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La vanille de la Réunion, filière du passé, filière d’avenir ?

Publié le 4 juin 2014 974

Soleil de midi au-dessus de la forêt. Il fait 30 degrès. Maryse, penchée sur ses lianes de vanille ne voit pas le temps passer. Au travail depuis six heures, elle féconde les fleurs au jaune tendre qui donneront d’ici 18 à 24 mois, les fameuses gousses parfumées aussi souples que le cuir…

Par Mélissa Cadarsi


vanille de la Réunion, filière du passé, filière d'avenir ?

De la ville rose à l’île verte… Rien ne la prédestinait à la culture de la vanille. Après avoir quitté Toulouse, Maryse s’installe dans l’île en 1992. Elle est tout de suite attirée par cette épice. On entend si souvent dire que la vanille de la Réunion est la meilleure du monde… Pourtant, ce n’est qu’en 2006, au hasard de ses rencontres et de ses choix professionnels que Maryse se voit proposer de créer, dans une forêt primaire dans les hauts de Sainte-Rose, à 300 mètres d’altitude, une plantation de vanille en pleine forêt.

Une fois embarquée dans cette aventure, malgré quelques passage à vide et de nombreuses interrogations, la passion et le goût du challenge ont toujours pris le dessus : s’approprier ce morceau de nature, domestiquer la forêt pour en extraire le meilleur ! Les contraintes sont nombreuses pourtant : on ne gagne pas facilement le droit d’exploiter une forêt protégée. Le terrain reste en bail emphythéotique et la présence d’espèces endémiques en fait un espace contrôlé. Les actions de déffrichage sur les pestes végétales sont les bienvenues. Lianes de vigne marrone, buisson de tabac bœuf ou encore pousses de goyavier sont autant d’espèces végétales invasives qui ont tendance à étouffer les espèce endémiques ou indigènes : bois de rempart, change-écorce, etc. . En revanche, les traitements infligés aux plantes protégées sont strictements encadrés : pas question d’enrayer leur croissance ou de les abimer, seule la coupe, vivifiante, est autorisée.


vanille de la Réunion, filière du passé, filière d'avenir ?

Maryse a pourtant peu à peu apprivoisé sa forêt et créé sa place… et celle de ses lianes de vanille. Tout a démarré avec 3 000 lianes de la précieuse orchidée. Cela semble peu, mais quand on sait que Maryse s’est occupée seule jusqu’à maintenant de l’exploitation, que chaque fleur de vanille doit être fécondée à la main, et que bien évidemment en forêt, aucune mécanistaion n’est envisageable… On se dit que finalement, 3 000 pour démarrer et aujourd’hui 7 000 plants, ce n’est pas si mal !

Les plants sont installés sur des troncs d’arbre où leur croissance est optimale : ils bénéficient de l’ombre et d’un enviroennement humide et chaud, qui leur est naturellement propice. Une jeune plant commence à fleurir et produire des gousses au bout de 3 à 4 ans. Au terme de 8 ans de travail, Maryse parvient à produire environ 80 kilos de vanille : une production qu’elle vend sur place ou sur son site internet. Aujourd’hui, malheureusement, son travail acharné ne lui permet pas de vivre de sa passion. Alors pour compléter ses revenus, Maryse organise des visites afin de faire découvrir un mode de culture sûrement unique au monde ! Pendant environ deux heures, elle conduit les visiteurs à la rencontre de « sa » forêt et de « sa » vanille, et sa passion est communicative !

La filière vanille… la suite !

Vous l’aurez compris, le processus est long et soigneux : fécondation, soin pendant la croissance des gousses, ceuillette, gousse par gousse en fonction de la maturation, étuvage, séchage et affinage… C’est la clé de la vanille de la Réunion que les plus fins cuisiniers, patissiers et épiciers s’arrachent à prix d’or. « C’est bien simple…, explique le guide de la coopérative de vanille de la Réunion, nous ne pouvons satisfaire la demande ! »


vanille de la Réunion, filière du passé, filière d'avenir ?

Souvent, les planteurs de vanille, pour pouvoir assurer l’entretien de leurs plantations, se voient obligés de sous-traiter une partie de la « fabrication ». C’est donc, Provanille, coopérative qui regroupe 120 des 180 principaux producteurs de vanille de l’île qui prend la main. La plupart des gousses sont récupérés après l’étuvage et le séchage : leur végétalisation est ainsi stoppée et elles peuvent être transportées, juqu’aux entrepôts de Bras Panon. La vanille dans les champs attirant la convoitise, les planteurs sont de plus en plus nombreux à la poinçonner : la coopérative peut ainsi s’assurer que toute gousse de vanille qui lui parvient provient bien d’un champ référencé. Elle entame alors la suite du traitement à savoir l’affinage où la vanille va enfin révéler ses arômes si précieux ! Pendant cette phase indispensable, la vanille perd encore beaucoup d’eau : cela assure que la vanille puisse ensuite se conserver plusieurs années. Et parfois, si vous avez la patience d’attendre jusque là, se formeront sur la gousse de petits cristaux blancs extrèmement rares… Si vous n’avez aucune patience, la coopérative conserve pour vous un échantillon de vanille cristallisée, à admirer, seulement avec les yeux, lors de votre visite !

Et cette vanille, elle est si savoureuse que ça… ?

La vanille est avant tout une histoire et un vécu… Depuis le Mexique, où pour la première fois les gousses de vanille ont été broyées, mélées au cacao, boisson des dieux, à la Réunion où un esclave, en 1841, a procédé à la première fécondation artificielle de la fleur d’orchidée de vanille permettant ainsi à Bourbon de devenir producteur et exportateur au moment même où la crise du café la menaçait de faillite, à Maryse qui cultive ses lianes dans la forêt de bois de couleurs…


vanille de la Réunion, filière du passé, filière d'avenir ?

Prenez le temps de ces rencontres, cela donnera une saveur unique à vos plats vanillés quand vous testerez une des recettes proposées par Maryse sur son site internet…

Contactez Maryse pour toute information sur sa vanille ou pour programmer une visite guidée :
Plantation vanilla-Bourbon
Production de vanille & visites guidées Maryse Mounier
Sainte-Rose
Tél. : 06 92 15 76 37
www.vanille-reunion.fr

Contactez la coopérative pour toute information complémentaire sur la production de vanille à la Réunion ou pour une visite guidée :
Coopérative de vanille – Provanille
Bras panon
Tél. : 02 62 51 71 02
http://www.provanille.fr/


Mélissa Cadarsi, Osez la Réunion

D’abord spécialisé dans la location saisonnière, Osez la Réunion s’oriente aujourd’hui vers la promotion des initiatives de tourisme durable à la Réunion !

Nous vous ferons découvrir, ici sur le site de Réunionnais du monde, une série d’articles sur les secrets de l’île, que peut-être même vous, Réunionnais du Monde ne soupçonnez pas… Pour en savoir plus, découvrez notre blog : Osez la réunion, le Blog . Pensez aussi à nous suivre sur les réseaux sociaux !


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