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Visite présidentielle en Inde : une Réunionnaise témoigne

Publié le 17 février 2013 Inde

Diplômée de Science Po et d’un Master anglais en Droit international du développement et droits de l’homme, Emmanuelle Ferblantier a accompagné Valérie Trierweiler sur le terrain dans sa visite d’ONG à New Dehli. Chargée de mission pour la protection de l’enfance et l’adoption, cette jeune Saint-Leusienne est basée à l’Ambassade de France, en tant que Volontaire de Solidarité Internationale*.

Emmanuelle Ferblantier

Pouvez-vous vous présenter s’il-vous-plaît ?

Après un Bac L au lycée Stella, j’ai suivié une CPGE littéraire au lycée Leconte de Lisle. J’ai intégré l’Institut d’Etudes Politiques d’Aix-en-Provence de 2002 à 2006, spécialité relations internationales, avec une année de stage en Inde, en Alliance Française en 2004. Puis direction l’Université de Warwick en Angleterre pour un Master 2 en Droit international du développement et droits de l’homme en 2006. Je suis actuellement chargée de mission pour la protection de l’enfance et l’adoption internationale à l’Ambassade de France à New-Delhi. Il s’agit d’une mission cofinancée par le Conseil Général de la Réunion et le FEDER.

La visite d’état française de février 2013 a-t-elle été relayée dans les médias indiens ?

La visite de François Hollande a été saluée par la presse indienne comme une visite importante. La France est considérée comme un partenaire privilégié, avec des affinités historiques et idéologiques. On apprécie le fait que le président ait choisi l’Inde pour sa première visite en Asie et dans un pays émergent.

Selon vous quels sont les vrais enjeux de ce voyage ?

Il s’agissait de montrer l’importance accordée à l’Inde par la France en tant que partenaire stratégique et économique. Le président est venu avec les ministres de la défense, des affaires extérieures, du commerce extérieur, de la culture, de l’enseignement supérieur, accompagné aussi d’une cinquantaine de chefs d’entreprises. D’importantes négociations sont en cours dans les domaines de la défense et du nucléaire civil, qui ne sont pas vues uniquement comme des affaires commerciales mais comme des coopérations qui vont lier nos deux pays sur les 50 prochaines années.

Avez-vous été impliquée dans cette visite ?

Valérie Trierweiler souhaitait rencontrer des acteurs de la société civile impliqués dans la protection de l’enfance. Travaillant en lien avec plusieurs ONG basées à Delhi sur cette thématique, j’ai contribué à l’organisation de sa visite et accompagné la première dame sur le terrain. Elle a été très impressionnée par le travail et l’engagement des associations au bénéfice des enfants les plus vulnérables.

Quelle est l’image de la France en Inde ?

La France est perçue comme un pays de culture, de tolérance, d’ouverture d’esprit… et comme le pays de la gastronomie. Les Indiens raffolent de la cuisine française !

Emmanuelle Ferblantier

Fait-il bon vivre en ce moment dans la « plus grande démocratie du monde » ?

L’Inde est un pays aux multiples visages. Chaque région, chaque ville est différente et a sa propre identité. Il faudrait plus d’une vie pour épuiser toutes les richesses de ce pays. New-Delhi, la capitale, compte 16 millions d’habitants. Il y a toujours du mouvement, ça grouille de partout. Ce n’est pas la ville la plus sûre du pays. La récente affaire de viol collectif qui a ému tout le pays n’est pas un fait isolé. Il existe une véritable insécurité. En tant que femme il faut être prudente, éviter de sortir seule le soir mais sans pour autant verser dans l’excès de méfiance. La vie en Inde est un défi de tous les jours, mais c’est ce qui lui donne tout son attrait.

En tant que Réunionnaise, qu’est ce qui vous paraît proche et au contraire éloigné ?

Les gens me prennent tout le temps pour une Indienne ! Ils me parlent directement en hindi mais sont bien surpris d’entendre mes réponses... J’en possède quelques rudiments mais mon accent et mes balbutiements me trahissent toujours. Nous avons aussi certaines fêtes religieuses en commun : le Divali, Pongal. En revanche, les codes sociaux, que ce soit dans la sphère privée ou dans les relations de travail, me paraissent franchement différents. Il m’a fallu du temps pour comprendre certains gestes et attitudes. Même après quelques années en Inde, certains aspects de cette société complexe m’échappent toujours.

Selon vous, faudrait-il développer les relations entre l’Inde et la Réunion ?

En Inde, on connaît Maurice mais beaucoup moins la Réunion. Il me semble essentiel pour le développement économique de notre île de tisser des liens économiques, politiques et culturels avec ce pays. L’Inde est un géant dont on partage l’histoire et la zone géographique d’influence. La Réunion se doit de développer les coopérations sur les thématiques d’avenir - mettre en valeur les savoir-faire des entreprises réunionnaises dans les domaines du tourisme durable, de la biodiversité, des énergies renouvelables, de la gestion des déchets, etc. - mais aussi les échanges d’artistes, d’étudiants, de chercheurs et créer un lien solidaire. Je pense que le pari de développement et de rayonnement de la Réunion de demain passe par un rapprochement avec l’Inde.

Article paru dans Le Quotidien du 17 février 2013

* Mission de deux ans portée par France Volontaires, cofinancée par le Conseil Général de La Réunion et le FEDER. Une quarantaine de jeunes réunionnais sont actuellement affectés en Afrique Australe et dans l’océan Indien. En savoir plus


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