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Une Réunionnaise au Festival de Cannes

Publié le 26 mai 2013

Originaire de Sainte-Marie, Cécile Lesquelin a posé ses valises il y a deux ans à Cannes, où elle occupe un poste de gestionnaire chez Pro BTP. Cette Réunionnaise de 26 ans nous décrit l’ambiance sur la Croisette le temps du Festival.

Cécile Lesquelin Une Réunionnaise au Festival de Cannes

Pouvez-vous vous présenter svp ?

Née d’un père avironnais et d’une mère métropolitaine, j’ai grandi à Sainte-Marie. J’ai suivi des études à la Réunion, à l’université dans un premier temps et à l’IAE de Saint-Denis où j’ai obtenu un master en Sciences de Gestion, mention Ressources Humaines. Par la suite, j’ai eu envie d’ailleurs. C’est pourquoi, j’ai posé mes valises chez mon cher frère à Montpellier. Une rencontre m’a portée par la suite sur Paris. Et d’expériences en expériences nous avons atterri à Cannes, un choix stratégique pour mon ami qui suit une carrière dans l’informatique dans la zone très dynamique qu’est Sophia Antipolis. En ce qui me concerne, j’évolue en tant que gestionnaire Moa chez Pro BTP, le groupe de protection sociale du BTP.

Comment avez-vous vécu le Festival de Cannes 2013 ?

Je n’ai pas vécu le festival à la manière des fans inconditionnels. Je pense aux groupies agglutinées durant plusieurs jours face aux marches, armées d’escabeaux enchaînés et cadenassés aux barrières pour être aux premières loges. Avec mon ami, nous nous sommes contentés de nous balader autour du palais et des grands hôtels pour voir les célébrités. A défaut de détenir les précieux sésames pour participer à une soirée « bling bling » ou assister à une présentation officielle de film, nous avons apprécié les apéros sur la plage quand le temps le permettait. Au cinéma de la plage on peut visionner gratuitement de grands films les pieds dans le sable. On espère aussi obtenir deux places pour une post projection du film qui obtiendra la palme d’or.

Cécile Lesquelin Une Réunionnaise au Festival de Cannes
« Je n’ai pas vécu le festival à la manière des fans inconditionnels. Je pense aux groupies agglutinées durant plusieurs jours face aux marches, armées d’escabeaux enchaînés et cadenassés aux barrières pour être aux premières loges »

Qu’est ce que le Festival représente pour les habitants de Cannes ?

Cannes s’est développé en grande partie grâce à ce festival, il est un moteur financier et culturel pour la ville. Cet événement fait la fierté de la majorité des Cannois. Pour eux, la municipalité a organisé un tirage au sort pour assister aux projections officielles. Des invitations ont également été distribuées pour « un bal » dans les décors dédié au film Gatsby le Magnifique. Le festival annonce aussi l’été et il est très attendu par les touristes et les fans de cinéma. La population est presque triplée à cette période. Il ne faut pas être effrayé par la foule ambiante qui mêle touristes, staff, journalistes, locaux... L’effervescence dans les rues est totale. Les plages privées sont très animées. Le temps de quelques jours, on rêve et on a des étoiles plein les yeux. Cet événement est à Cannes ce que le carnaval de Saint-Gilles ou le Sakifo est à la Réunion.

En quoi le Festival 2013 a-t-il été différent des autres ?

La 66ème édition s’est déroulée au départ sous la pluie, comme l’année dernière. Les intempéries ont fait annuler le tournoi de pétanque des célébrités mais elles n’ont pas empêché le défilé de grandes figures du cinéma : Léonardo Di caprio, Nicole Kidman, Bérénice Bejo et j’en passe. On a remarqué la robe reptile de Sharon Stone ou le « oups » d’Éva Longoria. Ce qui a aussi marqué cette année, c’est la présence de Steven Spielberg en tant que président du Jury, au côté d’Audrey Tautou, maîtresse de cérémonie. Un bémol : l’absence de Ryan Gosling à la montée des marches.

Cécile Lesquelin Une Réunionnaise au Festival de Cannes

Y-a-t-il un « côté obscur » du Festival ?

En parallèle des festivités, des événements malheureux se sont produits : vol de bijoux destinés à des personnalités pour une valeur de plus d’un million d’euros, vol d’une Porsche retrouvée accidentée, ou encore tir de balles à blanc pendant le direct du Grand journal, provoquant la panique sur place. La réalité rattrape la fiction sur la Croisette ! Plus généralement, il y a un prix à payer pour les Cannois pendant cette période. Toute la circulation est modifiée et devient vite un enfer. La Croisette est réservée aux voitures officielles. Un conseil : privilégier les transports en commun.

Qu’est ce qui en tant que Réunionnaise vous interpelle à Cannes ?

Ce qui me choque ici, c’est le cliché bien réel qu’illustre la Croisette avec ses bateaux, ses grosses cylindrées, ses hôtels et ses boutiques de luxe... Un monde d’argent et de paillette, alors qu’autour tant de personnes sont dans le besoin. Alors qu’à la Réunion on note la simplicité et l’authenticité des gens, ici règne le culte de l’image et la superficialité. Je ne veux pas généraliser, il y a beaucoup de gens bien ici aussi. Mais le contact authentique est moins facile que chez nous à la Réunion.

Article paru dans Le Quotidien du 26 mai 2013

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Cécile Lesquelin Une Réunionnaise au Festival de Cannes
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