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Réligion : La mosquée de Castres profanée

Publié le 15 décembre 2009 France Tarn

Libération de la parole raciste... La mosquée de Castres a été profanée dans la nuit de samedi à dimanche. Les malfaiteurs ont tagué sur ses murs extérieurs des propos xénophobes et des croix gammées.

Abdelmalek Bouregba, le responsable de la Mosquée de Castres (Tarn) est encore sous le choc. Dans la nuit de samedi à dimanche, des profanateurs ont franchi l’enceinte du bâtiment pour inscrire des croix gammées et des slogans nazis sur sa façade. "Sieg heil", "La France aux Français", "White power", voilà le type d’insultes laissées par les malfaiteurs, dont le mauvais goût ne s’est pas arrêté là. Des pieds de cochon ont aussi été suspendus à la poignée du portail, rapporte La Dépêche. L’intérieur de l’établissement, en revanche, n’aurait pas été touché.

Pour Abdelmalek Bouregba, qui compte porter plainte, c’est un peu la goutte de trop. " Depuis un certain temps, on n’arrête pas de viser la communauté musulmane", a-t-il déclaré.

"Libération de la parole raciste"
Aussitôt, cette profanation - qui prend un relief particulier en plein débat sur l’identité nationale, et après l’interdiction suisse des minarets - a été unanimement dénoncée par les autorités et associations. SOS Racisme condamne dans un communiqué un acte qui "vise très clairement, de la part des auteurs de ces méfaits, à laisser entendre qu’un musulman ne saurait être Français". Elle déplore aussi "la libération de la parole raciste, libération que le débat sur l’identité nationale permet et organise".

De son côté, le ministre de l’intérieur, Brice Hortefeux, qui s’est entretenu dimanche avec Abdelmalek Bourega, fait part de "l’émotion et de la solidarité du gouvernement à l’égard des musulmans du Tarn", lit-on dans un communiqué, qui ajoute : "Notre République ne peut accepter que des croyants soient ainsi insultés, alors qu’ils n’aspirent qu’à vivre leur foi dans la sérénité. Parce qu’elle est laïque, la République protège l’ensemble des cultes".

Le ministre souligne aussi que des instructions "très fermes" ont été données aux services de police pour que l’auteur ou les auteurs de "cet acte méprisable soient retrouvés au plus vite et déférés à la justice afin d’être sévèrement punis." Des empreintes ont été relevées par les enquêteurs sur cette mosquée ouverte en 1986, qui envisage de s’agrandir d’ici trois ans pour accueillir les fidèles de Castres et des environs. Le nouveau bâtiment ne comportera pas de minaret, a souligné Abdelmalek Bouregba.

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