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Association Réunionnaise d’Education Populaire : jeunesse, parole citoyenne et exclusion

Publié le 25 juin 2013 974

L’AREP à l’occasion de ses 50 ans a organisé un forum sur le thème de
l’Education Populaire au CREPS de Saint-Paul. Celui
ci a réuni une centaine de
participants de tous horizons proches de l’association : élus, chefs
d’entreprise, militants, jeunes engagés... ainsi qu’une douzaine de
représentants métropolitains de la fédération Culture et Promotion à laquelle
appartient l’AREP. Trois axes de réflexion, la jeunesse, la parole citoyenne et les exclus, ont donné lieu à des débats enrichissants, qui ouvriront sur des
questionnements.

Association Réunionnaise d’Education Populaire

« Pour nos 50 ans, au lieu d’organiser un grand colloque, nous avons préféré
plusieurs événements : un film, une exposition, un
livre, et maintenant un forum. Ces
événements nous permettent d’évoquer notre passé, nos fondamentaux, et notre
avenir »,
confie Odile Thiéblin, Présidente de l’AREP.
« Les participants de ce forum ont été invités à titre individuel, et non en tant que
représentant de telle ou telle structure. C’est ce
qui a fait la force et la richesse des
débats ».

Spectateurs ou acteurs ?

Trois jeunes représentants de l’Union de la Jeunesse Résistante Réunionnaise, ont
partagé un témoignage poignant sur leurs parcours,
et la création de l’UJ2R. Citant
Fanon, l’un d’entre eux regrette que certains Jeune
s Réunionnais soient spectateurs
de leur propre vie, au lieu d’en être acteurs. Et si
« la violence est accoucheuse de
l’histoire »
, selon Marx, les jeunes de l’UJ2R ont choisi une autre voie. Celle de la
rencontre et de l’union de tous les jeunes Réunionnais, par-delà leur parcours, leur
catégorie sociale. Celle du dialogue avec les monde
s politiques économiques, avec
pour finalité le projet de permettre aux jeunes de
créer leur propre emploi.
« Notre
salut viendra de l’économie. A La Réunion, il y a de la place pour des petits modèles
économiques »,
ont-ils conclu avant de laisser la parole à Yves Zoogones, directeur
de l’AREP. Celui-ci a fait référence à un diagnostic qui avait été mené sur une
commune de La Réunion.
« Contrairement à ce que l’on pense, dans ce quartier, ce
n’est pas l’emploi qui préoccupe le plus les habitants, c’est le besoin d’être
considéré. »

Association Réunionnaise d’Education Populaire
Odile Thiéblin, Présidente de l’AREP et Stéphane Nicaise, Vice-Président

Prendre le contrôle de sa vie

Une bonne transition avant d’aborder le thème de la
parole citoyenne. Paulette
Lacpatia a rappelé les nombreux freins à l’expression citoyenne de bon nombre de
Réunionnais : l’éducation qui ne favorise pas la prise de parole des enfants, la
timidité, le syndrome de « la goyave de France », le manque de confiance en soi, la
honte de s’exprimer en créole...
« L’éducation populaire, qui a pour finalité de permettre à l’individu de prendre le
contrôle de sa vie, encourage la prise de parole, la confrontation de différents points
de vue »,
a confié Paulette Lacpatia. Mais une fois que la parole est dite, que faire ?
Agir, bien sûr. L’un des participants a également souligné que l’expression citoyenne
ne se situait pas seulement dans la parole, mais se
dessinait également dans les
actes quotidiens.

Il y a urgence à s’exprimer

D’aucuns ont insisté sur l’urgence de cette expression citoyenne. Car c’est quand la
parole ne peut exister que la violence nait. Revenant sur les récents événements de
la Rivière-des-galets, l’incendie de la mairie annexe, l’un des participants a rappelé
que l’histoire française s’est construite sur des événements violents. Rappelant
l’article 35 de la Constitution française, il a conclu
« L’acte devient parfois une parole
citoyenne. Ces grands changements brutaux préfigurent des évolutions sociétales. »
Enfin, le dernier sujet abordé était celui de l’exclusion.
« Etre exclu, c’est ne plus
avoir la qualité d’homme »
, a confié un participant avant de poursuivre :
« Aucune
exclusion n’est définitive. On a le pouvoir d’en sortir. »
« C’est quand on ne se sent plus interdépendants qu’on créée de l’exclusion »,
a
précisé un autre.

Mario Serviable a conclu les débats avec Hanna Arendt en rappelant que c’est par la
parole et l’action que l’homme s’insère dans la société. Il est également revenu sur le
rôle de l’éducation populaire, qui permet à l’individu de formuler ses désirs.
« Eco-système de savoir et de solidarité, l’éducation populaire est la révolte intemporelle
contre le système, celui qui nous fait croire que le bonheur est dans le caddie. »

Présentation

L’AREP
œuvre pour le développement de La Réunion
dans les domaines de l’animation et de la formation.
L’AREP participe
à la définition d’un projet
de société dans une
démarche professionnelle
de développement local
par l’insertion, la médiation et
l’acquisition de compétences clés

5 engagements

- Respecter l’Identité
de chacun, de chacune, et
reconnaître les différences pour une ouverture
et un enrichissement mutuel.
- Favoriser
l’Autonomie
des personnes en vue
d’une évolution individuelle et d’un essaimage
des expériences au niveau collectif.
- Pratiquer
l’Equité en permettant à chacun,
à chacune, sans distinction ni discrimination,
d’avoir accès aux services proposés.
- Valoriser
les Initiatives
réalisées par les personnes,
les familles, les groupes au sein des quartiers,
comme vivier potentiel de leur futur.
- Inscrire
une Co-construction et une Co-production
avec les différents publics, les partenaires, les
réseaux à partir des initiatives individuelles et
collectives existantes.

L’
AREP
en chiffres

- 60 salariés
(équivalents temps plein)
- Budget annuel :
3 millions d’euros
- 2 000 stagiaires
en formation
- Présent sur
24 communes
- Plus de
20 actions

Siège social de l’AREP :
SIDR Front de Mer - Bâtiment G
BP 103 - 97453 Saint-Pierre cedex
Tél : 0262 25 03 85 - Fax : 0262 35 57 09
E-Mail : [email protected]

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