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Cuisinier dans la Marine Nationale

Publié le 7 juin 2019 Polynésie Française

Actuellement basé à Tahiti, ce Tamponnais a déjà découvert plus de 50 pays avec la Marine. De l’école des sous-officiers de Brest à sa passion pour le trail, il décrit un parcours riche en voyages et découvertes...


Pouvez-vous vous présenter ?

Benoît G., je viens du Tampon, de Bras-Creux plus exactement. J’ai fait un baccalauréat Économique et Social au lycée Roland Garros, une fac d’histoire sur l’île puis je me suis engagé dans la Marine Nationale. Direction l’école des sous-officiers de la Marine Nationale à Brest, d’où je suis ressorti « Gérant de Collectivité ».

Et ensuite ?

Avec la Marine, j’ai découvert plus de 50 pays différents ! Cela représente une multitude de cultures et de paysages, que ce soit en Polynésie française, à l’île de Pâques, au Mexique, à Miami, aux Canaries, en Europe, sur le continent africain... La Marine m’a apporté une expérience professionnelle importante mais également une vision du monde différente de celle que j’avais plus jeune à la Réunion.

Parlez-nous de l’endroit où vous êtes affecté actuellement.

Je suis adjoint de cuisine sur un bâtiment de la Marine basé en Polynésie. Tahiti et ses îles sont des terres très accueillantes et très ressemblantes à la Réunion lontan, avec une population extrêmement sympathique et prête à vous aider avec le plus beau des sourires... A Tahiti, les enfants sont très estimés et tout le monde est très attentionné à leur égard : out marmay peu roul à terr dan magasin... pas de soucis !


Quelle est l’image de la Réunion là-bas ?

Je sais que beaucoup de Réunionnais souhaitent visiter Tahiti et la Polynésie française. Maintenant je me rends compte que beaucoup de Tahitiens aimeraient visiter la Réunion, une île pour laquelle ils ont beaucoup d’estime. D’ailleurs, où qu’on soit dans le monde, la Réunion est une île qui fait rêver, comme sa population hétérogène qui a réussi à créer un véritable « vivre-ensemble ».

Que vous apporte l’expérience de la mobilité ?

La mobilité m’a permis de découvrir le monde à travers les missions de la Marine. Je me suis aussi découvert une passion, le trail, qui est très répandu et pratiqué par les marins que j’ai pu côtoyer.

Quels ont été les avantages du fait de venir la Réunion dans votre parcours ?

Un des gros avantages de venir de la Réunion dans mon métier est que la cuisine réunionnaise est très présente et appréciée sur les bâtiments de la Marine Nationale. Sur tous les bateaux où j’ai été affecté, il y avait toujours une présence réunionnaise... des liens se tissent automatiquement. Ça permet de se rappeler les racines et les souvenirs de la Réunion. Dès l’école à Brest, j’ai retrouvé un ami d’enfance que j’avais perdu de vue. Assez surprenant lorsque deux individus se fixent dans une rue de Bretagne avec une impression de déjà-vu, et qu’ils se rendent comptent qu’ils viennent du même petit quartier à 10 000 km de là…


Et les inconvénients ?

Il existe encore des préjugés sur les ultramarins : « doucement le matin, pas trop vite l’après-midi »… vite oubliés quand ils nous connaissent vraiment.

Quels sont vos projets ?

Mes projets sont d’évoluer dans la Marine Nationale, continuer à progresser dans mon métier et profiter de toutes les opportunités qui se présenteront à moi. Et surtout... continuer à parcourir le monde ! Un des grands projets qui me tient à cœur, c’est de faire la Diagonale des Fous dans les dix prochaines années. Pour le moment, je m’entraîne sur des circuits plus courts comme la Xterra Transtahitienne, qui s’est déroulée le 1er juin 2019. Le but est de faire visiter le maximum de sentiers à mes chaussures « Hoka Mafate » !

Qu’est-ce qui vous manque de votre île ?

Ce qui me manque le plus c’est la cuisine de la famille avec chacun sa recette ! Les cabris massalé, carry la patte, carry kaf, bichique, samoussas, bouchons… J’essaie de rentrer à la Réunion une fois par an ou tous les deux ans, pour plusieurs semaines ou mois. Cela me permet de me ressourcer auprès de ma famille...

Quels objets de la Réunion avez-vous apporté dans vos valises ?

Dans ma valise, j’ai amené un kayamb, un bertel et un pilon, qui me suivent partout où je vais. Mon père m’envoie régulièrement un petit bocal de piment du jardin au Tampon !

Avez-vous des contacts avec des Réunionnais ?

J’ai rencontré beaucoup de Réunionnais en Bretagne, avec qui des liens très forts ont été tissés, et qui sont devenus très proches. On garde contact et on attend avec impatience de se retrouver. J’ai toujours contact aussi avec les amis restés à La Réunion et qui comptent beaucoup pour moi, ainsi que certains amis du lycée qui sont dans d’autres pays du monde.

Quel est votre regard sur la situation socio-économique de la Réunion ?

J’ai quitté la Réunion en 2011, et à mon premier retour en 2016, beaucoup de changements avaient eu lieu, comme par exemple le début de la construction de la route du littoral. Je regarde souvent le journal télévisé de la Réunion et j’écoute beaucoup Radio Freedom sur internet. En plus des actualités concernant les gilets jaunes, je retiens de cette année que le Grand Raid est devenue la course la plus mythique du monde, que La Réunion est reconnue destination Nature n°1... Je pense que pour l’image de la Réunion dans le monde, c’est une bonne chose et un sacré atout pour le tourisme.

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