Publicité

Bruno Lauret, gendarme et combattant pro MMA

Publié le 17 juin 2024

Affecté à la Garde Républicaine et à la surveillance présidentielle à Paris, Bruno Lauret poursuit son objectif de faire carrière en tant que combattant professionnel MMA. Il nous raconte comment.


Pouvez-vous vous présenter ?

Bruno Lauret, 29 ans. Né à Saint-Pierre, j’ai grandi à la Ravine des cabris. Après une licence de commerce à l’IAE Réunion et plusieurs expériences dans la vente, je suis devenu sous-officier de gendarmerie en 2016. J’ai quitté l’île à l’âge de 21 ans dans l’objectif de pratiquer le MMA à haut niveau en France. Grâce à la gendarmerie, j’ai pu y aller en toute sécurité. Aujourd’hui suis affecté au 1er Régiment d’infanterie de la Garde Républicaine, mes missions sont principalement la surveillance présidentielle et ses annexes.

D’où vous vient la passion pour les arts martiaux ?

Depuis tout petit, je rêve de devenir combattant professionnel de MMA. A l’époque, je pensais que c’était impossible car le MMA était encore illégal et très peu développé sur l’île. Mais j’ai véritablement découvert les sports de combat à l’âge de 18 ans avec l’entraîneur Jean-René Bonmalais du club team Bonmalais à Saint-Pierre.

De retour à la Bonmalais Sport Academy lors d’un passage à la Réunion


Racontez-nous votre progression dans le milieu amateur puis professionnel.

J’ai commencé par des combats amateurs de Pancrace. Puis j’ai participé à des compétitions de Grappling pour améliorer ma technique au sol. En 2022, j’ai eu l’opportunité de disputer mon premier combat professionnel au MMA Grand Prix pour l’avant-première de Jérôme Lebanner. Et les combats se sont enchaînés. J’ai eu la chance de pratiquer à haut niveau avec des combattants de renom, côtoyer des salles et entraîneurs de qualité comme David Pierre Louis, Christophe Dafreville, Daniel Woirin... Moi petit réunionnais de la Ravine des Cabris qui regardait ces gens-là à la télé avant…

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Cela fait huit ans que j’ai quitté la Réunion et je m’entraîne à Infinity Combat, club affilié au MMA Factory et numéro 1 en JJB en France. Mon expérience de mobilité m’a permis d’avoir une ouverture sur le monde et de côtoyer beaucoup de cultures comme les Polynésiens. J’ai pu faire de nombreuses rencontres dans mon travail, lors de visites de présidents étrangers à l’Elysée par exemple.


Quels sont vos projets ?

J’en ai plusieurs, d’abord continuer dans le MMA et signer dans une grosse organisation mondiale (PFL, Bellator, KSW). J’envisage aussi de rentrer à la Réunion et de me reconvertir professionnellement pour avoir plus de temps pour m’entraîner. Mon métier de gendarme est très prenant et il est difficile de trouver le temps de s’entraîner comme un professionnel. Surtout que j’ai une famille et une petite fille !

Qu’est-ce qui vous manque de la Réunion ?

Ce qui me manque le plus, c’est la mer car je suis né à Saint-Pierre et depuis petit j’adore la plongée et les activités comme la chasse sous marine. Après, c’est la famille et les bons plats de maman le dimanche en famille. La première chose que j’ai ramenée dans mon appartement après l’école de gendarmerie, c’est mon petit pilon pour faire des plats créoles ! La qualité vie, le beau temps toute l’année me manquent. Tous les moments familiaux que j’ai ratés depuis je suis parti me rendent souvent nostalgique. Comme dit le chanteur Orelsan, après avoir fait le tour du monde tout ce qu’on veut c’est rentrer à la maison.


Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

Je trouve qu’on a beaucoup talents dans de nombreux domaines, mais on manque souvent d’infrastructures pour accompagner les personnes à fort potentiel notamment dans le sport de haut niveau. En ce qui concerne l’économie, le coût de la vie à Paris est tout aussi élevé que sur l’île. La Réunion garde l’image d’un endroit où il fait bon vivre, contrairement à là où je vis, où les gens ont du mal à cohabiter. Mais je ne serais pas arrivé là si je n’avais pas eu le déclic de partir et de m’ouvrir toutes ces opportunités. J’invite les jeunes à croire en leurs rêves et à ne pas avoir peur de sauter la mer !


Plus de portrait & infos de Réunionnais dans le SPORT



Publicité