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Axia Marlin, chercheur postdoc à l’université du Wisconsin

Publié le 29 janvier 2024

Ses recherches portent sur le traitement des cancers et des maladies infectieuses. Après une licence de chimie à l’Université de la Réunion, cette jeune saint-pauloise s’envole pour Toulouse puis Brest où elle passe un doctorat. Repérée par une université américaine, elle est recrutée par « UW », prestigieux établissement public dont le campus occupe une partie de la ville de Madison, dans l’état du Wisconsin.


Pouvez-vous vous présenter ?

Axia Marlin, 30 ans, originaire de Saint-Gilles les Hauts. J’ai débuté mes études par une licence de chimie à l’Université de La Réunion. J’ai poursuivi par un Master de Chimie Santé à l’Université Paul Sabatier de Toulouse, pendant lequel le domaine de la médecine nucléaire m’a particulièrement intéressée. Le programme de Master à Toulouse était très compétitif. Grâce aux deux ans de médecine effectués à La Réunion, j’ai pu garder le cap en Master au niveau de l’organisation et de la rigueur. J’étais armée en théorie, grâce au programme de licence de chimie. Après deux stages (je pense qu’il faudrait offrir plus de stages en labo aux étudiants de licence à La Réunion !), dont le but principal était de synthétiser des molécules pour le diagnostic des cancers par imagerie TEP, j’ai choisi de m’orienter vers une thèse de chimie à l’Université de Brest.


Dans quelles circonstances avez-vous atterri aux Etats-Unis ?

Lors de ma thèse à Brest, j’ai synthétisé des molécules qui intéressaient les recherches du Professeur Eszter Boros aux Etats-Unis. Amenée à collaborer avec son équipe, j’ai par la suite répondu à une offre de contrat post-doctoral dans son université. J’ai passé les entretiens et fait mon visa J1 « research scholar ». C’est ainsi que je suis arrivée aux Etats-Unis et que le Professeur Eszter Boros est devenue ma directrice de postdoc.


Quel est votre regard sur la région où vous vivez ?

J’ai d’abord atterri à New York. Ca va deux jours pour visiter, mais je n’ai pas trop accroché. Madison est beaucoup plus agréable : on peut tout y faire à pied, les paysages sont magnifiques. La nourriture est bonne, les gens sont amicaux. Il y a une forte influence française, j’ai déjà eu l’occasion d’aller dans quatre restaurants français ! Dans l’équipe où je travaille, il y a des Australiens, des Colombiens, des Polonais, des Américains... Tout le monde connait La Réunion depuis que j’en ai fait la promotion, que je cuisine des carrys et leur montre comment on fait la fête. Tout le monde veut y aller maintenant !

Université du Wisconsin à Madison dans le nord des Etats-Unis

Parlez-nous de votre travail.

Chimiste de formation, je suis spécialisée en synthèse organique de composés d’intérêts biologiques pour diagnostic ou traitement des cancers. Je travaille spécifiquement sur les maladies infectieuses impliquant des bactéries pathogéniques. J’étudie les mécanismes d’actions des molécules synthétiques sur ces bacteries dans le but de développer des thérapies innovantes.

Quels sont vos projets ?

J’aimerais continuer dans l’industrie ici au Etats-Unis. Je cherche un travail en tant que radiochimiste ou biochimiste dans une start-up ou une entreprise pharmaceutique. En Amérique, la recherche est quand même un peu plus valorisée qu’ailleurs, ce qui ne m’empêche pas de garder contact avec des amis et collègues de la Réunion : Lolita et Karl, que je connais depuis la Licence, madame Girard Valencienne, monsieur Arnaud Marvilliers (mes professeurs de chimie organique en Licence), Sébastien Bénard (mon encadrant de stage au Cyroi), Steve (un ami de Licence), Eloise et Stéphane que j’ai connu lors de mes stages au Cyroi...


Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Le carry maman me manque. Pour penser à la Réunion, j’ai toujours avec moi un réveil en roche volcanique et une peluche souvenir achetée à la fête commerciale. Mais la vie sur l’île est trop chère, les salaires pas forcément en équilibre… Il n’y a pas assez de ressources consacrées à la recherche.

Que vous a apporté l’expérience de la mobilité ?

La mobilité m’a apporté l’autonomie et l’indépendance. Mais je ne serais pas arrivée là si je n’avais pas suivi ma motivation, ma détermination, ma capacité à ne pas regarder derrière et à ne pas succomber aux émotions.


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