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Agence Spatiale Réunionnaise : Guy Pignolet à New-York

Publié le 18 septembre 2023

Le 15 septembre 2023 s’est tenue à New-York la session « New Space » organisée avec 60 organisations du monde entier dans le but de présenter à l’Assemblée Générale des Nations-Unies un 18e objectif de Développement Durable : l’Espace pour tous.

Guy Pignolet et la maquette de la station spatiale Volodia Ring

Message de Guy Pignolet (La Reunion Space Agency), le 15 septembre 2023 : « Je viens de faire ma courte contribution en direct pour dire que l’avenir de l’humanité est dans la totalité du Système Solaire et que dans la construction prochaine des petites planètes artificielles, La Réunion et les Réunionnais auront un rôle important. »


Le texte de mon intervention - GAIA EST SUR LE POINT D’ACCOUCHER

Appel pour un 18ème Objectif de Développement Durable et une nouvelle orientation économique des complexes militaro-industriels à l’occasion de l’Assemblée Générale des Nations Unies 2023 :

Notre accès à l’espace extra-atmosphérique et à l’ensemble du système solaire est aussi important dans l’évolution de l’humanité et dans l’évolution de la vie que l’invention de l’agriculture il y a dix mille ans. Aujourd’hui ce changement ne se produit plus sur des milliers d’années, mais en à peine deux ou trois générations.

Guy Pignolet : photo parue dans New York Times Magazine (11/2023)

Maintenant, la situation de notre planète se compare à celle d’un poussin dans son œuf après vingt jours d’incubation : il n’y a plus de place ni plus de nourriture, cela semble être la fin pour le petit oiseau ! Et alors quand le poussin commence à s’agiter, le diamant dur sur son bec ouvre la coquille vers une toute nouvelle vie ! ...

Les différentes crises actuelles, de surpopulation, des énergies et des ressources naturelles que nous voyons sur notre planète bleue ressemblent aux contractions qu’une femme enceinte éprouve avant d’accoucher.

Si nous considérons que Gaia et sa biosphère sont un être vivant d’ordre supérieur dont nous faisons partie, tout comme nos propres cellules font partie de nous-mêmes, nous pouvons imaginer que pour Gaia, la planète Terre, nous sommes les sagesfemmes de notre propre naissance dans le Système Solaire. Dans un proche avenir, nous assisterons alors à une renaissance de l’espace et nous serons les créateurs des enfants de Gaia, les planètes artificielles de la Haute Frontière imaginées par Gerry O’Neill, qui vivront des matériaux des astéroïdes et de l’énergie du Soleil.

Guy Pignolet : photos parues dans New York Times Magazine (11/2023)

Vivre et se développer pacifiquement ensemble sur des petites planètes artificielles dans l’environnement Terre-Lune nécessitera des capacités organisationnelles uniques. Il pourrait y avoir un très bon modèle avec l’île de La Réunion, une petite planète à elle seule, posée au milieu de l’océan Indien sur la grande planète bleue de nos origines, avec une communauté très diversifiée d’un million de personnes qui est une singularité dans notre monde d’humains.

Des jeunes ingénieurs ont imaginé une micro-planète en forme d’anneau pour une communauté de 10.000 personnes, qui avec les technologies New Space, l’environnement numérique actuel et les intelligences Artificielles, pourrait être construite avant l’an 2030. Ils ont nommé le projet « Volodia Ring » en référence à l’ingénieur réunionnais d’origine russe Vladimir Syromiatnikov qui, en 1975, au plus fort de la guerre froide, avait été le principal initiateur de l’ASTP Apollo-SoyouzTest-Project, organisé comme une coopération entre les États-Unis et l’Union Soviétique pour une poignée de main amicale en orbite.

Nous espérons qu’il y aura une décision des Nations Unies pour un 18ème ODD du Spatial pour Tous, et qu’il y aura un appel pour la construction de petites planètes et de communautés artificielles dans l’environnement Terre-Lune. Les entreprises des complexes militaro-industriels du monde entier ont l’expertise nécessaire et la capacité de le faire. Si elles changeaient d’orientation pour le cœur de leurs activités, et au lieu de fabriquer des armes de destruction, travaillaient ensemble dans tous les pays du monde pour construire des petites planètes artificielles telles que les Volodia Rings, ce serait un pas décisif vers un objectif de développement durable majeur, vers l’accouchement attendu des enfants de Gaïa et une grande renaissance du monde. Discours présenté à New York le 15 septembre 2023.

Guy Pignolet, Ambassadeur émérite de La Réunion, avec le soutien de l’Agence Spatiale Réunionnaise



Concours Volodia Ring : présentation du concept

2024, l’ONU a réussi à mettre tous les pays d’accord pour former une grande nation mondiale ! A l’occasion de cette première période de paix totale de l’humanité, les ressources de guerre ont été redirigées vers l’exploration spatiale et les recherches médicales et scientifiques. Pour faciliter l’exploration du système solaire et la colonisation de la Lune, il a été décidé de construire une petite planète artificielle de 2 km de diamètre pouvant accueillir 1000 habitants permanents, ainsi que les industries nécessaires au raffinage des minéraux des astéroïdes, et à la fabrication de vaisseaux interplanétaires ! Nous verrons comment fonctionne cette station, et à quoi ressemblerait la vie à l’intérieur.

Le fonctionnement Comme nous l’avons vu depuis des années avec l’ISS (Station Spatiale Internationale), la vie sans pesanteur est compliquée pour la vie humaine. Cependant, pourquoi vivre dans ces conditions ? La station Volodia Ring est conçue spécifiquement pour reproduire les conditions terrestres dans l’espace ! De la même manière qu’une voiture qui tourne ressent une force vers l’extérieur, la vitesse de rotation de notre station est parfaitement bien réglée pour reproduire la gravité terrestre !


Avec une vitesse extérieure de 95,26 km/h ou 5,9 °/sec (environ 1 tr/min) ça fait très rapide ! Mais pas de problème, pour atteindre cette vitesse il suffit de pousser pendant 19 jours avec un seul moteur F1, celui du 1er étage de la Saturn V, fusée titanesque qui a amené l’homme sur la lune pour la première fois !

La vie à bord

Un anneau de 150 m de diamètre et de 5,8 km laisse plutôt beaucoup de place pour vivre, soit une surface totale de 871 800 m² (l’équivalent de 120 terrains de football). La station est divisée en modules pour rendre sa fabrication plus simple. Il y a 12 modules au total. Chaque module a une fonction précise, allant de l’habitat au parc des loisirs en passant par les centres d’étude et de fabrication.

La vie à bord d’une telle station ne serait pas si différente de celle sur Terre. Un jour paisible, sans canicule ni pluie, il est possible d’aller se balader dans des parcs, tout en pouvant admirer la voûte céleste. Le rêve ! Cependant, il ne faut pas oublier qu’il faut quand même aller au travail ! Dans cet anneau il y des petites villes avec tous les métiers qui s’y trouvent. Restaurateur, barman, enseignant et j’en passe. Il y a aussi des métiers liés à l’industrie et à l’entretien de l’anneau.


L’économie de l’anneau est basée sur les recherches fondamentales de l’espace, avec toutes les infrastructures nécessaires pour cela, notamment un télescope avec un miroir de 15 m de diamètre. Comme l’anneau est directement en orbite, il permettra de voir encore plus en détail les exoplanètes (planètes en dehors du système solaire). Bien que bastion de la recherche, Hubble avec son mètre de diamètre n’a qu’à bien se tenir ! L’économie n’est pas que de la recherche.

Il y a aussi tout l’aspect minage d’astéroïdes pour récupérer les minéraux plus rares sur Terre comme le platine ou le palladium. Ces métaux rares, nécessaires à la fabrication de machines de pointes, est un vrai plus pour l’humanité. Enfin, il y a aussi l’aspect fabrication et ravitaillement des missions vers l’espace lointain de notre système. Cette station permet l’élaboration d’un autre anneau, qui sera envoyé par module, mais cette fois en direction d’Europe, 6ème lune la plus proche de Jupiter ! Des habitats seront aussi envoyés vers notre Lune à nous, pour enfin avoir une présence permanente sur notre voisine la plus proche. Les industries de notre station sont vastes, et avec une telle station en orbite, les projets les plus fous peuvent commencer à voir le jour !


La maquette

Elle est à l’échelle 1:2000 environ ! La maquette ne représente que 5/12 de la station complète. Les 5 modules sont les suivants : - Agriculture (pour une production locale de nourriture pour éviter trop d’import) - Forêt (pour un recyclage plus naturel de l’oxygène de la station, et parce que c’est joli) - Ville (pour que les habitants puissent avoir un toit) - Aquatique (pour aussi la nourriture (poisson) et une réserve d’eau) - Campus (pour les études des habitants encore étudiants, et les études de chercheurs) Il y a aussi l’anneau centrale qui sert de Spatioport, là où les vaisseaux sont construits et s’attachent à la station. Enfin, les barres centrales sont les ascenseurs qui servent de relai entre le Spatioport et l’anneau extérieur. Ces ascenseurs ont aussi une fonction de maintien mécanique car pour soutenir la force centrifuge, il faut une forte résistance de la station. De plus, avoir un Spatioport proche du centre de la station rend l’amarrage bien plus simple car la vitesse de rotation est bien moins grande.

Guy Pignolet (La Reunion Space Agency)


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