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Alison Rivière, 20 ans - spécial retour à la Réunion

Publié le 13 août 2021

Après de courtes études à Paris et Londres, elle rentre sur l’île pour développer les deux entreprises qu’elle a créées, tout en continuant ses études. Retour sur le parcours d’une jeune Palmiplainoise dont les plans ont été bousculés par le Covid, mais qui s’est découverte entrepreneure en voyageant.

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Pouvez-vous vous présenter ?

Alison Rivière, 20 ans, originaire de La Plaine des Palmiste. Je suis une entrepreneure, chef de deux entreprises (Rivière Florale & Sun Net) ; je continue parallèlement mes études en Sciences Politiques et Relations Internationales. Dans ce cadre, je suis actuellement en stage à la Cellule Économique du BTP de La Réunion.

Racontez-nous votre votre parcours.

J’ai toujours été bonne élève à l’école et comme beaucoup, je ne savais pas exactement ce que je voulais faire dans la vie. Suivant les conseils de mes profs (et aussi parce que ça me tentait pas mal), je me suis lancée dans des études de Sciences Politiques / Géopolitique après l’obtention de mon Bac en 2018. C’est à cette occasion que je suis partie m’installer à Paris où j’ai ai vécu deux ans.


J’ai adoré explorer la France et ses alentours, mais je ne suis pas acclimatée à la vie parisienne. Après une année en métropole, je suis rentrée en vacances à la Réunion et à ce moment, il était déjà évident pour moi que je souhaitais à court terme rentrer définitivement. La question était donc : « quel métier vais-je bien pouvoir exercer à La Réunion si je rentre ? ». Cette question m’a travaillé pendant des mois, et le fil de la réflexion m’a amené à me lancer dans un secteur qui me tentait depuis un moment : l’entreprenariat.

Qu’avez-vous fait ?

J’ai décidé d’inventer la vie que je voulais mener, ici sur mon île. En décembre 2019, j’ai créé une première entreprise en collaboration avec ma mère : Rivière Florale, une entreprise de fleuriste. J’ai géré pendant un moment cette entreprise à distance car j’ai décidé de ne pas arrêter mes études pour autant. Je me suis épanouie en tant qu’entrepreneure et ça me paraît aujourd’hui évident que c’est exactement là que je dois être professionnellement.


En septembre 2020, je m’envole pour Londres dans le cadre d’un semestre à l’étranger pour mes études. Les vibrations de cette ville s’imprègnent en moi et je tombe littéralement sous le charme de l’Angleterre. J’en profite pour découvrir l’Angleterre, l’Ecosse et je me mets à admirer leur façon de voir les choses, qu’on peut résumer en quelques phrases : « Faîtes les choses comme vous avez envie de les faire », « Votre avis compte », « Echouer n’est pas grave, ça permet d’apprendre », « Même s’il pleut, on reste souriant et de bonne humeur ». Ce que j’ai vu de l’Angleterre m’a donné à penser que ces principes étaient mis en pratique… C’est à Londres que je décide de lancer ma seconde entreprise, Sun Net, spécialisée dans la création de site Internet, milieu dans lequel je gravite depuis l’adolescence grâce à mon père. Mon objectif est d’aider les entrepreneurs dans la digitalisation de leur business et la mise en place de leur stratégie digitale.

Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à rentrer à la Réunion ?

Pour deux raisons essentiellement : ma famille me manquait et je ne suis pas adaptée au mode de vie métropolitain. Je suis rentrée pour développer mes entreprises ici.

Dans quelles conditions s’est-il déroulé ?

Précipité par l’épidémie actuelle, mon retour définitif s’est déroulé en deux étapes. Au lendemain de la première annonce du président concernant la fermeture de tous les établissements scolaires en 2020, j’ai eu un pressentiment que la situation allait durer. J’ai pris la décision de rendre mon studio parisien et de rentrer à La Réunion pour le reste de l’année scolaire. En moins d’une semaine, j’ai rendu mon appart et j’ai atterri à Gillot le lendemain du premier confinement.

Et ensuite ?

En septembre 2020, je me suis envolée pour Londres, pour une durée de trois mois. Encore une fois, la COVID-19 a chamboulé mes plans et suite à l’annonce du confinement londonien début novembre 2020, j’ai écourté mon séjour à Londres. Je savais que cette fois, je posais mes valises pour de bon dans la mesure où j’avais déjà trouvé mon stage pour le reste de ma 3e année de Bachelor à la Réunion.

Décrivez nous votre état d’esprit à l’atterrissage à Gillot.

J’ai toujours aimé cette sensation du retour à La Réunion, quand l’avion s’approche des côtes au petit matin et qu’on voit les paysages bleus et verts qui nous sont familiers. J’étais contente de rentrer, et soulagée car avec la pandémie, on ne sait jamais si on va pouvoir se rendre à notre destination finale.

Avez-vous eu des difficultés (professionnelles ou autres) à vous réinstaller ?

Pas vraiment ; je suis retournée vivre chez mes parents. Professionnellement, j’étais déjà établie comme chef d’entreprise et pour valider ma troisième année de Bachelor, j’avais décroché un stage à la Cellule Économique du BTP.

En tant que Réunionnaise expatriée de retour sur son île, avez-vous ressenti un « avantage concurrentiel » ?

J’ai constaté que pour un stage (je n’ai jamais été salariée sur l’île), les recruteurs accordent de l’importance à des études à l’étranger ou à un stage hors de la Réunion. A mes yeux c’est logique car c’est une preuve de débrouillardise et d’autonomie. Et puis, ne dit-on pas que les voyages ouvrent l’esprit ?

Qu’est-ce qui vous surprend le plus par rapport à l’endroit où vous viviez en mobilité ?

Je trouve que par rapport aux pays européens où j’ai été, les Réunionnais paraissent souvent moins passionnés par le travail et accordent moins d’importance à la réussite professionnelle. Ici, la valeur qui domine c’est la famille. Ce n’est pas un défaut mais juste une différence culturelle.

Avec le recul, tirez-vous un bilan positif de votre expérience de mobilité ?

Aller étudier à l’étranger est l’un des meilleurs choix que j’ai pu faire. J’ai vu et appris beaucoup de choses. Si j’étais restée étudier à La Réunion, je ne serais pas celle que je suis aujourd’hui. Vivre à l’étranger m’a enseigné l’autonomie, la discipline dans mon travail. Je me suis rendue compte de la valeur de l’argent en vivant seule et en devant subvenir à mes propres besoins. Ça m’a également donné confiance en moi, dans mes capacités. Qui sait, peut-être que si j’étais restée ici je n’aurais jamais eu le courage de me lancer dans l’entreprenariat.

Aujourd’hui quels sont vos projets ?

Je suis actuellement en réflexion sur le master que je souhaite faire, je penche pour un Master dans le domaine du marketing digital. A côté de cela je développe peu à peu mon entreprise Sun Net, en créant des sites Internet pour des clients et en les aidant dans la définition de leur stratégie digitale. Je prends peu à peu la parole sur mes réseaux sociaux pour parler de l’entrepreneuriat, des dessous, de mes réussites mais aussi mes échecs. Je souhaite montrer qu’il n’est pas réservé à une catégorie de la population, qu’on n’a pas besoin de millions d’euros pour se lancer et qu’il faut avant tout prendre le courage de faire le premier pas. Croyez en vous, et le reste viendra.

Quels conseils donneriez-vous aux Réunionnais qui comme vous souhaiteraient rentrer sur l’île ?

Faîtes les choses comme vous avez envie de les faire et ne vous mettez pas trop la pression. Mais soyez conscient des conséquences ; en rentrant vivre à La Réunion, vous devrez faire des sacrifices. Vous n’aurez peut-être pas autant d’opportunités qu’en métropole, ni un chariot aussi plein. Toute est question de priorités.


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