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Ras Mélé : « Nout léritaz » - chronique maloya de Benjamin Lagarde

Publié le 23 janvier 2010
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Toujours caractérisé par une attention portée aux harmonies chorales, le groupe de « Toutou » Guénon, réalise un troisième opus fort honorable qui toutefois semble rester en-deça du très haut niveau atteint dans « Mangoustan » (Oasis, 2003).

Ras Mélé

Remerciements : Benjamin LAGARDE. Doctorant en anthropologie à L’Université de Provence – France, il a publié en collaboration avec G. Samson et C. Marimoutou "L’univers du maloya. Histoire, ethnographie, littérature en 2008" (Océan éditions, La Réunion). L’album « Nout léritaz » de Ras Mélé est paru en 2007, Oasis.

Les textes attirent l’attention sur la perte des valeurs et des repères traditionnels. Ils n’hésitent pas à pointer du doigt ceux qui, à La Réunion, adoptent les modes internationales au détriment de ce qu’il reste d’une culture locale, faite de résistance et dont le maloya est le moyeu (Danyèl Waro, invité sur « Péi momon », chante : « Arrête saoule amwin ansanm zot dance soul (…) Vaut mieux dan mon veine le son maloya i coule »).

Le morceau « Liberté » avec lequel Ras Mélé entamait sa carrière discographique en 2001 est ici proposé sans la voix d’Urbain Philéas mais avec une orchestration qui sollicite les « tambours malbar ». Il actualise ainsi les passerelles culturelles qui signent le mélange culturel – « racial » disent les Réunionnais – sous l’étendard duquel se place ce groupe.

Lire aussi :

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Musiques réunionnaises et quête d’authenticité

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Le Maloya inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco

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Benjamin Lagarde nous livre une revue de quelques-uns des albums de maloya sortis fin 2007. La plupart sont facilement trouvables… à La Réunion ! Pour les Métropolitains ce sera un peu plus dur. L’année 2007 a été marquée par l’envol de Lindigo (avec « Alotika » qui s’écoute partout, des radios aux sonneries de portables, des boîtes de nuit aux cases en tôles) et de Davy Sicard, qui a fait un très beau show à Québec (février 2008). « Pèp maloya », le troisième opus de Kiltir s’est aussi fait une place de choix dans cette discographie. Mais ces représentants de la musique réunionnaise ne doivent pas pour autant faire oublier d’autres, tout autant dynamiques !

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