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L’ambassadeur de France en visite à Anjouan

Publié le 9 mars 2010 Comores

Au moins trois inaugurations, des signatures de convention, 370 millions KMF octroyés par l’AFD au réseau Sanduk, des visites de terrain : tel a été le planning très chargé de Luc Hallade dans l’île d’Anjouan en mars 2010. Une tournée au pas de charge a-t-on constaté car cette fois-ci la délégation française conduite par l’ambassadeur a sillonné presque tout Anjouan. La tournée a débuté jeudi matin, par un déplacement jusqu’au village de Gégé, où avec les responsables de l’union des Sanduks d’Anjouan ils ont signé une convention de subvention de 370 millions KMF pour le projet d’appuis au réseau des Sanduk de l’île.

ambassadeur France Comores Anjouan

Cette structure dénommée PARSA qui va appuyer les réseaux de Sanduk d’Anjouan va dans un premier temps accompagner le développement et la professionnalisation du réseau mutualiste, renforcer son union régionale dans son rôle de structure faîtière, informatiser l’ensemble du réseau et définir un système d’information de gestion entièrement informatisé.

Aujourd’hui Anjouan avec son réseau Sanduk compte 40 000 usagers repartis dans 39 caisses affiliées. Son union régionale qui cherche le renforcement de son système vient depuis le 4 mars dernier de bénéficier d’un accompagnement de ses travaux jusqu’à la mise en place d’un système offrant la possibilité aux clients d’effectuer des retraits ou dépôts de leur avoirs dans l’une quelconque des caisses de leur choix.

Cet accompagnement s’est effectué dès la signature de la convention entre l’ambassadeur de France, le Directeur de l’AFD [Agence française de développement] et du Directeur régional des Sanduk. Plusieurs discours sont prononcés pour la circonstance en présence des autorités de la région et des responsables du réseau Sanduk d’Anjouan. Après Gégé, l’ambassadeur visite l’hôpital de Domoni pour s’enquérir de son fonctionnement et prendre note de ses besoins. Ce centre hospitalier couvre toute la région sud de l’île. Le diplomate s’est dit attentif aux doléances et disposé à lui apporter le soutien nécessaire. « Depuis 4 mois, l’hôpital bénéficie déjà de l’assistance d’un gynécologue qui s’occupe de la région, comme cela était promis par la France », a déclaré l’ambassadeur.

Ensuite toujours à Domoni, l’on procède à la remise officielle de la maison des handicapés. Une maison prête à fonctionner, remise aux membres de l’association ACMH qui devront relancer leurs activités. Il faut rappeler que ce local a servi d’école primaire à la fin des années 1930 ensuite comme siège de la justice cadiale avant de redevenir salle de classe. Délaissée pendant des années, l’ACMH a sollicité auprès des autorités locales son utilisation pour des activités de broderie et de fabrication d’objet artisanal. Une histoire racontée au cours de la cérémonie par le secrétaire de la mairie de Domoni Mahamoud Said. Mais comme on le sait, une rénovation complète du bâtiment était faite en 2009, grâce aux fonds du Codévelopement de l’ambassade de France, et de la coopération régionale avec l’île de La Réunion, l’AGPAC Mayotte et l’association elle-même.

Cette fois-ci l’ambassadeur est venu spécialement remettre les clés du bâtiment aux propriétaires. Sur place, La Gazette rencontré plusieurs personnalités politiques notamment le gouverneur de l’île Moussa Toyibou, le député de la région Domoni Abderemane Ahmed Abdallah, des commissaires et directeurs généraux de différents services. Trois discours sont prononcés, celui de l’Ambassadeur qui a souhaité qu’on encadre « ces personnes un peu oubliées de la société, une autre façon de les aider à sortir de leur isolement ». Il n’est pas facile de voir ces personnes dans la mendicité dans un tout petit pays comme les Comores où la population est solidaire, ajoute M. Hallade.

Ensuite Moussa Toyibou insistera sur le sort de ces handicapés toute en exprimant sa gratitude envers l’ambassadeur pour ses « efforts inlassables en faveur du devenir de l’île et de sa population ». Le gouverneur n’a pas manqué de plaider la cause d’autres localités qui souhaitent aussi un appui pour désenclaver leur zone. Pour le dernier à prendre la parole, Inzoudine, secrétaire général de l’ACHM, c’est « une grande occasion d’avoir toutes les autorités sur place afin de voir tous les projets déjà réalisés ». Il espère que la maison sera « un coin de rencontre des handicapés » dans une région très vaste où il est difficile de se déplacer pour travailler.

La tournée s’est poursuivie à Adda Daouèni où est inauguré dans l’après midi le marché de commercialisation des produits agricoles. Près de 23 millions de francs ont financé les 280 mètres carrée de surface pour la construction de ce marché. Les travaux sont réalisés grâce à l’association pour le développement de Hadda, créée en 2001, complété par une contribution de 25% apportée par la diaspora, et 65% par l’AFD.

Une grande foule a accueilli les délégations et dans son discours le gouverneur de l’île a salué l’initiative. Toute la population de la région s’était mobilisée dans cette cour de l’école primaire, pour remercier ceux qui ont aidé à la réalisation de ce projet. A Adda, l’Ambassadeur Hallade a fait un tour d’horizon de tous les projets engagés depuis 2009. Il cite 31 projets dont 20 de développement local, 13 à Ngazidja avec l’appui du PCUC à hauteur de 335 millions KMF, un montant global d’un milliard KMF investi dans le pays depuis 2009.

Avant d’achever la journée de jeudi, les délégations se sont invitées au centre de santé du district de Nioumakélé. Ici l’on prévoit de construire une grande maternité de référence bien équipée afin d’inciter les femmes à ne pas risquer leur vie en mer, surtout celles qui cherchent à aller accoucher à Mayotte.

Vendredi, l’Ambassadeur et sa délégation se rend à l’autre extrémité de l’île, précisément à l’ouest dans le village de Nindri pour une cérémonie de signature de convention de financement du projet ECDD par l’AFD. Dès la matinée une visite guidée est organisée pour présenter les activités menées avec les habitants des villages voisins, notamment l’inauguration des espaces de protection de la source de Machelele, une source d’eau douce de la région.

A Nindri c’est une ONG britannique (Bristol Zoo Garden) qui appuie ce projet d’envergure. La cérémonie officielle se déroule vers 13h avec plusieurs discours prononcés par le maire de la commune, un membre de l’association, l’ambassadeur et un représentant du ministère de l’environnement. L’on assiste à la signature des statuts et de la convention entre les associations, le projet, l’AFD et l’association porteuse du projet. Avant de regagner Moroni, l’ambassadeur promet la concrétisation de toutes ces promesses dans les plus vifs délais.

Naouir Eddine Papamwegne

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