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Jérémy Sulpis, VSI à l’Institut français de Maurice

Publié le 12 février 2021

Ce jeune Bénédictin contribue au rayonnement de la création française et à la dynamisation artistique mauricienne dans les domaines de la musique, des arts visuels, et du cinéma, en tant que Volontaire de Solidarité Internationale (Mission de volontariat cofinancée par France Volontaires, la Région Réunion et les fonds européens (Interreg V OI).

Jérémy et ses collègues de l’IFM

Présentez-vous.

Je m’appelle Jérémy Sulpis, j’ai 27 ans et je suis né à Saint-Benoît. J’ai vécu à La Réunion et à Tahiti avant de partir étudier à Montpellier et à Paris. Je suis diplômé d’un master en théorie du cinéma et d’une licence professionnelle en production cinématographique. Je suis installé depuis plus d’un an à l’île Maurice, en mission de Volontariat de Solidarité Internationale1 (VSI) en charge des actions culturelles pour l’association audiovisuelle Porteurs d’images, en partenariat avec l’Institut français de Maurice (IFM).

Comment êtes-vous tombé dans la marmite artistique ?

Je suis passionné de cinéma depuis très jeune et je souhaitais travailler dans ce domaine. Mes années d’études m’ont beaucoup plu et je me suis petit à petit intéressé à d’autres arts. Mes premiers pas dans le milieu professionnel du cinéma m’ont cependant déçu, en particulier à cause de la centralisation parisienne. Après avoir travaillé dans une société de production de courts-métrages à Paris, je me suis mis à chercher un emploi à l’étranger. J’ai trouvé l’offre de mission de France Volontaires qui a tout de suite retenue mon attention !


En tant que VSI, comment contribuez-vous à faire rayonner la culture française et mauricienne ?

Je travaille avec l’association Porteurs d’images sur des festivals de films et avec l’IFM comme médiateur culturel. J’organise des projections en programmant du cinéma d’auteur, ainsi que des ateliers artistiques. Je travaille en étroite collaboration avec des acteurs culturels et institutionnels, des écoles françaises et mauriciennes, des ONG et d’autres publics cibles. Le travail de médiation culturelle et d’éducation artistique est essentiel pour développer de nouveaux publics, faire le lien entre celui-ci et les évènements/œuvres d’arts pour montrer qu’ils ne sont évidemment pas réservés aux élites. Je garde en mémoire une projection : celle de la pièce de théâtre Roméo et Juliette (dispositif « théâtre au cinéma » proposé dans le cadre d’un partenariat entre l’Institut français et Pathé Live), où nous avons accueilli près de deux cent écoliers mauriciens. Fort de son succès, cette projection m’a donné énormément de confiance et d’espoir pour entreprendre d’autres activités de médiation.

Quel est le projet culturel auquel vous êtes fier d’avoir contribué ?

L’exposition Conversations, du surréalisme à la création contemporaine, organisée par l’IFM en coproduction avec le Fonds régional d’art contemporain de La Réunion et en partenariat avec le ministère des Arts et de la Culture de Maurice, en octobre et novembre 2019. Ce projet s’inscrivait dans une politique de partage, de dialogue entre les cultures et de coopération régionale que poursuivent les deux îles sœurs de l’océan Indien. J’ai piloté de nombreuses visites guidées et ateliers sur les deux mois d’exposition en accueillant près de mille élèves mauriciens. Je me suis aussi beaucoup intéressé aux œuvres et artistes de cette exposition qui m’ont définitivement ouvert l’esprit sur l’art contemporain.

Journée internationale du Centre Nelson Mandela en partenariat avec l’IFM

Quel est votre meilleur souvenir à l’Institut ?

L’Institut français a pu recevoir le groupe de funk togolais Vaudou Game avant la période de confinement. Ce concert a rassemblé près de quatre cent personnes et la foule était endiablée ! Ce groupe était très peu connu à Maurice, une grande partie du public l’a découvert ce soir-là.

Que vous a apporté cette expérience de volontariat à Maurice ?

Enormément ! C’est certainement la plus grande expérience humaine et professionnelle que j’ai vécue jusqu’à présent. Je suis sorti d’une zone de confort pour en trouver une autre. L’expérience à l’étranger est essentielle pour se construire, se chercher et se trouver. Y compris dans un pays comme l’Île Maurice où l’écart culturel pourrait sembler faible par rapport à d’autres pays d’Afrique et dans le monde. Je trouve que Maurice a très peu en commun avec La Réunion, les deux identités culturelles me semblent assez différentes. Un an et demi plus tard, je découvre encore beaucoup de choses et je ne m’ennuie jamais.

Cavadee, 8 février 2020 (Rose-Hill)

Que souhaitez-vous faire passer comme message, émotion aux jeunes qui souhaiteraient s’engager ?

De ne partir avec aucune appréhension ni aucun jugement sur le pays d’accueil, même si on le connaît déjà. Le volontariat modifie profondément notre regard sur la culture et l’humain, c’est une période de sa vie où on s’ouvre l’esprit comme jamais. Il faut en profiter au maximum, être proactif dans des projets personnels nous tenant à cœur et observer les choses sous de nouveaux angles. Nous avons beaucoup à apporter aux autres, mais les autres ont encore plus à nous apporter !

Quels seraient vos projets dans un avenir proche ?

J’aimerais connaître d’autres expériences à l’étranger et notamment en pays anglophone. Je souhaiterais aussi continuer dans le domaine de la médiation culturelle plutôt que celui du cinéma. Ce sont des missions dans lesquelles je me sens beaucoup plus à l’aise et qui varient très souvent !


Voir : LES OFFRES DE MISSION FRANCE VOLONTAIRE DANS L’OCEAN INDIEN

Basé sur l’île, France Volontaires propose toute l’année des missions indemnisées de 12 à 24 mois en Afrique Australe et dans l’Océan Indien. Plus de 50 Volontaires de Solidarité Internationale originaires de La Réunion sont en permanence en mission dans des pays de la zone, en appui à des structures locales œuvrant pour la coopération régionale. Sur quels postes, dans quels pays et comment postuler ? Cliquez ici pour en savoir plus : De la Réunion, France Volontaires recrute toute l’année pour l’océan Indien

D’autres infos et portraits de Volontaires réunionnais dans l’océan Indien / La page Facebook

Exposition Conversations, du surréalisme à la création contemporaine à l’IFM
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