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Aurélia Ablancourt Frou, Directrice adjointe de l’Alliance française de Mahajanga

Publié le 14 février 2013 Madagascar

Diplômée en FLE, Aurélia s’est engagée en tant que Volontaires de Solidarité Internationale pour deux ans à Madagascar. Directrice adjointe et Responsable pédagogique de l’Alliance française de Mahajanga, elle fait partie, à 29 ans, des 40 Réunionnais affectés en permanence dans les pays d’Afrique Australe et de l’Océan Indien.

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Aurélia Ablancourt Frou
Aurélia dans son bureau à Madagascar

Racontez-nous votre parcours.

Je suis née à Saint-Louis mais j’ai grandi à Saint-Pierre, plus précisément à la Ligne Paradis où vit encore toute ma famille. J’ai d’abord quitté l’île pour faire mes études à Paris, où j’ai obtenu une licence de lettres modernes. J’ai toujours rêvé de rentrer au pays pour m’y installer mais les opportunités professionnelles que j’ai eues se sont présentées dans l’Océan Indien. Après m’être orientée vers l’enseignement du FLE (français langue étrangère), j’ai enseigné pendant deux ans dans un collège aux Seychelles. Et me voici VSI à Madagascar dans de nouvelles responsabilités. Seychelles, Madagascar, ça va, je ne suis pas trop loin de la Réunion, et le climat et la culture me sont familiers !

Comment s’est déroulée votre arrivée à Madagascar.

Je suis arrivée à Majunga en juillet 2011. Tout est allé très vite. A peine le temps de m’installer dans une petite maison, que j’ai dû me rendre à Tana pour être présentée à la Délégation Générale des Alliances françaises de Madagascar. Majunga – Tana... 600 km, 10 heures de taxi-brousse. C’est une (longue) expérience que je n’oublierai jamais. Des sièges pas très confortables mais des paysages à couper le souffle !

Quels sont vos projets ?

Il me reste encore six mois de mission ici, en tant que Directrice adjointe et Responsable pédagogique de l’Alliance française de Mahajanga. Je me sens chaque jour plus à l’aise dans mes fonctions et je ne sais pas encore de quoi demain sera fait. Une chose est sûre : j’aimerais continuer à voyager.

Que vous apporte cette expérience de mobilité ?

La mobilité est pour moi une ouverture sur le monde. Au cours de mes voyages, j’ai rencontré beaucoup de monde, beaucoup de cultures mais je me suis surtout trouvée. Notre île de La Réunion est si riche que nous avons du mal à la quitter. Faire mes valises n’a pas été une chose facile. Aujourd’hui, je ne regrette rien de tout ce que j’ai pu voir parce que le monde est riche et beau. Sur le plan professionnel, je gagne en expérience et sur le plan personnel, je gagne en maturité. J’ai découvert autre chose, d’autres cultures, d’autres visages, d’autres parfums et c’est cette diversité qui nourrit ma personnalité.

Aurélia Ablancourt Frou
Animation d’une formation pour adultes

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Toute La Réunion me manque (surtout papa maman en fait) ! De notre île, j’emmène partout avec moi de doux souvenirs, de belles images, des couleurs, des odeurs, de la musique... Ils me suivent encore aujourd’hui et me suivront toujours... où que j’aille.

Quels ont été les avantages / inconvénients du fait de venir de la Réunion dans votre parcours ?

Je n’ai jamais ressenti d’inconvénient à dire que je suis réunionnaise. La Réunion est métissée, c’est sa grande richesse. Ouverture d’esprit, dynamisme, tolérance sont pour moi des valeurs ajoutées qui m’ont permis de m’intégrer facilement. J’ai souvent été accueillie comme une cousine. Les Malgaches me parlent en malgache (même si je n’y comprends pas grand chose !). Ils ont souvent du mal à croire que je ne suis pas une Malgache. Le contact est plus simple et toujours amical.

Quelle est l’image de la Réunion là où vous vivez ?

Ici à Majunga, la Réunion est vue comme un Eldorado. Les Malgaches imaginent que nous sommes tous riches, que nous n’avons pas besoin de faire d’efforts, que nous ne connaissons pas la crise...

Vous même, quel est votre regard sur la région où vous vivez et ses habitants ?

La région de Majunga est magnifique. Il y fait souvent très beau et très (trop) chaud mais la brise marine est là pour nous soulager. Les couchers de soleil sont d’une rare beauté. Les gens se laissent vivre et aiment, entre autre, se promener au bord de la mer. La vie est douce. Malgré la crise et la situation économique dans laquelle est plongé le pays, les Malgaches apprécient les choses simples de la vie. Ils vivent avec ce qu’ils ont et se contentent de peu. Ce sont des gens authentiques et extrêmement chaleureux, toujours souriants. C’est ce qui fait leur force.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes Réunionnais ?

Aux jeunes Réunionnais je vous conseille d’aller faire connaissance avec vous même. Envolez-vous vers l’inconnu, vous verrez alors des facettes inconnues de vous même. A Madagascar, vous apprendrez énormément sur vos racines, sur votre culture et sur vos traditions. Ailleurs, vous apprendrez le monde... vous serez toujours plus fièr d’être réunionnais.


Voir : LES OFFRES DE MISSION FRANCE VOLONTAIRE DANS L’OCEAN INDIEN

Basé sur l’île, France Volontaires propose toute l’année des missions indemnisées de 24 mois en Afrique Australe et dans l’Océan Indien. Plus de 40 Volontaires de Solidarité Internationale originaires de La Réunion sont en permanence en mission dans des pays de la zone, en appui à des structures locales œuvrant pour la coopération régionale. Sur quels postes, dans quels pays et comment postuler ? Cliquez ici pour en savoir plus : De la Réunion, France Volontaires recrute toute l’année pour l’océan Indien

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Aurélia Ablancourt Frou
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