes le plus élevé de France (46 %). En moyenne, ces jeunes restent deux ans chômeurs. Par ailleurs, 23 700 jeunes ne cherchent pas d’emploi ou ne sont pas disponibles pour travailler. Leur niveau de formation est très faible puisque 62 % d’entre eux ont décroché du système scolaire et n’ont aucun diplôme. Parmi ces inactifs, les femmes sont les plus nombreuses. Neuf fois sur dix elles sont mères et majoritairement elles ne souhaitent pas travailler. Pour trouver un emploi, le diplôme est la clé. L’employabilité des jeunes augmente fortement avec le niveau du diplôme, bien plus qu’en métropole. Un diplômé du supérieur a 4,4 fois plus de chance d’être en emploi qu’un jeune sans diplôme. Au total, 48 100 jeunes ont un emploi. Les jeunes hommes sont plus souvent en emploi : un tiers d’entre eux travaillent contre une femme sur quatre.

Des jeunes touchés par la pauvreté mais des salaires plus élevés qu’en métropole

En 2010, la moitié des jeunes Réunionnais ont un niveau de vie inférieur à 1 030 euros par mois. Leur taux de pauvreté est de 45 %, soit 2,5 fois plus qu’en France métropolitaine. Les jeunes qui ont les niveaux de vie les plus élevés n’ont pas d’enfant et disposent de leur propre logement. Ils sont plus souvent en emploi que les autres jeunes et vivent essentiellement de revenus salariaux. À l’inverse, les jeunes parents indépendants vivent avec de faibles moyens, particulièrement les mères de famille monoparentale. Leurs ressources sont au trois quarts composées de minima sociaux et de prestations sociales. Un jeune sur quatre reçoit une aide financière de son entourage et quatre jeunes sur dix sont aidés dans leur vie quotidienne par leurs proches, souvent sous forme de garde d’enfant. Les jeunes en emploi s’en sortent le mieux. Un quart d’entre eux travaillent dans la fonction publique, ce qui leur procure une meilleure rémunération qu’en France métropolitaine. Dans le secteur privé, les jeunes Réunionnais ont des salaires moyens proches de ceux de province. Les jeunes femmes réunionnaises, plus souvent cadres et fonctionnaires, ont des salaires supérieurs aux jeunes hommes, ce qui n’est pas le cas en métropole.

Source : INSEE Réunion

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