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Opinion : « pour la suppression du concept d’Outre-mer »

Publié le 12 février 2020
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« Aujourd’hui la Réunion est à moins d’un dixième de seconde de n’importe quel point de la république française et de l’Europe, voire de la planète bleue dans son intégralité... »

Extrait du compte-rendu de l’Assemblée Plénière du Conseil Consultatif Citoyen du samedi 1er février 2020, point VII de l’ordre du jour - Questions diverses : Proposition suppression « Outre-mer » - mis en forme par Guy Pignolet, Membre Titulaire du CCC.


- Citation en guise de préambule

« S’ouvrir aux mondes » ( devise de l’Université de La Réunion )

- Contexte, déroulé et traitement du point VII de l’ordre du jour :

La collectivité du Conseil Régional de La Réunion, qui gère les prises de décision selon des modes susceptibles d’innovation, est accompagnée de trois entités consultatives : le Conseil de la Culture, de l’Education et de l’Environnement (CCEE) et le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESER) qui accompagnent la collectivité dans la réalisation de projets en émettant des avis ou faisant des propositions, et depuis 2019, le Conseil Consultatif Citoyen. Tandis que les membres du CCEE et du CESER sont les représentants et les porte-paroles d’institutions, le CCC est composé d’experts tirés au sort au sein d’un corpus de volontaires qui s’expriment chacun sous et seulement sous leur propre responsabilité.

Le débat sur la proposition de suppression du concept « Outre-mer » été ouvert en toute fin de l’assemblée plénière du CCC du 1er février 2020. Tenu compte de la nécessité de libérer la salle mise à la disposition du Conseil Régional et du CCC par la mairie de l’Entre-Deux, les participants ont eu dix secondes pour penser à ce qu’ils avaient à dire sur la question. Une pensée rapide, simultanée, sans expression verbale, pour la raison citée au début de cette phrase. Les contributions envisagées pendant ces dix secondes ont été subséquemment formulées par email, et compilées selon des techniques classiques d’écriture collective dérivées de celles développées par le service Jeunesse-Education du Centre National d’Etudes Spatiales.

- Compte-Rendu du débat sur la suppression du concept « Outre-mer »

Il y a deux siècles, quand il fallait plus d’un mois de bateau pour relier les territoires « métropolitains » à l’île de La Réunion, connue comme telle depuis 1793, le concept « Outre-mer » avait tout son sens. Depuis cette époque, où sont nées la plupart des grandes structures administratives sous lesquelles nous fonctionnons encore, sont apparus le développement de l’industrie, l’électricité, l’aviation, les radiocommunications, les satellites et l’ouverture sur le système solaire et, au cours des dernières décennies, l’émergence des systèmes numériques. Aujourd’hui, en 2020, La Réunion est à moins d’un dixième de seconde de n’importe quel point de la république française et de l’Europe, voire de la planète bleue dans son intégralité.

II est alors légitime de mettre en question la pertinence du concept d’Outre-mer, dans une vision actualisée de la France et de sa place dans un monde globalisé, et il est légitime pour le CCC de mettre cette question en avant. Il est certain que tout ce qui est lié aux concepts et aux institutions « Outre-mer » apporte des avantages à nombre de personnes, de groupes établis, en particulier pour tous ceux qui y trouvent des emplois et des sources de revenus, mais il est permis de se demander si une vraie remise en question passant par la suppression des « Outre-mer » n’apporterait pas des avantages plus grands encore et plus ouverts pour tous, et en premier pour le territoire de La Réunion et pour l’ensemble des Réunionnais. Dans une vision territoriale de la république française et de l’Union Européenne, les institutions « Outre-mer » font actuellement un écran qui masque lourdement le fait que La Réunion est l’une des régions les plus brillantes et les plus dynamiques de la France et de l’Europe.

En conclusion, et pour le dire simplement, ce que Mme Girardin a peut être de mieux à faire aujourd’hui, c’est de démonter volontairement son ministère, d’auto-détruire son propre poste, et de traverser deux fois la rue pour se retrouver une activité où ses compétences et son expérience reconnues seront plus utiles à toute notre communauté citoyenne. Au-delà, il appartient à tous ceux qui utilisent les concepts « Outre-mer » de supprimer ce terme de leur vocabulaire, et, dans une démarche d’évolution qui ne soit pas une révolution, de faire les conversions d’orientation appropriées.


Compte-rendu mis en forme par Guy Pignolet, Membre Titulaire du CCC - Fait à Sainte-Rose, La Réunion, février 2020


Guy Pignolet

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