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L’énergie des mers et océans : une mine d’or inépuisable

Publié le 28 novembre 2010 974

La Réunion semble être bien plaçée dans cette course aux énergies nouvelles notamment, dans les énergies thermiques des mers (ETM)......

« O mer, nul ne connaît tes richesses intimes... » Le vers de Baudelaire nous vient soudain à la mémoire en évoquant les possibilités infinies que nous offrent les océans, la mer en général, en matière d’énergie.

Animée par des forces gigantesques, imprévisible quand elle se déchaîne, la mer est considérée aux yeux de tous comme une réserve de nourriture apparemment inépuisable. Lieu privilégié de communications et d’échanges commerciaux, elle couvre les trois quarts du globe. Son rôle apparaît désormais sans limites.

Au siècle précédent, Jules Verne avait écrit : « je dois tout à l’océan... il produit l’électricité, et l’électricité donne au Nautilus, la chaleur, la lumière, le mouvement, la vie en un mot. »

Ainsi, cette idée de recourir à l’énergie produite par les océans ne date pas d’hier. N’avons-nous pas découvert à l’image des moulins à vent, les premiers moulins à marée au 12ème siècle ? L’eau de mer s’engouffrait dans un passage étroit vers un réservoir, créant la force nécessaire pour mettre en mouvement des pales de bois ou des meules de pierres. A marée basse, l’eau retenue faisait fonctionner le système en sens inverse.

Aujourd’hui, avec l’épuisement des ressources pétrolières, l’énergie marine suscite un regain d’intérêt. Colloques, rencontres, études, expérimentations se succèdent pour une véritable reconnaissance de cette mine d’or.

En France, “nous ne manquons pas de pétrole”, mais en ce qui concerne l’énergie marine, nous sommes en avance. Grâce à l’usine marémotrice de la Rance du côté de Saint Malo, nous faisons même figure de pionnier. C’est la seule en son genre, par sa taille et ses capacités à fournir autant d’électricité marémotrice couvrant en grande partie les besoins de la Bretagne. Cette installation reconnue pour sa haute technicité demeure l’une des principales vitrines en matière d’énergie renouvelable

Dans le monde, d’autres projets sont en cours d’expérimentation qui paraissent moins ambitieux certes, mais auraient l’avantage d’être moins coûteux et peut-être plus performants.
Le fameux serpent de mer “Pelamis” nom donné à ce monstre marin fait réveiller d’autres systèmes mis à l’abandon ou à la recherche de soutiens financiers.

Verrons-nous par exemple au large de nos côtes des générateurs flottants ou immergés, à faible profondeur, activant des vérins hydrauliques sous l’action des vagues ? Ou encore ces systèmes logés en milieu sous-marin munis d’hélices placées en profondeur conçues pour résister aux plus fortes tempêtes, utilisant les courants marins et fonctionnant comme des éoliennes, ces hydroliennes qui tiennent compte de la position des astres comme la lune et le soleil ? Grâce à des générateurs, l’énergie mécanique est transformée en énergie électrique.

Ainsi, le potentiel énergétique de la mer paraît considérable : la technologie avançant à grands pas, la porte s’ouvre toute grande aux énergies renouvelables.

La Réunion, de par sa configuration et son relief semble être bien placée dans cette course aux énergies nouvelles, notamment dans l’énergie thermique des mers (ETM) ou en anglais Océan Thermal Energy Conversion (OTEC). C’est une ressource disponible et inépuisable fondée sur le principe de la géothermie, utilisant les différences de températures entre les eaux tièdes de surface et eaux froides profondes (4°C environ pompée jusqu’à 1000 mètres de profondeur) captant les calories et frigories à partir des pompes à chaleur, énergie sans cesse renouvelée et ne rejetant pratiquement aucun déchet. Avec ses 20 degrés de différence, tout devient possible. Au surplus, cette eau froide est riche en nutriments et peut être utilisée à d’autres fins : climatisation, aquaculture, culture d’algues, fabrication de produits pharmaceutiques, production d’eau minérale, d’hydrogène et bien d’autres utilisations pratiques encore au stade de recherche.

Ici, Jules Verne se révèle à nouveau comme un grand visionnaire : cette énergie thermique des mers, n’en a-t-il pas eu l’idée géniale ?

Dans l’ouvrage paru en 1869 “vingt mille lieux sous les mers” faisant allusion clairement à l’effet thermoélectrique découvert par Seebeck en 1821, c’est par ces mots que le capitaine Nemo s’exprime :
« J’aurais pu, en effet, en établissant un circuit entre des fils plongés à différentes profondeurs, obtenir de l’électricité par la diversité des températures qu’ils éprouvaient... et il existe au fond des mers, des mines de zinc, de fer, d’argent, d’or dont l’exploitation serait très certainement praticable... »

Ainsi la fiction rejoint-elle admirablement la réalité.

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