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Yvette Pongérard Palach : Une jeunesse à La Réunion

Publié le 9 mars 2020
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A 91 ans, elle a éprouvé le désir de raconter ses heureuses années de jeunesse à La Possession et à Saint-Denis. Son livre "Une jeunesse à La Réunion" est publié le 11 mars 2020 par les éditions du Volcan. Yvette Pongérard Palach vit aujourd’hui à Saint-Denis.


Lorsque Yvette Pongérard voit le jour, le 22 août 1928, La Réunion est une colonie française administrée par un gouverneur disposant d’une large autonomie. La localisation de cette île du sud-ouest de l’océan Indien dans l’archipel des Mascareignes, à 700 kilomètres à l’est de Madagascar et à 170 kilomètres au sud-ouest de l’île Maurice, ne favorise pas les communications avec la métropole, distante de plus de 10 000 kilomètres. Il faut voyager plusieurs semaines à bord d’un bateau pour rallier la lointaine colonie. Ce n’est qu’en 1925 que la première liaison Marseille – Le Port en paquebot a été inaugurée.

L’île a alors une vocation essentiellement agricole et produit du sucre, de la vanille, du géranium, de l’ylang-ylang, du café, du cacao, largement exportés vers la métropole, ainsi que les fruits et les légumes indispensables à la nourriture de sa population.

Le réseau routier est embryonnaire. Les voitures sont rares. Une seule ligne de chemin de fer existe, sur une partie de la côte. Les Réunionnais se déplacent à pied, parfois à cheval, et transportent les marchandises dans des charrettes tirées par des boeufs.

La petite Yvette grandit dans ce contexte. Ses parents, Adéla et Gonzague, exploitent une vaste propriété agricole de plusieurs dizaines d’hectares, qui s’étend du battant des lames au sommet des montagnes, au lieu-dit La Ravine-à-Malheur, sur le territoire de la commune de La Possession, au nord-ouest de l’île. Mais l’étendue de la propriété ne garantit pas les ressources. Tout le travail se fait à la main.

Saint-Denis dans les années 20-30

Adéla et Gonzague ont décidé d’avoir une famille nombreuse et mettent un point d’honneur à donner à leurs enfants une éducation de qualité en y consacrant leurs revenus. Parfois un cyclone ruine les efforts d’une année entière. Il faut alors recommencer, lutter, persévérer avant de récolter les fruits de son labeur, heureusement aidé par une nature particulièrement généreuse. Les difficultés renforcent les liens entre les parents et les enfants et entre les frères et les soeurs.
Yvette retrace de son écriture élégante et limpide l’amour qui la lie aux siens et à celui qui allait l’accompagner toute sa vie, jusqu’à son décès en 2018, après presque soixante-dix ans de passion et de complicité. Elle nous convie ici au début de cette splendide aventure dont elle prévoit d’écrire la suite.


Yvette Pongérard est née en 1928 à La Réunion. Elle a vécu son enfance et son adolescence sur son ile natale, puis elle a rencontré son époux et a vécu de 1955 à 1982 en métropole, successivement à Montauban dans le Tarn-et-Garonne et dans la région parisienne. Entrée dans l’administration des PTT, elle a terminé sa carrière à La Réunion où elle a pris sa retraite, dans une maison qu’elle a fait construire sur le terrain de son enfance, face à l’océan. Au-delà des anecdotes familiales, son témoignage est précieux pour comprendre le mode de vie des Réunionnais du tan lontan et leur précarité face à la maladie et aux intempéries.

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